EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 27/02/2001

BIOS de Robert C. Wilson

[BIOS, 1999]

REED. FOLIO /SF, 2001

Par PAT

Isis est une découverte fondamentale, une planète à l’écosystème complexe, située à quelques années lumières de la Terre. Problème : Isis est mortelle. La moindre de ses molécules est un poison pour l’Homme.

Alors les Hommes du XXIIème siècle ont créé Zoé Fisher, génétiquement adaptée à l’environnement d’Isis. Zoé a pour mission d’étudier ce monde et de le comprendre. Une mission derrière laquelle se cache bien des secrets...


Nouveau venu dans le panorama des auteurs de SF, Robert Charles Wilson avait déjà fait parler de lui à l’occasion de la sortie de Darwinia (Editions DLE). Aujourd’hui, avec Bios lui permet de toucher un lectorat plus large, sans pour autant sacrifier à la qualité de son écriture.

Isis est une planète pleine de vie. Verdoyante, tempérée, elle abrite des écosystèmes uniques en leur genre, ainsi qu’une race de bipèdes vertébrés à mi-chemin entre les insectes et les singes.
Mais Isis est loin. Très loin, même. Aux confins de la diaspora terrienne, à la limite de l’espace connu. Et Isis est dangereuse, très dangereuse. Sa biosphère a subi une évolution bien plus lente que la Terre.

Chaque élément est en compétition intense avec les autres, depuis des milliers d’années. Chaque cellule, chaque bactérie, chaque molécule organique peut tuer un être humain en quelques minutes.
De cet énorme potentiel meurtrier, les Trusts veulent faire un immense réservoir pharmaceutique. Les Trusts forment l’aristocratie terrienne et remplacent les gouvernements.
Dans une société désormais entièrement assujettie à l’économie de marché, les Hommes appartiennent corps et âmes aux Familles, aux groupes qui dirigent les Trusts. La castration est couramment pratiquée par l’élite bureaucratique et l’espérance de vie peut atteindre les 250 ans pour les éléments les plus riches du système. Mais il arrive que les Trusts se battent entre eux.

Sur Isis, quelques avant-postes ultra sécurisés s’occupent de recherche scientifique sans pour autant oublier que leurs travaux n’ont pour autre finalité qu’une incroyable masse d’argent.
Zoé Fisher en est l’illustration la plus flagrante.
Crée, génétiquement améliorée et entièrement destinée à l’accomplissement de sa mission d’étude, elle est conçue pour explorer la surface d’Isis sans s’embarrasser de tout l’attirail encombrant des humains normaux.
Logé au creux de son bras, un régulateur la met à l’abri des émotions improductives, comme l’amour, la peur ou même la colère. Un sabotage gratuit, dévoilé dés les premières pages du livre, changera irrémédiablement ce beau programme.
Et si Zoé représentait bien plus que ce qu’on avait pu lui faire croire ? Et si ses bienfaiteurs lui avaient menti ?

Confinés dans une atmosphère stérile, et menacés constamment par la dégradation de leur espace vital, les scientifiques découvrent peu à peu la réalité de l’écosystème d’Isis. Une biosphère vivante, un tout planétaire, une entité littéralement incompréhensible. Tout, absolument tout, vire alors à la catastrophe.


COMMANDER

Admirablement écrit, raconté à la manière des meilleurs polars [le récit à lieux multiples est un "truc" très efficace pour le rythme de l’histoire], "BIOS" n’est pas, pour autant, un chef-d’oeuvre.
Comparé abusivement à Solaris de Stanislaw Lem, le roman n’est pas autre chose qu’un excellent récit d’aventure, teinté d’humanisme et d’une solide dose critique.

La description des humains assiégés par un ennemi invisible, car essentiellement viral, installe une atmosphère paranoïaque particulièrement réussie. À ce titre, BIOS se lit agréablement et prend facilement sa place parmi les bons bouquins de SF.
À mettre entre toutes les mains.