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Publié le 03/11/2003

"Ariosto Furioso " de Chelsea Quinn YARBRO

["Ariosto Furioso", 1980]

REEDITIONS FOLIO SF, OCT. 2003

Par Ubik

Poursuivant sa politique de réédition du catalogue de la défunte collection Présence du futur, Folio SF nous propose un roman paru en 1981 qui mine de rien est une vraie réussite.


En effet, l’Ariosto Furioso de Chelsea Quinn YARBRO réussit le tour de force de nous exposer la mise en doute de la réalité d’une histoire... elle même uchronique ! Certes, on me dira à raison que Le maître du haut château de Philip K. DICK s’est déjà aventuré dans cette expérimentation [ d’où la référence à cet auteur en quatrième de couverture ]. Néanmoins, là où DICK nous propose une histoire, immergée dans le quotidien d’une Amérique alternative après la IIème guerre mondiale, dans laquelle la réalité est mise en doute par un roman déjà écrit « la sauterelle pèse lourd », YARBRO s’attache, elle, à nous narrer d’emblée deux histoires parallèles et intimement liées dans un univers à la fois merveilleux et uchronique.

Si Ariosto Furioso évoque DICK, il rappelle aussi Rêve de fer de Norman SPINRAD [ le côté iconoclaste du propos en moins, bien sûr ]. Ainsi, à l’instar de SPINRAD, le personnage principal d’Ariosto évolue entre la reàlta [la réalité] de sa vie et la fantasia de son imagination. Dans la reàlta, Lodovico Ariosto est le poète protégé et le confident d’il Primàro Damiano de’ Medici, chef de l’Etat de l’union de l’Italia Federata, une Italie uchronique se situant pendant la Renaissance. Vivant à proximité du pouvoir, il assiste et participe à la lutte de son prince et mécène pour contrer les diverses menaces extérieures et les factions intérieures qui veulent la perte de la fédération.

Dans la fantasia, il est le héros invincible de l’Italia Federata, auréolé de sa victoire contre la forteresse des mille tours d’or du grand mandarin. Appelé au secours par la colonie de Nuova Genova dans le nouveau monde, il y arrive chevauchant son griffon pour combattre le maléfique mage nécromant Anatrecacciatore [ « chasseur de canards » ] et son armée de géants de grès et de glace.


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Ces deux récits alternatifs évoluent conjointement sur des lignes parallèles, à leur rythme et dans le respect de leur registre respectif. On sait dès le départ que l’un est subordonné à l’autre mais, subtilement l’ordinaire s’immisce dans l’extraordinaire et vice-versa, jusqu’à faire perdre à Lodovico et aux lecteurs le sens de la réalité. Et si finalement, c’était cela le propos essentiel de ce roman : nous démontrer la puissance de l’imagination, de la fiction sur la réalité ?

En attendant, invitons d’autres lecteurs à faire un voyage qui vaut le détour.