EN BREF

 
SYNDICATION


Suivez le Cafard cosmique sur Twitter

Devenez Fan du Cafard cosmique et suivez toute l’actualité du site sur Facebook

Flux RSS 2.0 : pour afficher toutes les nouveautés du site par syndication.

netvibes : cliquer ici pour ajouter le flux RSS à votre page netvibes.


 
 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AUX LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

 

D'AUTRES AUTEURS


BORGES n’est pas un auteur de science-fiction. Mais il en était lecteur et connaisseur. Il a préfacé Ray BRADBURY et Olaf STAPLEDON. Il a écrit sur H.G. WELLS [dans le recueil "Enquêtes", Gallimard, 1952], et s’est parfois inspiré de LOVECRAFT. Il est enfin l’auteur de textes qui décrivent des réalités fantastiques proches des thèmes et des interrogations de la science-fiction. C’est pourquoi son oeuvre est d’un intérêt certain pour les amateurs de littératures de l’imaginaire.


LABYRINTHES ET CONFUSIONS

Jorge grandit à Palermo, banlieue désargentée de Buenos Aires. Ses parents parlent anglais, tout comme sa gouvernante, et le petit Jorge est bilingue dès son enfance, espagnol / anglais.

Enfant calme, réservé, bon élève, plus souvent dans la bibliothèque familiale que dans les rues, il a tôt le goût de la lecture grâce à sa grand-mère paternelle, Fany HASLAM, qui est britannique. Dès l’âge de 6 ans, poussé par son père, il écrit déjà de petites histoires, inspirées de CERVANTES. A onze ans, il traduit en anglais le « Prince heureux » d’Oscar WILDE...

Pour le traitement médical de la cécité du père de famille, les BORGES s’installent en Europe en 1914, à Genève, où ils demeureront pendant toute la durée de la guerre.

Au collège suisse, Jorge BORGES apprend le français, l’allemand et le latin, et se prend de passion pour les auteurs symbolistes français, VERLAINE, RIMBAUD et MALLARME, la philosophie de SCHOPENHAUER, et la poésie de Walt WHITMAN.

Après la mort de la grand-mère maternelle, en 1919, la famille par vivre en Espagne. Décidé à vivre de sa plume, BORGES fréquente un club de jeunes auteurs d’avant-garde, idéalistes et libres penseurs, les « ultraïstes ». Il publie quelques textes dans des magazines madrilènes.

En 1921 la famille rentre à Buenos Aires. Il rencontre un poète Macedonio Fernandéz, proche des philosophies de SCHOPENHAUER et BERKELEY, brillant, cultivé, excentrique et sceptique... BORGES, subjugué, se lance avec lui et avec enthousiasme dans le petit monde des intellectuels argentins. Membre d’un club littéraire, il affiche poèmes et manifestes sur les murs de la ville.

En 1923, il publie son premier recueil de poèmes, « Fervor de Buenos Aires », imprimé aux frais de son père à 300 exemplaires, et distribué gratuitement, notamment à quelques éditeurs... Il se forge ainsi un début de réputation. Il crée plusieurs revues de littérature [avec des succès variables] et contribue régulièrement à quelques magazines.

En 1927, BORGES, à son tour touché par la maladie de sa famille, est opéré d’une cataracte. C’est la première d’une série de huit opérations qui n’amélioreront pas son état. En 1932 paraît son essai « Discussion » et, sous le pseudo de Francisco Bustos, une nouvelle intitulée « Streetcorner Man », inspirée d’un fait divers réel. Elle reçoit un très bon accueil, mais BORGES n’a pas l’intention de poursuivre dans la voie du drame populaire réaliste.

En 1935 [BORGES a 36 ans] paraît "L’approche d’Almotasim" sans doute le premier texte borgésien dans son style. La crise économique frappe l’Argentine, et il trouve une source de revenus fiable comme assistant-bibliothécaire à 70$ par mois. Il conservera cet emploi neuf longues années, entourés de collègues plus intéressés par les résultats du tiercé que par les livres. Chaque jour, son travail achevé, il se réfugie à la cave de la bibliothèque pour lire les grands classiques anglais et américains [il sera le premier à traduire en espagnol Virginia WOOLF et FAULKNER] et écrire [un de ses textes, "La librairie de Babel", est d’ailleurs une allégorie cauchemardesque de son travail.]

Son père meurt en 1938, et lui-même à de gros soucis de santé. Remis sur pied, il cherche une direction différente à son style. Le résultat est "Pierre Ménard, auteur du Quichotte", bientôt suivi de "Tlön Uqbar Orbis Tertius", deux œuvres étonnantes, mêlant philosophie et réalité, fiction, fantaisie et mythes, accueillies avec enthousiasme. BORGES est encouragé par ces deux succès.

En 1941, paraît "Le Jardin aux sentiers qui bifurquent". En parallèle, il dénonçe la montée du fascisme en Europe, ce qui lui vaut des soucis lorsque Juan PERON accède au pouvoir en 1946 : il perd son emploi à la Bibliothèque et sa famille est plusieurs fois mise en difficulté par le régime.

