L’EZINE DU CAFARD COSMIQUE SE LANCE DANS LA PROSPECTIVE : QUELS SONT LES AUTEURS DE SF&F ENCORE PEU OU PAS CONNUS QUI VONT BIENTÔT EXPLOSER ? ILS SONT FRANCAIS OU ANGLO-SAXONS, CERTAINS ONT DÉJA PUBLIÉ PLUSIEURS ROMANS MAIS N’ONT PAS ENCORE TRAVERSÉ L’ATLANTIQUE, D’AUTRES ONT PLACÉ DES NOUVELLES QUI N’ONT ÉTÉ REPÉRÉES QUE PAR LES HAPPY FEW. QUELQUES UNS N’EN SONT QU’A LEURS PREMIERS PAS.... MAIS LEURS NOMS HANTENT LES ÉDITEURS SPECIALISÉS, ET ILS SONT LES VISIONNAIRES DE NOS HORIZONS FUTURS. ALORS RETENEZ CES NOMS !


Neal ASHER / Auteur britannique, né en 1961.

Ce fan de Ian M. BANKS s’est fait connaître en France avec son roman « L’écorcheur » [« The Skinner », Fleuve Noir / RVA, avril 2005] qui a épaté la galerie : « le roman est tout simplement excellent, grâce à l’étonnante inventivité dont fait preuve l’auteur. Festival de délires aussi absurdes qu’intelligents, le texte fourmille de créativité. » d’après PAT.

En réalité, Neal ASHER a déjà à son actif un recueil de nouvelles, « Runcible Tales », grâce auquel un éditeur lui a offert un contrat pour trois romans. Le premier, « Gridlinked » [à paraître en 2006 au Fleuve Noir / RVA], a confirmé l’originalité de son talent : de la SF tendance space-op’ à l’humour très british, qui bascule volontiers dans le gore, voire le grand-guignol. Le second roman était « The Skinner », et le troisième, « The Line of Polity », est déjà paru sur le marché anglo-saxon.

« De la SF d’aventure qui décoiffe comme ça, je n’en avais pas lu depuis un moment ! Par la suite j’ai lu tous ses romans et j’adore ! » confirme Bénédicte LOMBARDO, directrice de la collection Rendez-vous Ailleurs. « Et j’ai déjà hâte de publier ses autres romans que j’ai dévorés avec un plaisir fou, qui me rappelle celui que j’éprouvais en découvrant les auteurs de SF des années 60. »

Son tout dernier roman, « Cowl » [paru en mai 2005], développe une intrigue aux rebondissements épiques dignes de la SF de la grande époque, façon A.E. VAN VOGT ou Poul ANDERSON, en y ajoutant quelques villains tentaculaires lovecraftiens et de multiples paradoxes temporels... L’ensemble a été jugé comme « un futur classique » par Paul DI FILIPPO. Forcément, on a, comme Béatrice LOMBARDO, hâte de lire Neal ASHER.

A LIRE : La critique de « L’Ecorcheur » de Neal ASHER


Tony BALLANTYNE / Auteur britannique

Professeur de "IT"[Information Technology] dans le civil, ce nouvelliste britannique s’est illustré par sa fixette sur les thématiques de l’intelligence artificielle et de la robotique dans de nombreuses nouvelles, pour la plupart parues dans la revue Interzone. L’auteur a le talent de varier les registres, « passant de la paranoïa de « Restoring the balance » à la douceur triste de « Teaching the war robot to dance ».

Son premier roman « Recursion » [2004] semble prometteur : il s’agit d’un space-opera de hard-SF qui développe les questions chères à l’auteur [IA, théories cybernétiques, systèmes de surveillance électronique] sur trois trames de récits distinctes finalement reliées. L’accueil Outre-Manche a été si bon, que deux suites, « Capacity » et «  Divergence », sont venues le compléter.

