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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par Nolive
PRIX LOCUS 2006 : MEILLEUR ROMAN DE FANTASY
« Dans les vieilles histoires, Anansi vit comme vous et moi, chez lui. Il est avare, certes, et concupiscent, et farceur et menteur. Mais il a bon cœur, et de la chance. Parfois, il est même honnête. Il est parfois gentil, parfois méchant, mais il n’est jamais maléfique. La plupart du temps, on est de son côté. C’est parce que Anansi est propriétaire de toutes les histoires. Mawu les lui a données à l’aube des temps, il les a reprises à Tigre et les a confiées à Anansi qui en tisse si superbement la trame. »
Trois ans après l’énorme succès d’American Gods, le retour de Neil GAIMAN sur les tables des libraires était attendu avec impatience... et circonspection : si le talent de l’auteur ne fait aucun doute, restait à voir ce qu’il comptait nous proposer avec cet « Anansi Boys » que la rumeur avait annoncé comme une suite au roman qui a raflé à peu près tout ce qui se fait comme prix littéraire dans le domaine de l’imaginaire.
La rumeur avait tort.
Bien qu’il se déroule dans un univers ou dieux, figures mythologiques et archétypes aiment à s’incarner et à semer la pagaille dans les affaires humaines, rien, ni les personnages ni l’intrigue, ne permettent de raccrocher ce nouveau roman au précédent autrement que comme son pendant tragi-comique.
Car GAIMAN s’amuse follement au fil de ces pages, malmenant son héros, prenant un malin plaisir à lui tisser une vie en équilibre entre réalité et surnaturel - une vie qu’on sent à tout instant sur le point de basculer dramatiquement d’un côté ou de l’autre.
L’araignée Anansi, personnage incontournable des récits fondateurs du Ghana, est devenue, en traversant l’océan sur les bateaux des négriers, ce roublard, cet escroc astucieux qui se rit de tous en appuyant là ou ça fait mal, qui sait se rendre sympathique malgré sa propension à tirer profit du moindre de nos travers.
En télescopant la figure de cet archétype avec le thème classique des catastrophes qui découlent de l’ingérence divine dans les affaires humaines, GAIMAN invente une fable savoureuse sur l’héritage familial et la nature du monde, un conte moderne, mené tambour battant, qui lui permet de renouer avec un ton humoristique qu’il n’avait plus exploité depuis sa collaboration avec Terry PRATCHETT.
Bien sûr, on pourra reprocher à GAIMAN de « faire du GAIMAN » : l’intrigue est parfois assez prévisible pour qui est familier de son œuvre, les personnages, bien que riches et totalement crédibles, sont attendus. Mais la structure du conte permet de ne pas s’en plaindre, et l’auteur prouve encore une fois qu’il sait s’immiscer dans les mythologies avec autant d’aisance qu’un ZELAZNY en grande forme.
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Défini par son auteur comme « une épopée magico-horrifico-thriller-fantastico-romantico-comico-familiale », « Anansi Boys » est un roman léger et drôle, se situant quelque part entre « American Gods » et « De bons présages ». On se laisse volontiers entraîner par le talent désormais éprouvé de GAIMAN, tout en se prenant à espérer qu’au prochain coup, il sache nous surprendre en plus de nous ravir. |
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