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Publié le 12/04/2008

Ange Mémoire de Robert Charles Wilson

[très bien] traduit par Gilles Goullet

ED. FOLIO / SF INEDIT, AVRIL 2008

Par PAT

Second inédit de Wilson à débarquer directement en Folio SF [après Bios il y a maintenant quelques années], Ange Mémoire fait dans le cyberpunk. Roman "de jeunesse", il explore déjà quelqu’un des univers les plus obsessionnels de l’auteur.


Tentative de roman cyberpunk humaniste, Ange Mémoire est un exercice de style à la fois intéressant et convaincant. Second roman de Robert Charles Wilson, il traduit l’intérêt de l’auteur pour les classiques de la SF, passés à la moulinette d’un traitement résolument humain et terre à terre.

Futur proche, technologie envahissante, interfaces brain-machine, mafias, tueurs à lunettes fumées, réseaux et IA, tout le décorum est en place. Mais là où les écrivains cyberclassiques partent dans des considérations généralement post-humaines, Wilson s’ancre dans la réalité et tente de se mettre à la place des personnages qui vivent une telle réalité.
Que pensent-ils ?
Que ressentent-ils ?
Quel est leur quotidien le plus banal ?
Bref, l’exploration n’est évidemment pas exempte de poursuites en voitures et de gadgets électroniques, mais on sent bien que Ange Mémoire fait dans l’inédit.

À la lisière des délires de Joe Haldeman [notamment La paix éternelle] et des descriptions futuristes de William Gibson, le roman agrippe son lecteur et le largue parfois, certes, mais d’une seule main. On y suit le parcours d’un ancien soldat à moitié cramé dont le dernier rôle guerrier consistait à faire la caméra humaine [The eye, en VO], une puce crânienne enregistrant tout [œil et oreille] pour le compte des hauts-gradés avides de boîtes noires humaines en cas de désastre. De retour à la vie civile, décidément inadapté à la modernité, Keller [c’est son nom] reprend son rôle de caméra humaine pour le compte d’un ancien compagnon d’arme et doit s’aventurer jusqu’au Brésil en accompagnant Teresa, une artiste droguée aux onirolithes, ces petites pierres précieuses d’origine extraterrestre qui peuvent stocker la mémoire et la restituer aux personnes “en résonance” avec le cristal [c’est d’ailleurs le cas de Teresa, on s’en doute].
Le décor est planté, un affreux complot va coincer les deux héros en territoire hostile, les faire tomber amoureux et après un périple initiatique bien fichu, les révéler à eux-mêmes.

Rien que du très classique, donc, mais Wilson en profite pour s’interroger sur la mémoire, sa nature et ses effets. Ainsi, la caméra humaine enregistre tout, mais reste exempt de sentiments. A l’inverse, la vraie vie oublie la majorité des choses et n’en retient qu’un signifiant fort. Que choisir ?


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Si Ange Mémoire n’est pas exempt de maladresses [on pourra lui reprocher une - légère - pointe de mièvrerie], il reste tout de même plus complexe et globalement plus intéressant que des œuvres mineures comme A hidden place et Les fils du vent.

Un roman curieux et agréable, et essentiellement lisible pour un exercice cyberpunk.