A VOIR : LE SITE PERSO DE Tony BALLANTYNE


Stéphane BEAUVERGER / Auteur français, né en 1969

Tout a commencé avec la propagation du plus terrible des virus militaires : « Chromozone ». Et le jeune éditeur « La Volte » a réussi là un tour de force, faisant la preuve de son audace en pariant sur un auteur français totalement inconnu. Journaliste de formation, scénariste pour des jeux vidéos et des bandes-dessinées, BEAUVERGER s’est lancé dans le grand bain avec un roman violent et torturé, pas toujours maîtrisé peut-être, mais diablement... vivifiant ! On y ressent l’influence de ceux dont il se réclame : «  Norman SPINRAD, pour son rock’n roll acide, et John BRUNNER, pour son sens aigu de la critique sociale ». Aurions-nous trouvé l’AYERDHAL du nouveau millénaire ?

Deux volets situés dans le même univers suivent « Chromozone » : « Noctivores », paru en octobre 2005, et « La cité nymphale », à venir.

A LIRE :


Ugo BELLAGAMBA / Auteur français

Passionné d’histoire, BELLAGAMBA s’exprime dans des uchronies érudites, comme dans « La Cité du soleil et autres récit héliotropes », son recueil paru récemment au Bélial’.

Après « L’Ecole des assassins » [suivi de « Le Corps du roi »] co-écrit avec Thomas DAY, BELLAGAMBA semble avoir apprécié le récit à quatre mains, projetant de collaborer avec André-François RUAUD ou Xavier MAUMEJEAN. On attend toujours le grand roman qui fera de lui davantage qu’un jeune auteur français de talent.

« Un des rares jeunes auteurs francophones à faire preuve d’une démarche professionnelle vis-à-vis de son œuvre en devenir, et une plume de plus en plus assurée. A suivre de près. » affirme à son propos l’éditeur Sébastien GUILLOT.

A VOIR : LE SITE PERSO DE UGO BELLAGAMBA


Mark BUDZ / Auteur américain, né en 1960

Une demi-douzaine de nouvelles, SF mais aussi polar, puis un premier roman, « Clade » [2003] un polar-biopunk qui osait enfin affronter le thème des nanotechnologies avec un discours neuf, notamment par l’exploration de leurs potentielles conséquences sociales [ségrégation culturelle, inégalités pérénisées...]

Finaliste pour le Philip K. Dick Award, « Clade » a déjà deux suites, « Crache » [2004] et « Idolon » [annoncé pour l’été 2006.]

A VOIR : LE SITE PERSO DE MARK BUDZ


David CALVO / Auteur français né en 1974

C’est sans doute « Acide organique », un recueil incisif à l’humour tordu publié chez Les Moutons électriques qui a définitivement fait de David CALVO l’une des voix qui compte dans la SF francophone. Quasi simultanément, en terme de parution, son roman de fin du monde absurde et pessimiste, « Wonderful » avait laissé comme un sentiment de revenez-y qui s’est donc confirmé.

Autre particularité de David CALVO : sa fascination pour Disney et Tex AVERY, qui l’a conduit à devenir scénariste de bande-dessinée, et qui lui donne l’audace d’oser des distorsions de personnages, d’objets et même de récit assez originales.

« Bien qu’ayant déjà plusieurs romans à son actif, estime André-François RUAUD, cet auteur français s’est réinventé lui-même avec le recueil "Acide organique" et promet de devenir une valeur importante de la fiction spéculative, avec une approche du futur immédiat et une voix très personnelles.  »

David CALVO a publié en juin 2006 un étonnant roman déconstruit, "Minuscules flocons de neige depuis dix minutes" [Moutons Electriques] qui vaut son pesant de marrons glacés.

A LIRE :


Ted CHIANG / Auteur américain, né en 1967

Informaticien, le petit prodige de la nouvelle génération, développe une SF a haute teneur en chiffres [il est passionné de mathématiques] et il est déjà enseveli aux Etats-Unis sous une montagne de prix : John Campbell New Writer Award et Nebula pour « Tower of Babylon » en 1992, un deuxième Nebula et le Theodore Sturgeon Memorial Award en 1998 pour « Stories of Your Life », le Locus Award pour « Hell Is The Absence Of God » en 2001... Avec un style concis qui ne laisse rien au hasard et s’exprime - pour le moment - uniquement dans des textes courts, Ted CHIANG passe pour un futur grand...

