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Publié le 07/03/2010

Acacia (T2) : Terres étrangères de David Anthony Durham

[Acacia : the Other Lands, 2009]

ED. LE PRÉ AUX CLERCS, OCT. 2009

Par K2R2

Second volet de la trilogie Acacia, Terres étrangères a la douloureuse mission de confirmer tout le bien que l’on pense de David Anthony Durham. Au vu des qualités du premier volume du cycle d’Acacia on ne s’inquiétait guère, mais personne n’est à l’abri d’une mauvaise surprise.


La guerre du Mein se terminait par la reconquête du pouvoir pour la famille Akaran. Aliver ayant perdu la vie au cours de l’ultime bataille qui opposa ses troupes à celles du Mein, c’est à Corinn qu’échoit la difficile tâche de reprendre en main l’empire. Son atout : le livre d’Edifus, un ouvrage qui contient les clés de l’ancienne magie d’Acacia et que les sorciers du Santoh convoitaient. Depuis neuf ans, la reine Akaran redresse doucement l’empire et tente de résoudre patiemment les problèmes légués par le règne d’Hanish Mein. Dariel pour sa part ne goûte guère le pouvoir et s’investit dans des tâches de reconstruction du côté de l’Aushenie. Quant à Mena, leur soeur, elle combat les abominations nées de l’intervention des sorciers du Santoh, dont la magie demeure en partie corrompue. Seule face à l’étendue de son pouvoir, Corinn doit trouver un produit de substitution car la brume n’est désormais plus tolérée par la population, alors qu’elle doit pourtant assurer ses obligations concernant le « quota », ces milliers d’enfants que la Ligue transportera jusqu’au Lothar Aklun et qui seront réduits à l’esclavage par les Auldeks (une race puissante dont on ne sait à peu près rien). Son seul réconfort, Corinn le trouve auprès de son fils, Aaden, né de son union avec Hanish Mein. Mais alors que le mécontentement s’étend au sein de la population, la Ligue se prépare à nouveau à trahir les Akarans. Les Ligueurs ont tout simplement prévu de liquider les Lothans et de se passer d’intermédiaire pour commercer directement avec les Auldeks, pour s’assurer les bonnes grâces de ces derniers ils prévoient rien moins que d’offrir sur un plateau le prince Dariel, qui sera ainsi réduit à l’esclavage. Hélas pour eux, tout ne se passe pas comme prévu et le génocide des Lothans fait en réalité sauter la barrière qui préservait l’empire d’Acacia de la terrible menace des Auldeks, des combattants aussi impitoyables que les Numreks.


Très lent à démarrer, Terres étrangères révèle avec une certaine intelligence ce qui nous était caché jusqu’à présent. On découvre la nature du Lothan Aklun et des terribles Auldeks, ainsi que la la menace qui repose désormais sur Acacia. Le conflit qui opposait les Meins et les Akarans apparaît désormais mineur face à la puissance terrifiante des Auldeks, une race à laquelle appartiennent en réalité des Numreks (vaincus et bannis par les autres clans Auldeks puis envoyés au-delà des contrées glacées. Ce qui explique leur rencontre avec les Meins et leur alliance pour conquérir le pouvoir). Honnêtement, les 150 premières pages sont d’un ennui contenu et le récit ronronne paisiblement, alternant artificiellement les points de vue personnels des principaux personnage, sans que l’on perçoive l’intérêt de ces intrigues mineures. Certes, le profil des personnages est suffisamment travaillé pour leur donner de la consistance, mais on est tout de même très loin des grands romans psychologiques. Heureusement, l’auteur met progressivement son intrigue en place et le récit monte ensuite en puissance pour ne plus décrocher le lecteur. Plus gênant, Durham ne confirme pas tout à fait le potentiel sociologique de ses deux romans. Certes la révolte gronde parmi la populace, mais elle ne s’exprime quasiment jamais et le seul personnage à travers lequel elle pourrait prendre force est réduit à l’impuissance au milieu du récit. Le lecteur qui espérait une critique un peu plus virulente de la politique akarane en sera pour ses frais.




Dans l’ensemble Terres étrangères est très plaisant à lire, grâce à l’écriture efficace et relativement travaillée de David Anthony Durham, mais le sentiment d’avoir affaire à un roman de transition persiste jusqu’au dernier chapitre.