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A Scanner Darkly
de Richard Linklater
[2006]

[A Scanner Darkly, 2006]

Par Mr.C

  • Distribution : Keanu REEVES, Winona RYDER, Robert Downey Jr., Woody HARRELSON, Rory COCHRAN...
  • Durée : 100 minutes
  • Sortie en France : 13/09/2006
  • DVD Warner Bros.

Adaptation du roman de Philip K. DICK, « A Scanner Darkly »


RÉSUMÉ :

Bob Arctor partage une baraque minable avec deux autres toxicos, Luckman et Barris. Ils sont accros à la Substance M, une drogue violemment efficace qui vous assèche le cerveau en deux-temps trois-mouvements, après quelques mois passés dans une réalité légèrement différente de la nôtre.
Sa copine, Donna, est dealeuse, mais elle ne consomme pas.

Mais cela n’est qu’une face de la réalité. Car Bob Arctor est aussi Fred, agent de la brigade des stupéfiants, infiltré parmi les toxicos pour tenter de démanteler le trafic de Substance M.
Fred travaille sous une identité totalement secrète, y compris de ses propres supérieurs dans la police, qu’il ne rencontre que revêtu d’une combinaison spéciale, un "complet brouillé" qui lui permet de changer d’aspect en permanence et donc de ne pas être identifiable.

Les choses se compliquent quand le boss des stupéfiants exige de Fred qu’il mette sous surveillance un toxico qu’il soupçonne de faire partie des gros bonnets : Bob Arctor...
Déjà soumis aux effets "dédoublants" de la drogue, Fred/Bob va devoir également pousser très loin son double-rôle de flic/toxico ; trop loin sans doute...


L’ADAPTATION

C’est avec une grande fidélité que le roman de Philip K. DICK a été porté à l’écran. Les situations, les répliques, tous les éléments du film sont dans le livre. Il se peut même que l’adaptation soit trop fidèle, car les dialogues du film sont parfois un peu longuets et ralentissent l’action. Ceci dit, ce sont tout de même des dialogues de Philip K. DICK, donc largement aussi valables [et parfois comiques] que les fameux dialogues "cultes" que nous impose TARENTINO.

La principale trouvaille du réalisateur Richard LINKLATER est un parti pris visuel original : après avoir tourné son film de façon classique, il a fait redessiner chaque plan, l’intégralité des personnages et des décors, par-dessus la pellicule, pour lui donner l’aspect d’un film d’animation.
Ce proédé, appelé rotoscoping", fait appel à un logiciel spécial, Rotoshop, qui permet d’automatiser une petite partie du travail - mais il faut tout de même autour de 500 heures de boulot pour sortir une minute de film rotoscopé !
Le produit final conserve toute la finesse du jeu des acteurs tout en affichant un rendu "surréel", parfaitement adapté au fond de l’intrigue, qui permet de temps en temps de déborder vers le cartoon. Certaines scènes d’hallucinations, par exemple, débordent franchement... Et un certain flottement se produit parfois, entre les personnages et le décor, entre les personnages eu-même, qui soulignent l’hésitation du récit entre les plans de la réalité et du mirage.


EVERYTHING IS NOT GOING TO BE OKAY

D’abord, il faut accepter l’esthétique donnée par le rotoscope [on est pas obligé, c’est vrai que ça manque d’épaisseur et de moiteur - mais l’effet hallucinogène fonctionne]. Ensuite, il faut convenir de son utilité : la première scène, en ce sens, est efficace : un camé, persuadé qu’il grouille littéralement de cafards, se gratte, prend des douches habillé, puis continue de se gratter... à l’image tout est là, les bestioles qui cavalent sur son corps puis disparaissent. Et des effets numériques n’auraient pas mieux rendu la folie de ce pauvre toxico.

Keanu REEVES est égal à lui-même, on arrive même pas à trouver on jeu mauvais, disons qu’il est juste là. Woody HARELSON est plutôt convaincant en barjot, mais surtout Robert DOWNEY Jr. est formidable, en forcené de la parole, mi-génie mi-dingue, et il emporte à lui seul quelques scènes drôlatiques. Car on rit, dans « Substance Mort », on rit de l’absurdité des situations dans lesquels les camés parviennent à s’enfoncer, à force de paranoïa et d’hyper-logique foutraque.

Ensuite, il y a le roman de DICK. Car le film est, on l’a dit, extrêmement fidèle à sa lettre et à son esprit. Dire la détresse du toxico, dire l’hypocrisie du système - qui génère autant qu’il punit la toxicomanie - et la montrer. Comme le promet le trailer américian, "everything is not going to be okay". Le film dégage une tristesse puissante et fera plus contre la drogue que la moindre campagne du Ministère de la Santé.

Bonne idée : avant le générique de fin, reprise de la dédicace de Philp K. DICK à ses amis morts de leur accoutumance. Les noms défilent, et l’on ne rit plus.


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Le film n’est pas une totale réussite, il manque l’étincelle qui fasse décoller tout cela, et à force de fidélité, il n’apporte presque rien au roman. Mais il fait valoir la beauté du livre de Philip K. DICK.

Le DVD offre son content d’explications techniques à ceux que le procédé de rotoscopie améliorée par Richard LINKLATER peut intéresser - et quelques courts métrages réalisés avec cette technique. Il existe une version collector du DVD contenant le film ET le bouquin réédité chez Folio SF, un bon investissement pour ceux qui n’auraient pas lu cet excellent livre.



Mr.C