Etonnement ignoré par les éditeurs français qui rattraperont leur retard l’an prochain : son recueil « Storie Of Your Life » sera publié en mars 2006 sous le titre « La Tour de Babylone » chez Denoël / Lunes d’encre dont le directeur de collection, Gilles DUMAY, est catégorique : « C’est génial ! » Reste que Mr. CHIANG est étrangement peu productif depuis quelques temps... à moins qu’il ne prépare - enfin - son premier roman ?

A LIRE :


Alain DAMASIO / Auteur français, né en 1969

Roman atypique, « La Horde du Contrevent », était si peu commercialisable, a priori, qu’une nouvelle maison d’édition, La Volte, avait du voir le jour pour le mettre sur le marché. Quelques mois plus tard, les ventes se sont envolées, portées par le souffle d’une quête épique et poétique, composée sur sept années dans le style volontairement sophistiqué d’Alain DAMASIO.

DAMASIO, auteur français rare, est un intellectuel dont les influences sont éloignées des pulps : il trouve davantage son inspiration chez DELEUZE, NIETZSCHE ou BERGSON que chez SILVERBERG ou Philip K. DICK. Dans »La Horde », il élabore un univers où les concepts prennent corps et où les mots s’incarnent, donnant vie à une fantasy à la fois abstraite et intense. A plus d’un titre « La Horde du Contrevent » est un roman d’une ambition rare : 23 personnages prenant parole tour à tour, une syntaxe codée qui se plie à une culture où le Vent est l’élément dominant, un exercice de style permanent autour de la langue... jusqu’à la bande-son d’Arno ALYVAN qui, sur CD, accompagne le roman. Tout fait de « La Horde... » un roman qui fera date.

DAMASIO n’est pas un grand fan de SF [il en lit relativement peu], mais l’Imaginaire, au sens le plus exigeant et le plus libre, est son terrain d’aventures... Le tout récent Grand Prix de l’Imaginaire 2006 est venu le confirmer : DAMASIO est de ces auteurs sur lesquels reposent les espoirs de l’imaginaire français.

A LIRE : La critique de « La horde du contrevent »


Cory DOCTOROW / Auteur canadien, né en 1971

Ecrivain, journaliste et geek total, Cory DOCTOROW vend des histoires depuis ses dix-sept ans. La reconnaissance est venu avec une nouvelle, « Craphound », mais aujourd’hui DOCTOROW a publié quatre romans, dont le premier, « Down and Out in the Magic Kingdom » décrit une société utopique, qui fournit à tous le toit, le couvert, une connection neuronale au web et une vie illimitée. L’économie n’est plus basée sur l’argent mais sur les Whuffies, une sorte de mesure de la réputation de chacun. A noter que DOCTOROW est également un activiste anti-copyright qui milite pour le téléchargement gratuit des romans, à commencer par les siens qui sont téléchargeables, en anglais, intégralement et gratuitement, sur son site web [sans que cela, bien au contraire, ne déservent les ventes en librairies.]

La SF post-cyberpunk de DOCTOROW, très portée sur les dernières avancées des sciences de la communication, fait de lui l’un des successeurs désignés de Greg EGAN. DOCTOROW vit aujourd’hui à Londres, et s’il est encore inconnu en France, il y a fort à parier que cela ne restera pas longtemps le cas.

A VOIR : LE SITE PERSO DE Cory DOCTOROW


Catherine DUFOUR / Autrice française, né en 1966

Admettons-le : nous ne sommes pas des fans de la première heure de cette autrice française, apparue en librairie avec une série de fantasy parodique sous-pratchett-esque [« Quand les Dieux buvaient », trois tomes parus chez Nestiveqnen]. C’est pas que nous soyons snobs, au Cafard cosmique [si, un peu, quand même...] Mais que voulez-vous, on a pas eu envie de lire « Blanche-Neige et les lance-missiles » [c’est le titre du tome 2].

