EN BREF

 
SYNDICATION


Suivez le Cafard cosmique sur Twitter

Devenez Fan du Cafard cosmique et suivez toute l’actualité du site sur Facebook

Flux RSS 2.0 : pour afficher toutes les nouveautés du site par syndication.

netvibes : cliquer ici pour ajouter le flux RSS à votre page netvibes.


 
 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AUX LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

 

D'AUTRES AUTEURS

A VOIR AUSSI


Inclassable Jacques Barbéri ? Sans aucun doute. Bouillonnant, décontracté, délirant, inventif, les qualificatifs manquent pour définir un auteur d’une grande originalité dans le paysage de la SF francophone. Au cours d’une carrière à éclipses, pendant laquelle il a touché à peu près à tout — romans, nouvelles, scenarii, traductions, musique — l’œuvre de Jacques Barbéri s’est construite progressivement, d’une manière finalement très cohérente. Irritante, amusante et bien plus profonde qu’elle n’y paraît, elle ne laissera personne indifférent.


VOYAGE EN HARD SCIENCE FANTASMÉE

En dépit de deux expériences traumatisantes – une naissance chaotique et le fameux épisode de l’araignée [1] –, Jacques Barbéri vit une enfance heureuse au sein d’une famille modeste, sa mère restant au foyer où elle effectue quelques travaux de couture et son père, d’abord tenancier de bar, reprenant ensuite une entreprise artisanale de peinture.
Saisi très tôt par le démon de la curiosité, il se passionne pour l’entomologie, la photographie, la préhistoire, l’archéologie, l’astronomie... Il lit aussi beaucoup, essentiellement des BD, comics, fumetti (bande-dessinées italiennes) et autres illustrés, lui tombant sous la main. Ses diverses activités lui permettent de nourrir des obsessions métaphysiques tenaces, lesquelles muent naturellement en questionnements existentiels. Vers l’âge de 12-13 ans, il attrape définitivement le virus de l’écriture en se frottant à une anthologie de poésie surréaliste et à Lautréamont. C’est décidé, son avenir est tracé. Il deviendra poète, activité moins contraignante que les différents métiers en rapport avec ses passions. Il noircit des cahiers entiers avec des poèmes et découvre ainsi la richesse de la langue française.
La passion pour la science-fiction lui vient un peu plus tard, par l’intermédiaire d’un choc visuel – le film 2001, l’odyssée de l’espace – et via la revue Fiction et le CLA auquel il s’abonne. C’est dans ces pages qu’il expérimente Philip K. Dick. Il dit avoir été marqué à vie par la lecture de Le Dieu venu du Centaure.
Sa première nouvelle « officielle », une short-story, paraît dans le fanzine Nyarlathotep vers 1974. Il découvre quelques exemplaires imprimés de cette revue amateur à la Convention européenne de Grenoble. Durant cette manifestation, il côtoie pour la première fois le milieu de l’édition. À cette occasion, il se lie d’amitié avec Henri-Luc Planchat, rencontre déterminante qui débouche sur la publication de plusieurs nouvelles au sommaire des anthologies dirigées par Planchat, notamment le recueil Dédale 1 chez Marabout, dans lequel on peut lire son premier texte professionnel : « Mort et transfiguration ».
Après cette entrée en matière, il végète quelque peu. Entre SF politique et tassement éditorial, la période ne lui semble pas propice. Rappelons qu’à cette époque Alain Dorémieux conseillait aux auteurs français d’aller cultiver des patates...
Nullement découragé, Jacques Barbéri poursuit ses études – il obtient un diplôme de dentiste, métier qu’il exercera quelque temps – et enchaîne les projets littéraires. Avec Guy Sardinoux, Philippe Sadzak et Alain Gidoin, il fonde le collectif Les Locataires. Avec la publication d’une poignée de nouvelles et de plaquettes autoéditées, la période reste toutefois au dilettantisme. Cela ne va pas durer.
En 1985, bénéficiant du soutien d’Elisabeth Gilles, son premier recueil paraît en Présence du futur. À bien des égards, Kosmokrim illustre parfaitement les pistes littéraire et stylistique qu’il souhaite explorer. Un florilège de textes expérimentaux, poétiques, faussement foutraques. Dans le même temps, il intègre le milieu de l’édition, comme lecteur d’abord, puis comme traducteur. Valerio Evangelisti, Luca Masali lui doivent beaucoup dans nos contrées.
En 1987, il participe au collectif Limite et fournit deux textes pour son recueil manifeste. Entre littérature générale et SF, cette première tentative de développement d’une littérature transfictionnelle provoque surtout une levée de boucliers chez les S-Feux, tout en faisant chou blanc du côté des tenants de la culture officielle.
En 1988 paraît son premier roman : Une soirée à la plage. Suivent Narcose, La Mémoire du crime et de nombreuses collaborations avec Emmanuel Jouanne (Rêve de chair dans la collection « Gore » pendant sa période Ruellan, une édition illustrée par Topor), Henri-Luc Planchat et Yves Ramonet (cette dernière sous le pseudonyme commun d’Oscar Valetti). Mais les temps ne sont pas propices à la SF en France et Jacques Barbéri traverse une nouvelle période creuse.
Durant ce second hiatus, suivant l’exemple de Joël Houssin, il se reconvertit dans l’écriture de scénarios pour la télé et le cinéma. Parallèlement, il s’implique dans la création musicale. Un temps membre du groupe Zone Rouge, il fonde en 1988 avec Philippe Perreaudin, Denis Frajeman et Philippe Masson, la formation Palo Alto. Leur collaboration débouche sur plusieurs albums, la création d’un label musical (Halte au Records !) et des concerts accompagnés de vidéos élaborées avec des artistes plasticiens.
En littérature, c’est un doux euphémisme de dire que l’auteur se fait rare. En dehors d’un épisode du Poulpe et de la parution de Le Crépuscule des chimères dans la collection « Imagine » dirigée par Jacques Chambon, pas grand chose à se mettre sous la dent. La renaissance de Barbéri passe en 2008 par les jeunes éditions de La Volte. Il semble bien que cette fois-ci, il ait trouvé la structure idéale pour déployer son imaginaire. Espérons que tout ceci ne reste pas le songe creux d’une tête molle.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


