Pour dresser un premier bilan de l’année 2007, et obtenir quelques scoops sur les meilleurs bouquins à venir en 2008, le Cafard cosmique a soumis à la question les principaux éditeurs de science-fiction, de fantasy et de fantastique. Nous leur avons posé les trois questions désormais rituelles :

  • Quels sont les succès et les échecs de 2007 dans la/les collection[s] que vous dirigez ?
  • Quels sont vos meilleurs souvenirs de lecture de l’année écoulée, tous éditeurs confondus ?
  • Quels sont les livres que vous souhaitez soutenir en 2008 ?

Voici leurs réponses...


LES EDITEURS ONT LA PAROLE


Editions Ailleurs & Demain et Le Livre de Poche chez Robert Laffont : Gérard KLEIN

  • Votre bilan 2007 ?
    Principal échec, Les Chasseurs de Dune, dont nous attendions au moins cinq cent mille exemplaires et dont nous n’avons guère fait que vingt mille. On se rattrapera l’an prochain avec Les Vers Géants de Dune qui tapera le million d’exemplaires. Au minimum et pour commencer.
    Principal succès, Ombres sur le Nil, d’Edward WHITTEMORE qui devrait friser les mille exemplaires vers la fin du siècle, selon mes calculs. Ou peut-être du millénaire. Il y a une certaine incertitude car, comme écrivait justement Niels BOHR, la prévision est un art difficile, surtout quand il porte sur l’avenir.
    LE PUBLIC A TOUJOURS RAISON.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    Les Démons de Gödel, de Pierre CASSOU-NOGUES, Science ouverte, Le Seuil. L’auteur n’hésite pas à utiliser le terme obscène de s...-f... à plusieurs reprises.
    Sa témérité frise le courage.
    Et aussi le gros bouquin de Roger PENROSE, À la découverte de l’univers, Odile Jacob. Mais attention, il faut impérativement un Q.I. de 182 pour l’aborder. En dessous, il serait dangereux de se pencher dessus au risque de tomber dans un trou noir intellectuel. Sans rémission. Ni indemnités.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Le quatrième et dernier WHITTEMORE, Les Murailles de Jéricho,
    Lothar blues, de Philippe CURVAL, La Vie et son secret, de Paul McAULEY Eifelheim, de Michael FLYNN mais pas Les Vers de Dune, il n’en a pas besoin car :
    LE PUBLIC A TOUJOURS RAISON.

Editions Le Bélial’ : Olivier GIRARD

  • Votre bilan 2007 ?
    Concernant le Bélial’, il n’y pas réellement eu de « succès » à proprement parlé. Il n’y a pas eu, par exemple, un bouquin comme La Nef des fous de Richard Paul RUSSO en 2006, c’est-à-dire un livre qui, en cinq mois, claque 4000 ventes retours déduits. Ceci étant, l’année 2007, même si elle n’est pas tout à fait achevée au moment ou j’écris ces lignes, a plutôt été une bonne année pour le Bélial’. Pour parler concrètement, à la fin novembre 2006, nous avions vendu 10568 volumes sur l’année. Un an plus tard, fin novembre 2007, nous en étions à 13800 [chiffres hors VPC, cette dernière représentant environ 2500 volumes], soit une progression de plus de 3000 volumes sans locomotive. Ce qui signifie que le fonds a davantage tourné que les années précédentes. Le travail mené depuis longtemps déjà aux éditions du Bélial’ commence à payer, et c’est tant mieux.
    Enfin, faute de locomotive, nous avons eu pas mal de bouquins qui ont fait des chiffres honorables, à savoir entre 1500 et 2500 exemplaires, comme La Paille dans l’œil de dieu de Larry NIVEN et POURNELLE, Le Patrouilleur du temps de Poul ANDERSON, ou encore Le Cimetière des Saints de R. P. RUSSO. Sans parler de Radieux, le second volet de notre intégrale des nouvelles de Greg EGAN qui, pour l’heure, démarre encore mieux qu’Axiomatique. Et j’espère bien que ces chiffres vont se confirmer sur l’année 2008, puisque bon nombre des bouquins les plus « porteurs » de 2007 au Bélial’ sont sortis sur le second semestre ; les livres concernés devraient donc avoir encore une bel avenir sur les mois prochains.
    Enfin, autre satisfaction cette année, la seconde vie du recueil Aztechs de Lucius SHEPARD qui, en grande partie grâce au Grand Prix de l’Imaginaire, s’est vendu à près de 500 exemplaires cette année, ce qui nous permet d’envisager un total de 1400 ventes ou presque sur toute l’exploitation du livre en grand format. Ça semble pas terrible, dit comme ça, mais franchement, sur le papier, avant la sortie du bouquin, si on m’avait dit 1200 ventes j’aurais signé de suite ! Reste à voir comment se comportera Louisiana Breakdown, le roman de SHEPARD paru il y a quelques semaines... [Ça s’annonce pas terrible.]