Les interviews de Catherine DUFOUR [« Je me suis aperçu que ricaner bêtement était un facteur de survie » in Bifrost n°30] nous faisaient même un peu fuir, faut bien l’avouer. Pourtant, déjà, la rumeur courrait : il y a davantage dans cette petite bonne femme aux allures de fée clochette [on écrit vraiment n’importe quoi...] que de gros jeu de mots et des intrigues à tiroirs... Quelques nouvelles féériques le laissaient pressentir...

Puis est venu « Le goût de l’immortalité ». Fini de rigoler, Catherine DUFOUR s’invite dans la cour des grands, et livre un roman sombre, très sombre... « Catherine, c’est l’art, la manière, une vision résolument désenchantée du monde transfigurée par le beau, l’humanisme retrouvé sous les décombres estime son éditrice, Audrey PETIT [Mnémos]. J’ai pensé, à la première lecture du manuscrit, que Le Goût était du bois dont on faisait les grands romans. J’apprécie particulièrement les emprunts à Yourcenar et à Laclos, la formule-paradoxe teintée de raison, des personnages forts et le côté confession/récit qui est une façon passionnante d’aborder le futur. »

Alors on prend les paris, et on se dit qu’on tient peut-être là un auteur dont le potentiel peut nous étonner...

A LIRE : La critique du « Goût de l’immortalité »

A VOIR : LE SITE PERSO DE Catherine DUFOUR


Hal DUNCAN / Auteur britannique

Ca, c’est du très frais : un premier roman paru au Royaume-Uni cet été, et à paraître aux Etats-Unis seulement l’an prochain... oui mais quel roman ! « Vellum est un premier roman hallucinant, qui devrait connaître d’une manière ou d’une autre une publication française.  » affirme Sébastien GUILLOT. Et on le confirme, les éditeurs français sont plusieurs sur le coup.

Il faut dire que Hal DUNCAN, jeune auteur écossais, a fait fort : le « Vellum » est un multivers à la MOORCOCK, dans lequel une guerre entre entités quasi-divines fait rage. Des personnages aux destins parallèles dans différentes réalités sont le jouet d’affrontements titanesque, à travers lesquels les époques et les mythes sont reconsidérés. On pense fortement à un Neil GAIMAN [pour la série « Sandman » ou « American Gods »] qui se serait pris de passion pour les nanotechnologies. Le roman est ambitieux, complexe, et construit [ou plutôt déconstruit] par les récits enchevêtrés de plusieurs personnages, DUNCAN se disant très influencé par des auteurs comme William BURROUGHS, James JOYCE ou Edward WHITTEMORE. Ca commence à vous faire envie ?

« Vellum » est la première partie de « The Book Of All Hours », un dyptique dont la deuxième partie, « Ink » est attendue avec impatience outre-Manche.

A VOIR : Le BLOG de Hal DUNCAN


Mélanie FAZI / Autrice française, né en 1976

« Discrètement mais avec conviction, elle a posé avec son premier roman et un recueil les fondements d’une œuvre sensible et très personnelle. » dit d’elle Sébastien GUILLOT. Discrètement, effectivement car, à l’exception de quelques textes courts dans la revue « Ténèbres » [disparue depuis], c’est comme traductrice que Mélanie FAZI s’est d’abord fait un nom dans la littérature de l’imaginaire, trouvant les mots français des romans d’Elizabeth MOON, Poppy Z. BRITE ou Loïs McMASTER BUJOLD.

Son premier roman « Trois pépins du fruit des morts » [2003] est l’histoire, toute en finesse, d’une adolescente troublée qui fait la rencontre de Perséphone et se prend à envisager l’immortalité... à moins qu’elle ne se raconte des histoires ? Un récit fantastique empreint de mythologie et d’introspection dont la poésie fut saluée de tous à sa parution. En 2004, un recueil de nouvelles, « Serpentine » et un autre roman [en réalité, le premier qu’elle ait écrit] « Arlis des forains », ont manifestés que Mélanie FAZI possède son style [lent, éliptique, élégant] et son royaume d’inspiration [les troubles de l’adolescence, les mythes grecs, la rupture avec le réel]. Plusieurs prix ont déjà salué ce talent encore mal connu du public qui mérite qu’on s’arrête de plus prêt.


