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D'AUTRES AUTEURS


SEX, COKE AND HEROIN

Auteur culte, libertaire, associé à la Beat Generation, expérimentateur, brouilleur de piste, homo, drogué et copié, BURROUGHS est aujourd’hui une référence de la littérature trash.


BURROUGHS est un fils de bonne famille de la bourgeoisie américaine. Il mène d’ailleurs une adolescence sans histoire et obtient sagement son diplôme de Lettres, à l’Université d’Harvard en 1936.

Après des études médicales inachevées à Vienne en Autriche, il s’installe à New-York. C’est la guerre, la deuxième, la mondiale, et BURROUGHS survit en s’essayant à tous les métiers : détective privé, dératiseur, employé d’une agence de publicité. Il essaie même d’incorporer l’US Navy, en 1942, mais est rejeté.

Fréquentant alors les lieux underground new-yorkais, ceux où la petite pègre croise les artistes méconnus, il tourne le dos à son existence de sage jeune américain et fait des rencontres.

Celle de la drogue d ‘abord. La morphine, puis l’opium [et plus tard, l’héroïne et la cocaïne]. Celle de nouveaux amis ensuite : le poète [gay] Allen GINSBERG lui présente l’écrivain Jack KEROUAC en 1944. Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de l’American Way of Life des sixties, la fameuse BEAT GENERATION, contre-culture qui influencera le mouvement hippies des sixties et jusqu’aux punks des années 70.

BURROUGHS refuse en bloc l’idéologie dominante du moment. Libertaire, il place l’individu au-dessus des valeurs alors [et toujours] vénérées de nation, de famille et d’argent. Il refuse le capitalisme comme le communisme. Il dévore des romans de science-fiction et s’essaie à toutes les drogues.

Assassin par accident

Un premier mariage finit par un divorce. En deuxième noces il épouse Joan Vollmer ADAMS en 1946. L’année suivante naît son seul fils, William, [qui deviendra junkie et mourra en 1981].

Premier contact avec la morphine en 1946, puis avec l’héroïne. Il mène dès lors une vie de camé pendant 15 ans, voyageant beaucoup, du Texas à la Nouvelle-Orléans, en passant par Mexico, l’Afrique du Sud, Paris et Londres.

En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police new-yorkaise] tel Guillaume TELL, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate et abat accidentellement Joan d’une balle en pleine nuque.

Poursuivit pour homicide involontaire, il s’enfuit alors du pays. [Plus tard, BURROUGHS reconnaîtra son homosexualité, affirmant que Joan a été la seule femme avec laquelle il avait eu une réelle relation affective.]

Cet incident stupide sera son déclic : BURROUGHS commence à écrire. Son "Junky", sur ses déboires de toxico, est le premier d’une œuvre scandaleuse par ses thèmes [homosexualité, mort, drogue] et par sa forme brute est sans concession.

France, terre d’accueil...

En 1958, il débarque à Paris. Avec l’aide de Jack KERROUAC et d’Allen GINSBERG, BURROUGHS ordonne "Le Festin Nu" et le tape à la machine. D’après la légende, le manuscrit était un brouillon de notes éparpillées qui avaient rebuté tous les éditeurs américains, d’autant que son contenu est, pour l’époque, d’une rare obscénité.

L’éditeur français Olympia Press l’imprime en 1959. C’est donc là, en France, que paraît, ce qui sera son plus gros succès : "Le Festin nu". 

Après un débat houleux sur sa violence et sa soi-disant pornographie, "Naked Lunch" paraît aux Etats-Unis en 1962, mais il fera l’objet de longues luttes devant la justice et sera même condamné en 1965.

Ses romans suivants seront tout aussi provocateurs - sur la forme et sur le fond - comme notamment "La Machine Molle" [1961] ou "Le Ticket qui explosa" [1962]. Plus tard, l’écriture s’apaisera et deviendra franchement accessible avec "Les Garçons sauvages" [1971] ou le "Havre des Saints" [1973].

L’insoumis médaillé

A la même époque, l’odeur de souffre fait de BURROUGHS un auteur furieusement tendance et il est de bon goût dans les années 75 et suivantes d’apprécier « Le Festin Nu ». L’establishement français dispute l’auteur à l’intelligentsia new-yorkaise : lecture au Centre Pompidou en 1977 et médaille de l’ordre des Arts & Lettres en 1984 [version Jack LANG].

Installé au Kansas, à Lawrence, BURROUGHS commence à peindre et écrit une dernière trilogie : "Cités de la nuit écarlate" [1981], "Parage des voies mortes" [1987] et "Les Terres occidentales" [1987].

BURROUGHS, et c’est moins connu, est aussi un acteur : on l’a vu dans "Drugstore Cowboy" [1989], film de Gus VAN SANT, au côté de Matt DILLON, dans le rôle d’un vieil homme vêtu de noir habitant seul un appartement sans fenêtre [presque autobiographique comme rôle !]

Il fera également une apparition dans le film "Twister " en 1996. Il est cité comme une référence par des artistes rock comme David BOWIE, Lou REED et Patti SMITH. Il a collaboré avec Kurt COBAIN [le défunt leader de Nirvana], et la musicienne expérimentale Laurie ANDERSON. On l’aperçoit même dans un vidéo clip de U2.

William BURROUGHS est mort en 1997 à l’opposé de la façon dont il avait vécu : calmement, dans le silence, à l’hôpital de Lawrence, après un dernier ouvrage autobiographique.



- "Le Festin Nu" ["Naked Lunch", 1962]

Une bonne partie du texte aborde la dépendance de l’auteur vis à vis des drogues dures ce qui a choqué les esprits : nous sommes au tout début des années 60. [Pour sa défense, jamais BURROUGHS ne se fait l’apôtre de la drogue, mais il est vrai qu’il en décrit les bons côtés comme les mauvais.]

Expérimental dans la forme, le roman met de plus en application la technique du collage [The Cutup technique, créée par son ami, le peintre Bryon GYSIN], qui n’aide pas à sa lecture...

Violent, glauque, poétique parfois, mais d’une poésie sombre, rude, déconcertante... "Le Festin Nu" est sans doute l’un des plus grands textes sur la drogue et ses ravages. Indescriptible...

"Le Festin nu" a été adapté au cinéma par David CRONENBERG en 1992. Evitant le piège de la mise en image bête et méchante [de toutes façon quasi impossible dans ce cas], le réalisateur a réussi a capter l’essence des passages les plus marquants de l’œuvre, mêlée à des récits biographiques de l’auteur [sa vie à Tanger, la mort de Joan, la dépendance à la drogue].


- "Nova Express" ["Nova Express", 1964]

- "La Machine Molle" ["The Soft Machine", 1966]

- "Le Ticket qui explosa" ["The Ticket that Exploded", 1967]

- "Les garçons sauvages" ["The Wild Boys, a Book of Dead", 1969]


Mr.C