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Il est sans doute le seul auteur de science-fiction de nationalité allemande que le public français ait adopté : depuis Des milliards de tapis de cheveux en 1999, Andreas ESCHBACH a développé une oeuvre qui traverse les genres, de la SF la plus pure à la fantasy débridée, avec chaque fois une finesse et une intelligence d’écriture qui surprennent.
Son dernier roman, En Panne sèche, qui imagine notre monde à court de pétrole, est un succès en librairie. Pour le Cafard cosmique, cet allemand installé en Bretagne, a accepté de répondre à quelques questions.


Le Cafard cosmique : Pouvez-vous nous retracer la genèse de l’écriture de En Panne Sèche ? D’où est née l’envie de vous pencher sur ce sujet ?

Andreas Eschbach : Il y a quelques années, j’ai écrit un livre, un essai, plus précisément, qui n’est pas paru en France, et qui tentait d’anticiper notre futur proche. Un chapitre de cet essai était consacré à la question de l’énergie, aux solutions alternatives au pétrole, à leurs problèmes et à leurs avantages. Une seule conclusion s’imposait : « il n’est pas certain qu’une alternative réelle puisse exister. ». Je tenais là l’idée de départ d’un roman. Et c’est ainsi que En Panne Sèche a démarré.

CC : Le roman est construit sur des allers/retours dans le temps et met en scène toute une galerie de personnages dont les destins se croisent. C’est un projet très ambitieux. Comment vous en êtes-vous sorti ?

A.E. : J’ai su dès le début que le livre devait commencer par un accident. Une vision très claire : une voiture en panne sèche à cause de la jauge d’essence défectueuse qui surestimait le niveau. L’amorce, en somme. J’ai su ensuite que toutes les trames de l’action devaient s’articuler autour de cet accident. La construction du roman se révélait quelque peu compliquée... Mais c’était nécessaire. Pour l’écrire, cependant, cela ne m’a posé aucun problème. Je suis entraîné à ce genre d’exercice. Par contre, pour le lire... J’ai eu des retours de lecteurs qui me disaient que c’était autre chose...

CC : Votre roman relève de "l’anticipation réaliste". On le sent basé sur un important travail de documentation. Comment avez-vous procédé ?
A.E. : Etonnamment, la plupart des informations dont j’ai eu besoin étaient déjà là, dans mes livres, sur mes étagères. Et ce n’était pas un hasard, je pense. Mais plus sûrement l’illustration de notre propre position face au sujet de l’économie du pétrole : on sait déjà tout ce que j’explique dans mon roman - mais on préfère l’ignorer.

CC : En Panne Sèche évoque les attentats du World Trade Center. Comment avez-vous vécu cet évènement à l’époque ? Quel regard portez-vous, avec le recul, sur son impact sur nos sociétés ?

A.E. : Je ne suis toujours par certain d’avoir le recul nécessaire pour pouvoir l’analyser. Cet évènement a tellement chamboulé le monde... On a du mal à croire que ça s’est réellement passé. On pourrait en discuter pendant des heures. C’est un sujet trop immense.

CC : Considérez-vous votre roman comme une critique de la société de consommation ? Pensez-vous que nos sociétés modernes font « fausse route » ?

A.E. : Je distingue deux choses : il y a la « technologie », indispensable à nos sociétés, et qui s’appuie sur l’énergie. La technologie est bénéfique, et je ne vois pas comment nous pourrions nous en passer, ou prendre une route différente...
Je distingue ensuite la « consommation » qui est une autre chose. La faille vient, à mon sens, à partir du moment où nous avons commencé à nous considérer comme des « consommateurs ». Un terme que je trouve répugnant. Il y a des activités humaines : dormir, travailler, manger, aimer... Et dès lors que l’on a commencé à y accoler l’activité « consommer », je pense que c’est à partir de là que nos sociétés ont fait fausse route. C’est une perversité. Dès lors que l’on consomme quelque chose, cette chose devient une nécessité. L’idée que la consommation est une valeur en elle-même est une perversité.

CC : Jesus Vidéo a été porté à l’écran en Allemagne. En Panne Sèche fonctionne également très bien comme "scénario" potentiel... Des perspectives ?

A.E. : Tout d’abord, je n’aime pas les compliments déclarant « votre roman est si bien qu’il ferait un très bon film. ». Comme si l’adaptation cinématographique était un couronnement ! Je ne conçois absolument pas la chose ainsi. Pour moi, le roman demeure l’œuvre principale, essentielle, et le cinéma reste au niveau du divertissement. Au regard d’un roman, un film peut se comparer à une sorte de long spot publicitaire pour le livre en question. Bien sûr, il y a des films qui sont des chef-d’œuvres, mais ce ne sont que très rarement des adaptations. Néanmoins, je ne m’opposerais pas à ce que En Panne Sèche se voit porter à l’écran. Je m’entretiens d’ailleurs de temps en temps avec des réalisateurs, et j’ai déjà signé plusieurs contrats après Jesus Video. Mais le réel problème, c’est plutôt le financement. Pas la volonté de l’auteur...

CC : Vos précédents romans étaient destinés à la jeunesse (notamment Le projet Mars). Quelles contraintes vous imposez-vous lorsque vous écrivez à destination d’un public plus jeune ?

A.E. : Peu de contraintes. Moins de sexe, moins de violence, les protagonistes doivent être jeunes. C’est tout. A part ça, mon écriture reste la même.

CC : Après la SF, le roman jeunesse, l’anticipation, le thriller environnemental, d’autres pistes à explorer ?

A.E. : Tout cela n’est pas vraiment planifié. Ce sont les histoires et les idées qui déterminent les directions à prendre, les chemins où aller. J’ai encore quelques contrats avec mes éditeurs, mais pour l’instant, je ne sais pas à quelle idée je vais me consacrer, ni dans quel ordre. Le prochain livre que je suis en train d’écrire sera un livre jeunesse. Une aventure. Mais sensiblement différentes des aventures habituelles...

CC : Dernière question, pour la route évidemment : possédez-vous une voiture ?...

A.E. : Oui. Je préférerais pouvoir m’en passer, mais malheureusement, il est pratiquement impossible de vivre sans voiture là où j’habite...


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> La fiche bio / biblio de ESCHBACH Andreas [et d'autres critiques]

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