James LOVEGROVE / Auteur britannique, né en 1965

Après quelques nouvelles SF et fantastiques, notamment pour les enfants, LOVEGROVE traverse la Manche en bateau et l’inspiration lui vient pour son premier roman : il imagine un ferry de la taille d’une cité, lancé dans une croisière sans fin et devenu un cauchemar flottant pour ses habitants. « Hope » est un conte gothico-horrifique sur une trame écologique qui remporte un franc succès. Depuis, LOVEGROVE développe une inspiration protéiforme, chaque livre traçant sa propre voie. Une demi-douzaine de romans sont déjà parus, dont le très applaudi « Worldstorm », quête de fantasy sur une planète Terre peuplée de mutants et assaillie par la pire tempête de l’histoire.

Hélas, seul un roman de LOVEGROVE a été traduit en français, « Days » [Bragelonne, 2002] parabole anti-consumériste plantée au coeur du plus grand magasin du monde. Les ventes flash créent des émeutes, les membres de la sécurité ont le permis de tuer, on solde dans le sang... Délectable ! L’accueil fut plutôt bon, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

A LIRE : La critique de « Days »

A VOIR : LE SITE PERSO DE James LOVEGROVE


Ian R. MacLEOD / Auteur britannique, né en 1956

Une des nouvelles voix les plus passionnantes d’Outre-Manche, Ian M. MacLEOD est un admirateur des grands auteurs classiques des lettres anglo-saxonnes, comme T.S. ELLIOT et D.H. LAWRENCE ou F.Scott FITZGERALD. Il cherche, en conséquence, a forger avec style et finesse une SF d’une densité psychologique assez rare.

« Les îles du soleil » [Folio SF inédit, 2005] est son premier roman traduit, une uchronie fascinante d’intelligence, de finesse et de sensibilité qui nous a permis de découvrir et de faire instantanément de l’auteur une de nos découvertes de l’année. Son « Light Ages », à paraître chez Denoël, dans la collection Lunes d’Encres, en mai 2006, est décrit par certains connaisseurs comme l’oeuvre steampunk la plus aboutie jamais écrite ! Comment ne pas trépigner d’impatience ?

A VOIR : La fiche bio / biblio de Ian R. MacLEOD


Ken McLEOD / Auteur britannique, né en 1954

Membre de la branche anglaise de l’Internationale communiste depuis les années 1970, Ken MacLEOD est un trotskiste convaincu qui ne se prive pas d’exprimer ses valeurs dans ses romans. Son premier texte long, « The Star Fraction » [1995] n’est que le premier d’une tétralogie ambitieuse, « The Fall Revolution », sorte d’Histoire du Futur cyberpunk dont l’intrigue de base est un complexe conflit planétaire entre des branches post-humaines qui ont évoluées différemment.

Etrangement, seul « La division Cassini », le troisième volume du cycle, a été traduit en français. L’accueil du public n’a apparemment pas convaincu les éditeurs français de poursuivre l’aventure... et c’est extrêmement dommage. Nous parions que l’avenir donnera raison à Ken MacLEOD.

A LIRE : La critique de « La division Cassini »

A VOIR : LE SITE PERSO DE Ken MacLEOD


David MARUSEK / Auteur américain

Il a pris son temps, MARUSEK : une nouvelle par an depuis 10 ans ! Notamment « Getting To Know You » et « The Wedding Album » [1999], qui lui a valu le Theodore Sturgeon Memorial Award.

