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Publié le 04/01/2009

60 Jours et après de Kim Stanley Robinson

[Sixty Days and Counting, 2007]

ED. PRESSES DE LA CITÉ, NOV. 2008

Par Nébal

*écarquille péniblement les yeux*

Bon, au boulot.

*baille*


On ne présente plus Kim Stanley Robinson, auteur entre autres de l’indispensable « trilogie martienne » et des tout aussi indispensables Chroniques des années noires. D’excellents romans qui témoignaient assez de son goût pour les pavés et les dissertations scientifiques. Depuis quelques années, l’auteur s’intéresse de plus en plus à la question du réchauffement climatique, aux antipodes de feu Michael Crichton, thématique à laquelle il a consacré sa dernière trilogie, dont le dernier volet vient d’être publié aux Presses de la Cité [sous une couverture encore plus hideuse que les précédentes]. Une trilogie engagée, écologiste, mais aussi optimiste.

Il y eut tout d’abord Les Quarante Signes de la pluie, sorte de long prologue relativement intéressant, critiquable, mais néanmoins assez intriguant et prometteur pour que l’on passe à la suite.

Puis il y eut 50° au-dessous de zéro, un deuxième tome tirant abominablement à la ligne, et qui, en dépit de quelques questionnements pertinents de temps à autre, sombrait le plus souvent dans une inspide et interminable gnangnantise bobo.

Aujourd’hui, Kim Stanley Robinson achève enfin sa trilogie avec 60 Jours et après, et achève ses lecteurs par la même occasion.

*baille*

Alors bon. Phil Chase, en dépit des manœuvres perfides des méchants Républicains, a été élu président des Etats-Unis d’Amérique. Le « sénateur du monde », aussi invariablement souriant et populiste que le tout récemment élu nouvel hôte de la Maison-Blanche, qu’il préfigure assez, entend bien péter sa vilaine gueule au réchauffement global [le roman est incroyablement américano-centré]. Les premières mesures, concernant le Gulf Stream, ont été couronnées de succès, mais le problème reste entier : les brusques changements de température et les sautes de courant à Washington en témoignent assez. Aussi Chase, parallèlement à son blog perso, lance-t-il un « new deal » inspiré des cinq expériences de F.D. Roosevelt : soixante jours pour changer le monde, hop.

Frank Vanderwal, s’il ne vit plus dans les arbres par - 50 °C, continue plus que jamais de se régaler à la lecture d’Emerson et de Thoreau [dont il nous inflige des pages et des pages] ; parallèlement à son nouveau travail qui l’éloigne toujours de San Diego et du surf [mais malheureusement pas de la course, de l’escalade, du frisbee et du kayak], il est également plongé dans une amourette trouble avec la mystérieuse Caroline, ce qui nous vaut un thriller mou. S’il ne voit quasiment plus les potes - les clochards de l’épisode 2 -, il est plus que jamais lié aux bouddhistes du Khembalung [qui nous réservent une jolie révélation en mousse], de même que Charlie Quibler, qui s’inquiète sur des pages et des pages du comportement changeant de son fiston Joe depuis que lesdits bouddhistes l’ont exorcisé : en effet, le bambin est devenu aussi mou et atone que la plume de l’auteur.

*baille*

Maintenant, dilatez ces quelques éléments sur près de 600 pages, en prenant bien garde à ce qu’il ne s’y faufile pas le moindre semblant d’action, d’émotion ou d’atmosphère. Et vous obtenez 60 Jours et après, pavé indigeste débordant de vide, dans lequel rien n’est en mesure d’attiser l’intérêt du lecteur, ou presque ; passées les premières pages, le réchauffement climatique et la menace qu’il représente perdent toute consistance, au point de ne même plus constituer un inquiétant bruit de fond ; les considérations scientifiques, du coup, passent largement à la trappe, et, quand elles subsistent, en restent généralement au stade de l’exposé aride qui ne sera d’aucune conséquence sur la suite du roman. Une fois de plus, l’agaçant Frank prend le devant de la scène, et sert de faire-valoir à l’auteur pour nous noyer dans un infect gloubiboulga vaguement « new age » abominablement sucré, et d’un moralisme béat et optimiste qui confère au « roman » de fâcheuses allures de quasi-essai politique et philosophique d’une niaiserie à toute épreuve. Et ça ne plaide pas en faveur de ce troisième tome. En fait, on en vient presque à se dire qu’il serait temps que le réchauffement climatique s’occupe de la Californie, ou au moins de Kim Stanley Robinson, parce que ça commence à bien faire, là, quand même.

*baille*

Un ennui profond : voilà tout ce que l’on peut retirer de ce roman interminable et mou, qui sans cesse, interpelle le lecteur pour qu’il saute quelques lignes, quelques paragraphes, quelques pages... Mais rien n’y fait : on n’en voit toujours pas la fin.

À l’instar du réchauffement climatique dont elle traite, la trilogie de Kim Stanley Robinson est massive, ennuyeuse, et va de pire en pire. Heureusement, il est beaucoup plus simple d’en arrêter le calvaire [quand on ne doit pas causer du bouquin sur le Cafard cosmique]. Mais c’est tout de même triste de voir un auteur aussi brillant tomber aussi bas.


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*ronfle*