    Comme souvent et malheureusement, les déceptions sont à chercher du côté des auteurs francophones, au premier rang desquelles Le Trône d’ébène de Thomas DAY, avec pour l’heure 1100 ventes mais les retours ne sont pas encore terminés [on devrait plafonner autour des 1000 exemplaires], et Les Trois reliques d’Orvil Fisher de Thierry DI ROLLO [on finira à 700 ventes]. C’est décevant, j’apprécie beaucoup ces deux livres mais ça ne décolle pas. La frustration est plus importante sur le DAY, car il me semblait que ce livre possédait un réel potentiel commercial ; mais il faut se résoudre à l’évidence : le lectorat français se contrefout des histoires africaines - pas assez d’elfe en Afrique, c’est sûr...

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    J’ai pas mal de bons souvenirs de lecture sur cette année. Pas véritablement de claque, mais de très bons moments [heureusement !!]. Ceci étant, plus qu’un bouquin ou l’autre, ce qui m’a beaucoup séduit ces derniers mois, c’est la politique éditoriale menée par Sébastien GUILLOT dans la collection « Interstices » des éditions Calmann-Lévy. Je n’ai pas tout lu. Et je n’y ai pas trouvé de vraie révélation. Mais tous les titres publiés, globalement, m’intéressent. C’est une politique courageuse très justement récompensée par le succès des Mille et une vies de Billy Milligan de Daniel KEYES, et c’est tant mieux.
    Plus spécifiquement dans nos domaines, j’ai bien évidemment lu l’autre phénomène de ventes de l’année, Spin de Robert Charles WILSON chez Denoël / Lunes d’encre. C’est un très bon bouquin de SF, même si je m’explique mal le remarquable succès qu’il rencontre [je veux dire : pourquoi ce WILSON plutôt qu’un autre, d’autant que je ne considère pas Spin comme le meilleur roman de l’auteur ?]. Reste que nous sommes néanmoins en présence d’une SF exigeante et de qualité, et constater qu’un tel bouquin, en grand format et assez cher [25 euros tout de même] puisse vendre dans les 15 000 exemplaires a quelque chose de rassurant pour toute la profession. Au-delà, finalement, le bouquin qui m’a le plus marqué cette année est Evolution de Stephen BAXTER [cet auteur est définitivement stupéfiant] aux Presses de la Cité, un livre énorme d’une érudition à tomber, d’une totale accessibilité et d’une inventivité qui laisse sur le cul. Franchement, ce livre est phénoménal.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Les miens !
    2008 va être une année importante pour le Bélial’. Nous changeons de distribution et de diffusion [quittant Les Belles Lettres pour arriver au CDE/Sodis]. Nous débarquons dans une très grosse structure, dotée de plusieurs équipes de représentants, d’une diffusion à l’export, ce que nous n’avons jamais connu, avec la possibilité de mises en places massives en librairies pour les nouveautés, etc. C’est pour nous une révolution [je pèse mes mots]. Nous allons gérer ça le plus tranquillement possible, en gardant toujours à l’esprit de ne pas publier trop de livres, de rester fidèles à nous même, à nos choix d’exigences et à nos auteurs.