Mais MARUSEK est aujourd’hui encensé comme l’auteur à suivre aux Etats-Unis car vient de paraître son tout premier roman,« Counting Heads » [nov. 2005] extrapolation de sa novella la plus célébrée, « We Were Out of Our Mind with Joy ». Il y imagine la vie sur Terre en 2134, dans un monde que la nanotechnologie a complètement transformé [immortalité, société de castes riches/pauvres]. MARUSEK réussit à aller plus loin que le culte « Âge de Diamant » de Neal STEPHENSON, sans perdre le fil d’une intrigue politico-policière ébourrifante, dans le droit fil d’un Richard MORGAN. « Une entrée en matière parmi les plus épatantes de l’histoire de la SF » selon Gardner DOZOIS.

En attendant le succès qu’on lui promet, David MARUSEK continue de travailler [il fait de la mise en page sur ordinateur et du graphisme pour l’édition] dans la petite cabane en Alaska où il s’est installé en 1992.

En France, les éditions du Bélial’ ont publié deux de ses textes courts, le fameux « We Were Out Of Our Mind with Joy » sous le titre « L’Enfance attribuée » [Bélial’/Orion, 1999] et « Getting To Know You » dans Etoiles vives n°8 [mai 2000].

A VOIR : LE SITE PERSO DE David MARUSEK


China MIEVILLE / Auteur britannique, né en 1972

Le pionnier de la « Weird Fantasy » est un passionné dont l’univers tient du réalisme de feuilleton et du grotesque des peintures de Jerome BOSCH. Presque hors catégorie ici [MIEVILLE n’est plus un jeunôt au Royaume-Uni après 4 romans et des prix à la douzaine], il est encore à découvrir en France. Après « Perdido Street Station », qui plantait déjà les bases de son imaginaire [une mégalopole décrépite peuplée d’êtres hybrides, et assiégées par des monstres volants, vampires buveurs de rêves], admettons qu’il nous a re-épaté avec « Les Scarifiés », un épais roman de pirates qu’on croirait écrit par un fils de DICKENS génétiquement modifié et où la profondeur psychologique n’était pas en reste.

A paraître l’an prochain au Fleuve Noir / RVA le tout premier roman de MIEVILLE, « King Rat ». Et l’on attend en frétillant [ben ouais, on frétille] la traduction du prometteur « Iron Council ».

A LIRE : La fiche bio / biblio de China MIEVILLE


Charles STROSS / Auteur américain, né en 1964

Premier roman publié en français l’an passé, « Le Bureau des atrocités » [Robert Laffont / A&D] : un mix insensé entre l’horreur façon LOVECRAFT et une bonne dose d’humour absurde sur une trame de roman d’espionnage. Un cocktail qui fonctionnait, étrangement, à merveille, malgré le style un rien cafouilleux de STROSS. Son deuxième roman traduit, « Crépuscule d’acier » [« Singularity Sky » - Mnémos, janvier 2006] confirme qu’il y a bien là un auteur plein de promesses, comme l’exprime Audrey PETIT, son éditrice française, pleine d’enthousiasme : «  il y a dans ces romans une palette impressionnante d’ingrédients qui font sens : de la technologie [l’utilisation romanesque intelligente des nanotechnologies, une civilisation informatique qui s’est transférée intégralement dans des programmes et se nourrit d’informations], des batailles spatiales, du nonsense anglais, des situations échevelées... Et quand un personnage fait trois voeux stupides - voir le conte du vieux pêcheur - le lecteur n’est pas très étonné qu’il soit ensuite accompagné d’un lapin qui parle. Pour résumer, STROSS combine intelligence, humour et aventures.  »

On ajoutera qu’il y a, dans la lecture de STROSS, une jubilation adolescente face à de purs délires, comme cette scène d’ouverture qui voit Planète Rochard arrosée d’une pluie... de téléphones qui demandent immanquablement « Distrayez-nous ! ». Et l’on est pas mécontent que le deuxième volet, « Aube d’acier », soit déjà annoncé, toujours chez Mnémos, pour juin 2006...

