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Publié le 19/04/2010

Automates de Nathalie Le Gendre

ÉD. MANGO / AUTRES MONDES, MARS 2005 – RÉÉD. JANV. 2010

Par MeTaL_PoU

La très recommandable collection « Autres Mondes » fête cette année ses dix ans en rééditant une fois par mois l’un de ses titres phares. Le premier roman de cette sélection est assez logiquement écrit par l’auteur multi-primée Nathalie Le Gendre, indissociable de la collection, qui, sous la houlette de Denis Guiot puis d’Audrey Petit, a su mettre en avant une science-fiction francophone pour la jeunesse de qualité, intelligente et divertissante. Sous le feu des projecteurs, donc, Automates, troisième roman de l’auteur, paru initialement en 2006.


Andhré-Ann, 17 ans, n’a qu’un rêve : participer à des compétitions de moto. Sur son chemin, un obstacle de taille : dans le XXIIIe siècle imaginé par Nathalie Le Gendre, seuls les hommes ont le droit de pratiquer ce sport. Suite à l’accident de Luka, le frère d’Andhré-Ann, ses parents sont confrontés à un dilemme : accepter que leur fils devienne un Automate, grâce à la greffe d’un cerveau-ordinateur, ou maintenir son coma, à un coût prohibitif. L’adolescente, aidée d’Illana, sa meilleure amie, va user de son physique androgyne et se faire passer pour un garçon afin de concourir aux Olympies, afin que son frère ne perde pas son humanité.

La nécessité presque viscérale de l’auteur à défendre la tolérance, l’égalité entre les sexes et le combat contre l’injustice transparaît à chaque ligne. Nathalie Le Gendre utilise intelligemment le futur pour parler du présent et ainsi donner des pistes de réflexion au lecteur, ce qu’elle faisait déjà dans ses autres romans, comme Mosa Wosa ou Dans les larmes de Gaïa.

  Cependant, dans Automates, elle abuse de quelques raccourcis et dessert ainsi son propos. Par exemple, le méchant expliquant à l’héroïne pleine de bonnes intentions tout son plan machiavélique, persuadé qu’une fois lobotomisée elle ne pourra le révéler à personne... Tout ça sent le déjà-vu. L’extrémisme religieux [1] du très méchant est amené de façon bien peu subtile. On échappe tout de même au total happy-end, puisque pour vivre leur amour, les deux adolescentes seront obligées de partir, et la découverte de son homosexualité par l’héroïne est assez touchante [2].

  Nathalie Le Gendre (c’est sans doute une des raisons de son succès) sait s’adresser de façon efficace au lectorat adolescent. Son héroïne, face à ses doutes, se découvre peu à peu. Les adultes sont déficients, alors qu’une véritable solidarité existe entre les jeunes. Un beau sentiment d’humanité se dégage de ce roman. Et surtout, Automates possède un rythme effréné qui colle parfaitement aux courses de motos et au personnage central, plein de générosité, de bonnes intentions, prêt à tout pour sauver ceux qu’elle aime.


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Ce livre foutraque, mais positif, ne manquera pas d’amorcer une réflexion sur l’altérité chez le jeune lecteur. Nathalie Le Gendre met les gaz, et, malgré quelques dérapages pas toujours contrôlés, offre un moment de lecture agréable sans temps mort.  



NOTES

[1] À mettre en perspective avec l’affaire des Orphelins de Naja, au départ refusé par les éditions Mango car s’attaquant trop directement à la religion.

[2] D’autant plus que la thématique de l’homosexualité féminine est assez rare dans les romans pour la jeunesse (voire dans la littérature en général).