L’administration lui propose un poste d’inspecteur des volailles sur un marché... Humilié, il accepte un poste de conférencier en Littérature anglo-saxonne, qui le mène à discourir de ses auteurs préférés en Argentine et en Uruguay.

En 1949 il publie "L’Aleph", l’un de ses romans les plus connus. En 1950, il est élu Président de la Société des Ecrivains argentins, la SADE, notoirement anti-peroniste et sous surveillance policière, qui sera finalement interdite. En 1952 BORGES publie son plus important recueil d’essais, "Other Inquisitions".

Après la chute du pouvoir péroniste, il obtient le poste dont il rêvait : la direction de la Bibliothèque Nationale, poste auquel il se montrera très actif.

En 1956, il est également nommé Professeur de Littérature anglo-saxonneà la Faculté des Lettres de Buenos Aires [chaire qu’il conservera 12 ans] et la même année, il gagne le National Prize for Literature. Cependant il est à présent totalement aveugle et dicte ses textes à des étudiants ou à sa mère. Il s’oriente davantage vers la poésie.

En 1960, il publie "El hacedor", une collection de textes de tous genre, paraboles, poème et proses qu’il considèrera comme son travail le plus personnel.

Sa renommé dépasse les frontières dans les années 40, avec la traduction de ces oeuvres en français par IBARRA et CALLOIS. En 1961 cette renommée devient internationale, lorsqu’il reçoit, conjointement avec Samuel BECKETT, le Prix Formentor de l’International Publishers Prize. Son œuvre est alors traduite en anglais et dans d’autres langues.

Il est le premier auteur sud-américain à connaître un tel succès.

En 1961, invité par l’Université du Texas, il découvre les Etats-Unis pour la première fois, pendant un voyage qui durera 6 mois, et qui l’amènera également aux Université de San Francisco et New-York. Les années qui suivent sont consacrées à des voyages répétés, en Europe,à Harvard [où il demeure un an avec le titre de visiting professor], et aux Etats-Unis.

Après un mariage raté avec Elsa Astete Millán, il vit chez sa mère et continue de publier. A la même époque, il se lie d’amitié avec une jeuneétudiante, María Kodama, une argentine aux ancêtres japonais. Elle deviendra sa secrétaire, puis sa collaboratrice.

En 1973, Juan PERON est à nouveau élu Président d’Argentine. BORGES quitte la direction de la Bibliothèque Nationale et décide de voyager quelques temps et de donner des conférences.

Il écrit "Le Livre de sable" en 1975. La même année sa mère meurt, presque centenaire. En 1980, le Prix Cervantes lui est remis par le roi d’Espagne. De nombreux autres titres honorifiques suivront, dont le titre de docteur es lettres, Honoris causa, de l’université Columbia, [titre qu’il recevra également à Oxford, Cambridge, Puerto Rico, Harvard et Paris. On lui pronostique le Prix Nobel de Littérature [qu’il n’aura jamais.]

Après un long voyage au Japon, et un dernier passage en Argentine, lors duquel il ne mâche pas ses mots contre "l’absurde guerre" des Malouines, BORGES repart en voyage autour du monde, avec María Kodama, qu’il épouse.

Il meurt peu après, à Genève où le couple s’était installé, à l’âge de 86 ans. Il est inhumé au cimetière des Rois de Plainpalais, à Genève.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


- "Fictions" ["Ficciones", 1956]

Recueil qui additionne deux recueils déjà parus auparavant :

"Le Jardin aux sentiers qui bifurquent" :

  • Tlön Uqbar Orbis Tertius
  • L’approche d’Almotasim
  • Pierre Ménard, auteur du Quichotte
  • Les ruines circulaires
  • La loterie à Babylone
  • La bibliothèque de Babel
  • Examen de l’œuvre d’Herbert Quain
  • Le Jardin aux chemins qui bifurquent

et "Artifices" :

  • Funes ou la mémoire
  • La forme de l’épée
  • Thème du traître et du héros
  • La mort et la boussole
  • Le miracle secret
  • Trois versions de Judas
  • La fin
  • La secte du Phénix
  • Le Sud

La force de ce recueil est l’obstination avec laquelle BORGES y poursuit son obsession pour la mise en abîme.

Dans le dédale de la Bibliothèque de Babel, dont les salles se succèdent sans fin, ou dans les méandres de la mémoire totale de Funes, l’effroi de l’infini nous gagne. Dans le trouble des identités, qui confond la victime et le meurtrier, le chasseur et la proie, l’oeuvre et la réalité, le vertige nous guette.

Avec des mots précis, qui sèment le doute tout en ciselant les contours de la peur, avec une langue d’une grâce discrète, BORGES répète ses motifs préférés, le labyrinthe, le livre, la confusion des identités...

Et l’on en vient à le croire, tout est possible, chacun est tous les autres. Et nous finirons tous par mourir à Tlön... à moins que le contraire ne soit écrit quelque part.


- "Labyrinthes" ["Labyrinths"]

- "L’Aleph" ["The Aleph"]

- "Le Livre de sable" ["The Book of Sand", 1974]


Mr.C