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Publié le 01/02/2005

« Artefacts » de Nancy KRESS

[« Probability Sun », 2001]

ED. POCKET SF / INEDIT, 2004

Par Ubik

"Artefacts", le deuxième volet de la trilogie inédite de Nancy KRESS, constitue un rappel pour ceux qui ne connaissent pas le précédent ouvrage de la dame. Pour les autres, les convaincus, c’est la poursuite du récit entamé avec "Réalité partagée". Le jeu en vaut-il la chandelle ? Oui, si l’on en croit les échos très favorables glanés ici et là. Voici un avis mitigé de cafard pour nuancer.


Comme le titre l’indique, le roman se concentre essentiellement sur l’artefact découvert par hasard sur Monde par la première équipe terrienne. D’ailleurs, l’illustration de couverture est un superbe spoiler.

Reprenons maintenant le fil de cette trilogie de la probabilité. Deux ans après la première mission envoyée dans le système de Monde, l’alliance solaire organise une seconde opération dans le but bien affirmé de s’emparer de l’artefact enterré dans les Monts Neury. Des moyens plus importants y sont consacrés car les humains doivent reprendre l’avantage dans le conflit qui les opposent aux faucheurs. De plus, ils n’ont pas oublié que les habitants de Monde les ont déclaré « irréels », donc à tuer sans pitié.

Aux survivants, le géologue Dieter Gruber et la xénobiologiste Ann Sikorski, désormais mariés [le glamour s’évapore d’un coup], s’ajoutent de nouveaux membres. D’abord, un génial physicien, voyageant avec son éreintante progéniture, est choisi afin de comprendre et de théoriser le fonctionnement de l’artefact. Puis, un officier, expert en communication, dirige le groupe afin d’huiler les relations entre ses membres et surtout pour s’assurer du bon déroulement du plan secret. En effet, à l’instar de « Réalité partagée », le second volet comporte sa mission secrète de rigueur. Celle-ci consiste à établir un contact pacifique avec un prisonnier faucheur. Une sensitive [une analyste du langage corporel] est mobilisée pour l’occasion et une chose est certaine rapidement : sa mission est pleinement atteinte avec l’officier expert qui ne reste pas de marbre. Plaisanterie mise à part, à la lecture de cette liste, on se croirait vraiment dans un casting de blockbuster mais, nous reviendrons sur ce point qui fâche plus tard. Enfin, n’oublions pas le quota de Mondiens avec fleurs et tout le tralala.

Autant ne pas perdre de temps, rangeons tous les superlatifs, en bien comme en mal, de notre arsenal. Pour l’instant et, à moins d’un coup de théâtre final dans le dernier tome, la série de Nancy KRESS est banale. Le récit est du pur space opera de la vieille école recouvert d’un vernis de hard science axé sur la physique quantique. Sans déflorer le sujet, on peut affirmer que « Artefacts » est un peu mieux que « Réalité partagée ». Sans doute, le fait que Monde et sa faune fleurie soient remisées en arrière plan n’est-il pas complètement étranger à cela.

Par contre, ce qui reste navrant, c’est le formatage de l’histoire. On croit assister à une production hollywoodienne à maintes reprises. Les rôles sont clairement attribués et les caractères sont très simples à comprendre. Le style est fluide, sans détour, maîtrisé et professionnel ; le défaut de cette qualité étant l’absence de surprise véritable. Quelques rebondissements animent le récit mais cela ne va pas très loin car, comprenez bien, il ne faut surtout pas perdre le lecteur. Passons sur les érections [ risibles ] de l’expert pour remettre la palme du niveau zéro de la narration à un premier chapitre dont l’unique objet est de résumer le premier épisode de la trilogie. Au secours !


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Au final, « Artefacts » est un roman fade, inodore et incolore. Il se lit sans déplaisir [ même, si j’avoue des moments d’énervement passager ] mais, on est à des distances cosmiques du chef-d’œuvre annoncé.

Mais que fait la critique ?!