    Pour les lecteurs, le premier changement concret c’est le fait que nous n’allons pas publier de livres pendant 3 mois. En effet, le dernier bouquin que nous sortons avec Les Belles Lettres sera le Bifrost spécial SILVERBERG [le n°49], en janvier. Puis plus rien jusqu’en mai, mois de notre arrivée au CDE/Sodis [cette absence se sortie entre février et avril a pour but de limiter les retours, qui sont quasi inévitables lors d’un changement de diffusion/distribution]. Là, nous repartirons avec 2 bouquins par mois pendant quelques temps, histoire de rattraper le retard. A commencer donc, en mai, par le Bifrost n° 50 [un spécial Tim POWERS qui sera disponible pour les abonnés dès avril] et Le Grand Livre de Mars de Leight BRACKETT, un gros volume omnibus réunissant pour la première fois L’Epée de Rhiannon, Le Secret de Sinharat, Le Peuple du Talisman et le recueil Les Terriens arrivent en un seul et unique volet, le tout dans des traductions totalement revues par Pierre-Paul Durastanti et enrichi de pas mal de paratextes autour de la scénariste de L’Empire contre-attaque.

    On poursuivra en juin avec Mémoria, un roman qui signera le grand retour de Laurent GENEFORT à la science-fiction, et avec La Rançon du temps, le tome 3 inédit du cycle de La Patrouille du temps de Poul ANDERSON.
    Les deux mois les plus lourds de l’année, en terme d’enjeux commerciaux [outre mai, bien sûr, date de notre arrivée à la Sodis], seront septembre et novembre. Sur septembre, nous sortirons L’Accroissement mathématique du plaisir, très gros, très attendu et très retardé recueil de Catherine DUFOUR, et Raft [le titre VF n’est pas encore déterminé], premier volet [sur cinq !] des Xeelee, magistral cycle SF du britannique Stephen BAXTER.
    En novembre, ce sera Le Petit cabaret des morts, le nouveau roman de Francis BERTHELOT, et L’Enfant-Guerre de Karin LOWACHEE. Ce dernier titre est un premier et fort gros roman d’une jeune auteure américaine, lauréat du prix Warner, un magnifique space opera assez brutal qui n’est pas sans évoquer les meilleures pages de La Stratégie Ender d’Orson Scott CARD. C’est un pari important pour le Bélial’ : un auteur inconnu et une grosse traduction...

    Bref et pour résumer : tout change et rien de ne change. Des auteurs français, des traductions, des inédits et des rééditions complétées, le tout saupoudré de quatre numéros de Bifrost bien chargés. L’essence même du Bélial’, en somme, et ce depuis pas mal d’années maintenant, avec cette seule différence d’une diffusion bien meilleure, donc d’une accessibilité des nos livres accrue. Rendez-vous dans un an pour le bilan !