Sandrine F. a pour sa part apprécié le recueil « Accelerando » [pas encore traduit] : « même si techniquement les nouvelles incluses ont des dates de parution plus anciennes, le meilleur livre de 2005 en ce qui me concerne. » Alors on ne prend vraiment pas un gros risque en vous disant que STROSS est un des auteurs d’imaginaire les plus prometteurs.

A LIRE : La fiche bio / biblio de Charles STROSS


Jeff VANDERMEER / Auteur américain, né en 1968

Un fou génial, de ces auteurs qui ne suivent que leur propre voie, brouillant les étiquettes et réinventant l’imaginaire. Son « City Of Saints and Madmen » est un recueil unique en son genre, extrait de la cité baroque et millénaire d’Ambergris : des contes, des légendes, des nouvelles auto-référencées où se balade un fou porteur du « City of Saints and Madmen » de Jeff VANDERMEER, un champignon spongieux qui envahit la cité, un historique de la ville, le registre de l’hôpital psychiatrique, un glossaires fantaisiste et des bibliographies imaginaires, tout cela s’additionnant dans un catalogue borguésien décadent. Une version richement illustrée est parue, un livre d’art magnifique. Michael MOORCOCK et China MIEVILLE y ont vu le meilleur ouvrage de fantasy paru depuis longtemps.

Le roman est paraîtra en septembre 2006, chez Calmann-Lévy, dans la nouvelle - et rudement prometteuse - collection Interstices, qui a pour vocation de s’intéresser aux marges de la littérature blanche et de l’imaginaire.

A LIRE : [La critique de « Veniss Underground » [V.O.]->508]

A VOIR :


Terri WINDLING / Autrice américaine

Terri WINDLING est encore quasi-inconnue en France et pour cause : son premier roman en solo, « The Wood Wife » ne date "que" de 1996. Mais avant d’écrire, Terri WINDLING s’était déjà fait un nom dans le fandom de la fantasy anglo-saxon. Car, après ses études littéraires, c’est dans l’édition qu’elle a commencé à travailler dans les années 80. Elle est notamment connue comme éditrice du recueil annuel « The Year’s Best Fantasy and Horror  » avec Ellen DATLOW, pendant plus de quinze ans. Elle a aussi à son actif une audacieuse réécriture de « Blanche-Neige » saluée de la critique.

Essayiste chevronnée, grande spécialiste de la mythologie, du floklore et des contes de fées, elle a fait un boulot d’éditrice crucial pour le genre en développant des collections et en découvrant de nouveaux auteurs dont le point commun est la recherche d’une fantasy indépendante du carcan tolkienien, souvent développée dans un cadre urbain bien éloigné des mondes féodaux classiques, et particulièrement stylée sur la forme. Citons parmi ses « poulains » des auteurs talentueux comme Charles de LINT, Midori SNYDER, Emma BULL, Pamela DEAN, Will SHETTERLY, Ellen KUSHNER, Steven BRUST et Patricia WREDE.

Terri WINDLING, qui est aussi peintre, a donc plus récemment ajouté une flèche à son carquois en devenant également une autrice reconnue : son roman « The Wood Wife » a reçu le Prix Mythopeic, et « c’est l’un des chefs-d’oeuvre de la fantasy contemporaine » selon André-François RUAUD, qui, joignant le geste à la parole, en sera l’éditeur en 2007, aux Moutons électriques...


CE DOSSIER AURAIT ETE BEAUCOUP MOINS INTERESSANT, VOIRE QUASIMENT ENNUYEUX, SANS LA PARTICIPATION ACTIVE D’ANDRE-FRANCOIS RUAUD DIT LE BERGER ELECTRIQUE, SEBASTIEN GUILLOT, GILLES D[UM]AY, AUDREY PETIT, SANDRINE, DAYLON, OLIVIER, PAT, PAUL [MUAD’DIB, PARLE-MOI DE TON MONDE NATAL] ET UBIK. QU’ILS SOIENT TOUS LOUES POUR LEUR CONSEILS, ENCOURAGEMENTS ET REMARQUES AVISES. [DECEMBRE 2005 - MAJ JUIN 2006]


Mr.C