Une soirée à la plage
(éditions Denoël, collection « Présence du futur, » 1988)


Histoire parfaitement irracontable, tenant à la fois de l’expérimentation et de l’hallucination, Une soirée à la plage témoigne des diverses influences et thématiques d’un auteur encore débutant. Sous un titre faussement primesautier, ce premier roman de Jacques Barbéri acquitte sa dette à Philip K. Dick, période Le Dieu venu du Centaure, aux poètes surréalistes, à Isidore Ducasse et peut-être même à Ballard, celui de Vermilion sands.
Mondes gigognes, inclusions mémorielles, confusion temporelle jalonnent un récit torturé où l’auteur n’hésite pas à brouiller les cartes, remettant sans cesse en question la réalité. Au passage, il recycle quelques motifs classiques de la SF à papa, s’attache à la musicalité des mots, à l’étrangeté des images, conférant à l’ensemble une touche toute personnelle.
Bref, un premier roman d’un auteur qui depuis, notamment avec le cycle de Narcose, a tenu toutes ses promesses.

Guerre de rien
(éditions Denoël, collection « Présence du futur », 1990)


Après une attaque aussi imprévisible que destructrice menée par des I.A. Traîtresses, Bor Durin plonge en stase, espérant l’arrivée des secours. Il se réveille sept années plus tard. La guerre est terminée, bouleversant irrémédiablement la configuration du monde. Désormais, les survivants se partagent entre non-adaptés, des humains parfois (souvent) marqués dans leur chair par le conflit, et les adaptés, des mutants à qui l’avenir appartient.
On peut affirmer sans crainte que Guerre de rien ne fait pas partie des romans incontournables de l’auteur. Destiné à l’origine pour la collection dirigée par Joël Houssin aux éditions Siry, le titre joue avec les ressorts des textes post-apocalyptiques. Bâti autour d’une intrigue linéaire, sans véritable surprise, le roman recèle toutefois de belles visions baroques, à l’instar de ces montagnes vivantes composées de corps enchevêtrés. Toute réflexion faite, Guerre de rien offre un arrière-goût de Serge Brussolo, auteur auquel on a souvent comparé à tort Barbéri.

Carcinoma tango
(...Car rien n’a d’importance, 1993)


Second recueil de l’auteur, Carcinoma tango rassemble à la fois inédits et rééditions. Préfacé par Richard Comballot, l’ouvrage paraît au terme d’une période prolifique. Trois nouvelles – les meilleures – ont été depuis reprises dans le recueil L’Homme qui parlait aux araignées. Pour information, il s’agit de « Mystérieuses chrysalides », du narcosien « Les Cocktails d’étoiles du bar à Blair » et de « La Stratosphère considérée comme l’enceinte-femme de nouveaux-nés prématurés », au titre très surréaliste, l’histoire ne l’étant pas moins. Restent trois textes que l’on qualifiera de bizarres à défaut d’un terme plus adéquat. D’abord « Max Brugnon joue et gagne », une short story tenant davantage de la pochade qu’autre chose et pouvant se lire comme un brouillon du roman Guerre de rien. Puis, « Cadavre-express », court récit apparaissant comme un délire un peu vain. Enfin, « La Ballade du chevalier errant », texte paru auparavant dans l’anthologie Dédale 2 dirigée par Henri-Luc Planchat, conclut le recueil de manière plus convaincante, même s’il peut laisser perplexe de nombreux lecteurs. Bref, Carcinoma tango est un ouvrage à réserver aux fans les plus acharnés de Barbéri.

