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Publié le 06/12/2009

Autremonde T.2 : Malronce de Maxime CHATTAM

ÉD. ALBIN MICHEL, NOV. 2009

Par paul muad’dib

Après un premier tome plébiscité par le public français, voici la suite des aventures de Matt, Ambre et Tobias — L’Alliance des trois — dans l’Autremonde. Un tome placé sous le signe de la quête des réponses... et une aventure d’une banalité à toute épreuve, vaguement teintée de science-fiction.


Résumons : une tempête dévastatrice a ruiné notre monde. La nature a repris ses droits, la végétation a triomphé des villes et d’étranges animaux sont apparus un peu partout. Auto-proclamés Cyniks, les adultes pourchassent les enfants surnommé les Pans. L’Alliance des trois s’est mise en quête vers le Sud, afin d’essayer de comprendre pourquoi les Cyniks enlèvent les Pans et pourquoi la reine Malronce cherche inlassablement Matt à travers tout l’Autremonde. Depuis leur départ, Matt sait que le Rauperoden le traque — entité qui flaire sa piste à travers ses propres rêves. Dans leur voyage, les trois héros rencontrent d’autres Pans marqués par la castastrophe. Ainsi la Feroce Team, formée de jeunes enfants installés dans les restes d’un centre commercial, tous obsédés par l’idée qu’ils vont finir par grandir... et trahir. Quant aux Kloropanphylles, ils vivent sur les cimes des arbres. Modifiés par la tempête, arborant des traits « végétaux », ils forment une sorte de société matriarcale.

Matt, Tobias et Ambre se retrouvent ainsi sur les terres de Malronce la terrible Reine des Cyniks. Ils y rencontrent le terrible buveur d’innocence — qui posséde un goût prononcé pour les jeunes enfants — ou encore l’énigmatique Balthazar, un vieil homme ayant conservé toute sa mémoire. Après de nombreuses péripéties, l’Alliance des trois découvre ce qui se trame chez ses ennemis et quels plans machiavéliques ces derniers ont élaborés pour se débarrasser des enfants.

Pourquoi avoir baptisé le livre Malronce ? La trame s’articule autour d’une pseudo-quête et le personnage de la Reine des Cyniks n’apparaît jamais dans le roman. Des idées ? L’auteur en a tout plein. Problème, il les enchaîne sans jamais réellement les détailler ni les exploiter correctement. Ainsi, les chapitres concernant les enfants de la Feroce Team ou les Kloropanphylles n’ont qu’une simple fonction d’habillage, histoire de donner un peu de corps au roman. Quant aux personnages principaux, ils ne sont tout simplement pas exploités. L’ambivalence de l’adolescence — l’arc principal de la trilogie — est douloureusement absente. Et si Matt assassine à tour de bras avec son épée, il n’en conserve pas moins son âme d’enfant. C’est beau. Même principe pour les ennemis. Le buveur d’innocence et le conseiller principal de la Reine Malronce n’existent jamais ; l’auteur laisse maladroitement un voile opaque sur leur réputation et sur leur rôle.

Le lecteur peu exigeant et marclévysé avale les chapitres sans y trouver le moindre intérêt. Fâché d’avoir dépensé ses 20 euros, il trouvera peut-être un peu de réconfort dans les dernières pages du roman, un tout petit peu plus rythmées, mais tout aussi vides. Pourtant, on lui en promettait tant, au lecteur : un voyage initiatique se mêlant à des thématiques philosophiques, écologiques et religieuses, ça tape. Mais Chattam n’est pas philosophe. Et il aborde la religion page 194 dans un passage aussi délirant qu’inutile. Quant à l’écologie, c’est un peu la mode en ce moment. Ça ne mange pas de pain et ça fait toujours vendre un ou deux exemplaires de plus. Ajoutez à cela le style plus que passable de l’auteur, saupoudrez le tout d’une pincée de couverture criarde, et vous obtenez un vague galimatias plus ou moins SF d’un néant abyssal.


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Triste bilan à la lecture de ce roman (?) : Chattam devrait se concentrer sur le thriller et arrêter la science-fiction, surtout s’il espère continuer à vendre en supermarché. Maxime, pitié, laisse-nous tranquille, il y a tellement de place ailleurs.