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Publié le 01/03/2006

"Adieux et retrouvailles" - Cycle de "L’assassin royal" T.13 de Robin HOBB

["Fool’s fate - The tawny man III"]

ED. PYGMALION, FEV. 2006

Par K2R2

Voilà, c’est fini ! Les fans de Fitz Chevalerie, qui ont accompagné le destin de ce héros hors du commun depuis plus de huit ans [1998, date de la parution du premier tome], sont au désespoir... car voici venu l’Ultime et Dernier tome de L’assassin royal, cette fresque magnifique de la fantasy moderne signée Robin HOBB. Je n’ai pas pour habitude de me montrer sentimental, mais j’ai tout de même ressenti comme un léger pincement au coeur une fois la dernière page tournée. Au cours de la lecture de ce treizième volet, je comptais les pages qui restaient avant la séparation définitive. Une drogue, je vous dis, mais la plus douce qui soit.


Pour ceux qui prendraient le train en marche, voici un petit résumé de l’épisode précédent : Bien décidé à relever le défi que la jeune Narcheska lui a lancé avant d’accepter de l’épouser, le prince Devoir est partie en expédition sur l’ile d’Aslevjal, accompagné d’une garde rapprochée et de ses plus fidèles compagnons, dont Fitz bien entendu. Selon les termes du défi, le prince devra ramener la tête du dragon Glasfeu, endormi sous la glace depuis plusieurs centaines d’années. Mais alors qu’ils découvrent au sommet du glacier de l’ile le lieu où repose le dragon plusieurs factions s’opposent au sein de l’expédition. Les fidèles du prince souhaitent voir ce dernier accomplir sa mission le plus rapidement possible, alors que les tenants du lignage et certains des Outriliens sont révoltés par la mise à mort de l’un des derniers dragons. Quant au Fou, qui s’est joint à l’expédition, il poursuit un but encore différent. Guidé par ses visions, il souhaite que Fitz l’aide à libérer Glasfeu pour qu’il puisse s’accoupler avec Tintaglia, la dernière des femelles dragons. Comme si ces dissensions ne suffisaient pas, l’expédition doit faire face à la femme pâle et à ses hordes de forgisés.

Finalement, le dragon est libéré et les hordes vaincues. Mais le Fou a été fait prisonnier par la dame pâle et torturé jusqu’à ce que le vie quitte définitivement son frêle corps. Quant à Burrich, venu faire une incroyable apparition à la fin du douzième tome, il a été mortellement blessé par l’attaque du dragon de pierre hanté par l’âme damnée de Paincrue, l’ancien chef des pirates rouges...

Ce treizième tome reprend donc le cours du récit alors que la bataille vient de prendre fin et que l’on compte les morts. Avec la mort du dragon de pierre, les forgisés ont été libérés de l’emprise maléfique de la dame pâle et retrouvent leurs esprits ; cette dernière n’est pas morte mais a perdu ses pouvoirs et hante les ruines du palais des anciens, enfoui sous le glacier d’Aslevjal. L’expédition, s’apprête à rejoindre ses pénates, avec en bouche le goût amer d’une victoire trop chèrement acquise. Fitz, anéanti par la disparition du fou, décide de rester quelques jours supplémentaires sur l’ile, afin de retrouver son ami et de lui donner une sépulture décente. Cette décision lui permettra de rencontrer le mystérieux homme noir et d’accomplir un geste qui dépasse la vision du Fou. Une fois les derniers adieux rendus à celui qui fut son prophète blanc, Fitz entreprend de rejoindre Castelcerf, afin d’affronter son destin. Et comme d’habitude faire face aux éternels problèmes du plus grand poissard de la fantasy.

La question est sur toutes les lèvres : Robin HOBB a-t-elle réussi à terminer magistralement son ambitieuse saga ou s’est-elle lamentablement vautrée ? Vous aimeriez bien le savoir, n’est-ce pas ? Eh bien, je dois avouer à mon grand regret que mon jugement est des plus nuancé, pour ne pas dire mitigé. Mettre un point final à une saga n’est jamais chose aisée... Les choix qui s’offraient alors à Robin HOBB étaient limités : faire de Fitz définitivement un martyr [au risque de voir des hordes de fan crier à l’injustice] ou opter pour la voie, tant décriée par les critiques exigeantes, du happy end. HOBB a décidé de couper la poire en deux. Histoire de faire un peu pleurer dans les chaumières, Fitz perd certains de ses proches les plus intimes et il n’accède pas au statut de héros reconnu et loué à travers tout le pays pour ses exploits. Souvenez vous que héréditairement Fitz serait en droit d’accéder à la couronne du royaume des Six-Duchés, pourtant impossible pour lui de recouvrer son ancienne identité, il doit donc définitivement se contenter de celle de Tom Blaireau, modeste soldat de la garde personnelle du prince Devoir. Seuls quelques initiés connaissent son véritable nom et le rôle qu’il joue en coulisse. Parmi lesquels la reine, le prince et Umbre.

Mais Robin HOBB a pourtant décidé d’accorder à Fitz le repos qu’il mérite, celui du corps, mais également de l’esprit et du coeur. Et là, je m’en voudrais d’en révéler davantage... Pour le reste, les fans de L’assassin royal seront en terrain connu et ce qui faisait toutes les qualités de la série ne font ici pas défaut.


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Ce roman est un véritable plaisir de lecture grâce à l’écriture limpide et magique de Robin HOBB, qui ne force cependant pas ici son exceptionnel talent de conteuse. L’intensité dramatique est bien moindre que dans les épisodes précédents, ce qui n’est guère étonnant puisque tout est terminé depuis le douzième tome. La faute non pas à l’auteur, mais au découpage de la version française, puisque les trois derniers tomes de "L’assassin royal" ne constituent en VO qu’un seul et unique volume.

Un treizième et ultime épisode loin d’être exceptionnel, mais pourtant indispensable.