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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par Daylon
Le monsieur CALVO, nous vous en parlions en début d’année suite à la réédition de "Wonderful" chez J’ai Lu, est une personne à très gros potentiel. Même lorsqu’il nous proposait un "Neverwhere"-like un cran en dessous de l’original, nous ne pouvions nous empêcher d’être enchanté par les traits de génie secouant l’auteur.
Peut-être pas encore tout à fait conquis mais plus qu’agréablement surpris, nous attendions donc de pied ferme ce premier recueil. Fébrile, un peu ; enthousiaste, beaucoup ; la peur de la déception. Confirmation d’un talent ou pétard mouillé ? Longue réponse en texte et en images à la fin de cette violente césure.
Le premier contact avec cet univers est frontal. La couverture [on n’en parle pas assez, de celles-là] nous montre des tripes, des boyaux, des viscères, mais version Disney. Votre corps en plastique. Annoté, bien sûr. Un croisement improbable avec l’inusable doc’ Maboul [mais si, je sais que vous savez de quoi je parle] [avouez aussi que vous en avez eu un] [si, si] et les maquettes au dixième à monter soi-même [un élément chaque semaine] [« Chérie, où as-tu mis ma vertèbre ? »], voilà une excellente définition des univers de l’auteur.
Les choses qui prennent corps et les chairs sans substance.
Ce coté suranné de nos années pétrochimiques s’accompagne d’une démarche graphique qui semble confirmer les aspirations des Moutons Électriques sur le niveau d’exigence du produit physique. Confère le "Panorama du Merveilleux". Tout au long de la lecture, le texte se couvre de photographies, illustrations. Des vignettes sur d’autres mondes, toujours en léger décalage.
Et quid des nouvelles ?
Les premières phrases ["Aeroplane Tonite"] du recueil fonctionnent : CALVO est là et on le reconnaît, pas de doute à ce sujet. Néanmoins, j’ai parlé plus tôt de peur, et celle-ci s’ancre un peu plus, car on reconnaît aussi les défauts de "Wonderful". Les métaphores parfois pas très heureuses et le rythme claudiquant. La nouvelle est malgré tout intéressante, et on continue avec plaisir.
Vient ensuite une histoire de geek psychotique ["Ambient Otaku"], classe mais que certains trouveront un peu brouillonne. On pense un instant à AGRATI ; "Scormack Telesport 10" nous emmène dans une confrontation de gamins, aux références amusantes, Nintendo vs. Seigneur des Anneaux. Intéressant.
On avance et CALVO déploie de plus en plus ses ficelles autour du lecteur, le niveau augmente. On oublie peu à peu les scories passées.
"Acide Organique" est la première véritable GRANDE nouvelle. Belle, inspirée et au style dynamique. Ou comment disserter dix pages sur Kate BUSH. Nos espoirs se confirment : ce texte est très recommandable.
On enchaîne, arrive sur "Trente Questions à la Jabule". Excellente et drôle. À propos, tu pues, Jabule.
"Viva D.I." casse un peu le rythme, se fait plus classique. Peut-être un peu trop. On s’y intéressera pour le projet audiovisuel éponyme [dont des captures accompagnent bien sûr le récit], mais le classique ne sied pas à CALVO et ça se voit.
"Still", "Archéodrome" et "Punk à Mi-temps" [excellent raccourci pour « lire Asimov amène à la drogue »] confirment la plume agréable. Rien à dire, du très bon boulot.
Mais entre ces trois là se cache un texte. Court. Mais ce texte.
Triste à pleurer, "Kei" est une de ces nouvelles dont on se souvient des années après. Je pourrais mettre ici tout un tas de superlatifs tant cette histoire dérisoire désarçonne le lecteur.
Une parabole, un détour surréaliste, des gens, des rats et le Journal de Mickey pour évoquer la perte.
Lisez-le.
Par contre.
Par contre.
Monsieur CALVO.
INSTALLEZ UN CORRECTEUR ORTHOGRAPHIQUE, BON SANG !
Voilà.
Maintenant, vous pouvez le lire.
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On avance et voici déjà la conclusion, "CPCBN". Croisez American Psycho avec Darkcity avec Alerte à Malibu avec la copacabana. Décapant. Une conclusion presque en écho à "Atomic Bomb". |
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