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Publié le 04/12/2003

"Anges déchus" de Richard MORGAN

["Broken Angels", 2003]

EDITIONS BRAGELONNE, 2003

Par Lunatik

Takeshi Kovacs reprend du service et cette fois il retourne à ses amours d’antan, ce pour quoi il a été formaté. C’est donc en tant que mercenaire [et ex diplo] chevronné qu’il réapparaît dans cette histoire.

Aux côtés de ses frères d’armes - les loups de Carerra - il se bat, mais sans grande conviction, pour libérer Sanction IV des troupes rebelles de Kemp. C’est au cours d’une de ces nombreuses visites à l’hôpital orbital - pour ce faire rafistoler entre deux combats - qu’il sera contacté pour participer à une mission peu conventionnelle hors des sentiers de la guerre - quoique...


Un trésor archéologique extraterrestre a été découvert, mais personne ne l’a encore revendiqué. Et pour cause, la première équipe d’archéologues a été presque entièrement décimée. C’est le pilote de la première expédition qui contacte Kovacs et le persuade de diriger une nouvelle tentative de récupération. Mais la tâche ne sera pas des plus simple : premièrement l’artefact se situe en pleine zone de guerre et de plus il s’agit d’une porte hyper spatiale [du genre Stargate] qui donne sur un vaisseau extraterrestre abandonné mais en état de marche. Si cela s’ébruite va y avoir du monde au portillon...

Kovacs devra donc négocier avec une corpo afin d’obtenir tous les moyens logistiques nécessaires pour mener cette expédition à bien et s’en mettre plein les poches. Du moins c’est le plan initial, et évidemment, tout ne se passe pas comme prévu...Les genres, tout comme les gènes, s’enrichissent dans la recombinaison.

En 1984, William GIBSON avait mis en exergue une intuition que beaucoup d’utilisateurs de PC avaient effleurée, le sentiment qu’il existe un monde derrière l’écran, un monde attendant d’être découvert et colonisé. Un monde menaçant et noir, reflet d’une société décadente. En 2002, Richard MORGAN sort son premier roman "Carbone Modifié", l’histoire de Takeshi Kovacs, ancien mercenaire de l’espace reconverti en privé, dont les sens et le corps ont été artificiellement amplifiés. À travers les rues de San Francisco et la réalité virtuelle, Kovacs écrase chaque obstacle érigé par la corruption et le droit acquis, pour résoudre l’énigme d’un meurtre qui n’en est pas vraiment un. Avec ce roman, MORGAN a ressuscité le cyberpunk, genre que tout le monde croyait mort.

Comme souvent dans les séries, "Anges déchus" peut être lu de façon indépendante. Et, s’il semble moins incisif ou moins percutant que le précédent opus, c’est plus en raison de son histoire et de son environnement qu’a cause du’n essoufflement de l’auteur. Dans "Carbone Modifié", le savant mélange thriller/cyberpunk nous entraînait dans une quête obsessive de la vérité. Le Wodunit traditionnel dans chaque enquête policière prenait une dimension toute particulière avec la problématique des morts relatives : la mort, au XXVIème siècle, n’est qu’un problème technique, la personnalité de chacun étant enregistrée dans un implant à la base du crâne. Il suffit de la télécharger dans un corps tout neuf si besoin est. Le corps physique est relégué à un simple rôle d’enveloppe interchangeable. On peut l’acheter, le vendre, le louer ou encore le congeler pour s’en servir plus tard.

"Anges déchus" est de facture plus "standard". Tout en gardant son côté cyberpunk, l’histoire s’oriente autour d’une mission à accomplir. Du coup, la tension semble moins palpable. Kovacs, notre héros, est toujours le même tueur pragmatique. Mais sa capacité à une violence froide et expéditive - moteur essentiel du premier roman - se trouve un peu noyée dans la masse des personnages secondaires, tous durs à cuire.

Le changement de l’environnement, pour les protagonistes et le lecteur, est donc la raison pour laquelle cette nouvelle histoire de Takeshi Kovacs est moins palpitante que la première.


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MORGAN sait rendre son histoire attrayante et cine-genique - sa vision doit autant au cinéma qu’a la littérature. Après GIBSON, il reconnaît l’influence des réalisateurs Ridley SCOTT, James CAMERON et Takeshi KITANO.

"Anges déchus" est donc très plaisant à lire, il devrait ravir ceux qui découvrent Takeshi Kovacs... et ne devrait pas décevoir ceux qui le connaissaient et l’appréciaient déjà