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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par PAT
Curieusement publié [mais inscrite dans une certaine continuité] au sein de la collection policière La Noire [Gallimard], « Berceuse » est une sorte de road-movie mis sur papier, entrecroisé de flash-back et de digressions variées.
On y retrouve le style propre à l’auteur, et cette narration non-linéaire décalée, broyée et déroutante, qui reste malgré tout d’une grande lisibilité. Après la relative déception de « Monstres invisibles », PALAHNIUK nous revient au sommet de sa forme, dans un roman à la fois terrifiant et hilarant, véritable marque de fabrique déclinée au fil de ses livres.
« Berceuse » tourne autour d’un vieux conte africain, une berceuse apaisante qui a le pouvoir de faire mourir ceux qui l’entendent. Alors qu’il enquête sur le syndrome de la mort subite du nourrisson, Carl Streator [journaliste traumatisé par la mort de son épouse et de sa fille] prend connaissance de ce sinistre sortilège, tout en réalisant qu’il suffit parfois de le penser pour voir une victime rouler des yeux et s’écrouler.
Transformé en serial killer involontaire, Streator s’embarque dans une odyssée rocambolesque à travers les Etats-Unis, histoire de récupérer et de détruire toutes les pages 27 du livre qui contient la berceuse tueuse.
Avec lui, on trouve une propriétaire d’agence immobilière spécialisée dans la vente [lucrative] de maisons hantées, sa secrétaire apprentie sorcière [et insupportable] et son copain écolo radical.
De scènes délirantes en révélations autoflagellantes, tous trois réalisent peu à peu que leur quête les mène droit vers le fameux Livre des Sorcières, grimoire maudit renfermant l’intégrale des sorts du monde entier, pour le plus grand malheur de l’Humanité. Dès lors, la tentation du pouvoir pervertit quelque peu les ambitions pures et l’altruisme innocent du début...
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Comme on s’en doute [et comme d’habitude], l’intrigue n’est que le prétexte dont se sert PALAHNIUK pour aligner des remarques sardoniques, parfois sordides, mais toujours percutantes sur l’humanité. De la nécrophilie la plus glauque à l’humour le plus débridé en passant par des scènes d’une rare émotion [tout arrive], « Berceuse » est un roman majeur, à part, lumineux et absolument inclassable. Polar fantastico-ésotérico-réaliste, ce texte est tout simplement l’un des meilleurs de PALAHNIUK. De quoi patienter en attendant la traduction prochaine de « Diary », dernier opus en date. |
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