Le Dernier elfe (Albin-Michel Jeunesse, collection « Wiz », 2005) et Le Dernier orc (Albin-Michel-Jeunesse, collection « Wiz », 2008) de Silvana De Mari.

Parmi la petite dizaine de traductions de l’italien réalisées par Jacques Barbéri, la littérature pour la jeunesse occupe une place de choix. Il a en particulier traduit le diptyque de fantasy justement multiprimé de Silvana de Mari, Le Dernier Elfe et Le Dernier Orc. Dans un univers gris battu par des pluies incessantes, Yorsh, personnage naïf et attachant, est le dernier représentant d’une lignée détruite par les hommes. Accompagné d’un homme et d’une femme au mépris des lois, il part à la recherche du dernier dragon, afin d’accomplir une prophétie qui doit rétablir l’espoir dans un monde où il est absent. Rankstrail, héros du Dernier Orc, mercenaire parti de rien et devenu capitaine par sa force morale et son intelligence défend les terres des hommes face aux invasions des Orcs. Mais sa rencontre avec le lumineux Yorsh le poussera à s’interroger sur le sens de ses missions. Deux magnifiques romans, dont Barbéri a su rendre palpable la richesse, la poésie et la sensibilité.



Lire la critique

COMMANDER

Le Tueur venu du Centaure, de Jacques Barbéri

Le Tueur venu du Centaure marque le grand retour de Jacques Barbéri sur la scène SF. D’abord parce qu’il s’agit de son premier roman inédit depuis Le Crépuscule des chimères (publié il y a près de sept ans déjà), ensuite parce qu’il prolonge de manière magistrale l’univers bâti dans plusieurs de ses œuvres précédentes (Narcose et La Mémoire du crime notamment) pour accoucher d’un monde à la richesse peu commune.

 

Lire la critique

COMMANDER

La mémoire du crime de Jacques Barberi

Où l’on retrouve Jacques Barbéri dans le deuxième volet de son univers de Narcose (volet, il est utile de le préciser, totalement indépendant du premier), toujours armé de son sens de l’humour et de sa décontraction tout personnelle...
Vous reprendrez bien un petit verre de scotch-benzédrine ?

 

Lire la critique

COMMANDER

Narcose de Jacques Barbéri

La Volte, petite maison d’édition qui nous a habitué ces dernières années à des ouvrages très peu consensuels, s’illustre une nouvelle fois dans le hors norme. Vous aimez lire des textes bizarres et faire des expériences textuelles étranges ? Vous appréciez la démesure, les intrigues qui semblent totalement en roue libre et demeurent pourtant paradoxalement maîtrisées et cohérentes de bout en bout ? Vous allez être comblé avec Jacques Barbéri. Deux de ses ouvrages sont publiés conjointement : un recueil de vingt-et-une nouvelles, L’homme qui parlait aux araignées, et la réédition augmentée de son roman Narcose. Deux raisons d’effectuer sans retenue un plongeon au cœur de l’imaginaire obsessionnel et organique de l’auteur français.

 

Lire la critique

L’homme qui parlait aux araignées de Jacques Barbéri

L’année 2008 avait sonné le grand retour de Jacques Barbéri. Parallèlement à la réédition de Narcose, La Volte regroupait au sein de L’homme qui parlait aux araignées un florilège de ses meilleures nouvelles. Une belle occasion de découvrir toute la richesse des mondes oniriques orchestrés par l’auteur.

 

Lire la critique

COMMANDER

Le crépuscule des chimères de Jacques Barbéri

Ils s’appellent Anjel et Daren. Jumeaux par le sang, il diffèrent pourtant sur bien des points. Le mystère entourant leur naissance, un traumatisme non résolu pour eux deux, détermine leur avenir, tel un cercle vicieux. Lové dans leur passé, un secret n’attend que le moment propice pour resurgir.
« Nos vrais parents sont d’une autre nature, d’une autre puissance. Et nous sommes nous aussi d’une autre nature, d’une autre puissance. Nous ne pouvons rien faire d’autre que de l’exprimer. » scande Daren après avoir égorgé leurs parents adoptifs. Crime libérateur ou crime fondateur ? Daren est interné chez les fous pendant qu’Anjel se consacre à la dissection des cadavres dans une morgue, tout en sombrant dans l’alcoolisme.

 

Ubik


NOTES

[1] L’épisode est relaté dans l’interview de l’auteur, consultable dans le Bifrost n°37