Editions Baleine / Club Van Helsing : Xavier MAUMÉJEAN

  • Votre bilan 2007 ?
    Concernant le Club Van Helsing, je dirai que le succès est celui de la collection elle-même. Pour moi il s’agit d’une série, et à ce titre je soutiens les romans non pas pris isolément, mais en bloc. Après, je peux avoir mes préférences, mais c’est un avis partiel et partial. Quant aux échecs, ce sont les auteurs que je n’ai pas su convaincre de participer. Mais je ne m’en prends qu’à moi-même.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    En premier lieu, Les 1001 vies de Billy Milligan, le roman-enquête de Daniel KEYES paru dans la colection Interstices. Simplement parce qu’il s’agit d’une histoire proprement incroyable et parfaitement authentique. Et dans la foulée Les démons de Gödel, l’essai de Pierre CASSOU-NOGUES paru au Seuil. L’auteur montre que la folie du grand logicien n’est pas consécutive à une trop grande sollicitation de sa raison, ce qui serait rassurant, genre martyr de la science qui passe de profit à perte, mais que ce délire est un élément fondateur du théorème d’incomplétude. Gödel croyait en Satan et les lutins, à une conspiration de l’univers contre les savants qui risquaient de s’approcher de la Vérité, l’intelligence cosmique s’arrangeant pour les tuer, que pour lui les nombres étaient des corps d’anges desséchés - littéralement et sans aucune métaphore, et à côté de cela il révolutionnait la logique. Dans les deux cas, Billy Miligan et Kurt Gödel, on assiste à une construction mentale parfaitement ordonnée, qui permet au sujet d’évoluer sans trop de casse, c’est absolument fascinant. Deux livres qui ne sont pas simplement un bon moment de lecture, mais des tournants dans la vie d’un lecteur.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    De confiance A deux pas du néant, le Tim POWERS, à paraître en janvier chez Lunes d’Encre. Et puis il y aura Royaumes Perdus, la collection Fantasy chez Mango, dont les premiers titres sont sortis fin septembre. Je suis très heureux de lancer cette collection qui me paraît être originale, dans la mesure où elle propose une approche inédite du genre. Certes, il existe des romans qui évoquent une histoire mythique, mais sauf erreur de ma part aucune collection qui trouve sa raison d’être dans une relecture systématique de l’imaginaire mondial.

Editions Calmann Levy / Interstices et Fantasy : Sébastien GUILLOT

  • Votre bilan 2007 ?
    LA meilleure vente des collections que je dirige revient sans conteste aux 1001 vies de Billy Milligan de Daniel KEYES [dans la collection Interstices], qui approchent tranquillement des 20 000 exemplaires vendus - merci Xavier ! ; beaux succès également, en fantasy, de Château d’ombre de Tad WILLIAMS. Début timide en revanche des Jardins de la Lune [Le Livre Malazéen des Glorieux Défunts, tome 1] de Steven ERIKSON, mais sans grande surprise, ce livre ayant déjà été publié récemment - on pourra en tirer de réelles conclusions au 2ème tome de cette extraordinaire série, Les Portes de la Maison des morts, à paraître en mars prochain.
    Petites déceptions pour L’oiseau impossible de Patrick O’LEARY, sans doute trop connoté SF pour Interstices, et Caliban de Tad WILLIAMS, qui se situe au niveau des ventes moyennes de la collection « Poussière d’étoiles » alors que j’en attendais forcément mieux.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    Ma claque de l’année reste Le Quatuor de Jerusalem d’Edward WHITTEMORE, que j’avais commencé en VO et que j’ai poursuivi dans l’excellente traduction de Jean-Daniel Brèque. Puis L’autre rive de G-O CHATEAUREYNAUD, Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran FOER, et Un Homme de Philip ROTH. Je viens de commencer la série Les Univers multiples de Stephen BAXTER, que je lis avec beaucoup de plaisir.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Pour "Interstices", outre La Voix du feu d’Alan MOORE qui fait partie de mes quelques fiertés d’éditeur, nous allons ouvrir la collection aux auteurs francophones, ce qui constitue un réel défi pour moi - début des hostilités en avril prochain, avec Un pour deux de Martin WINCKLER, premier tome d’une trilogie rendant hommage aux littératures de genre. En fantasy, outre la suite des séries en cours de Tad WILLIAMS et de Steven ERIKSON, deux titres me tiennent particulièrement à coeur : Elantris, premier roman de Brandon SANDERSON qui doit, je l’espère, sortir en mai prochain [ou quand la high fantasy rencontre l’univers des zombies], et Sworspoint d’Ellen KUSHNER, un roman de cape et d’épée foisonnant et d’un rare intelligence.

Editions Denoël / Lunes d’Encre : Gilles DUMAY

  • Votre bilan 2007 ?
    On peut partir du principe, sans exagérer, que tous les titres de 2007 jusqu’à septembre sont des échecs à l’exception de Spin de R.C. WILSON [11811 ex. vendus après retours au 30/11/2007 et des ventes d’environ 1000 au mois] et La Fille dans le verre de Jeffrey FORD [2362 ex après retours ; résultat plutôt encourageant, car c’était le premier titre de l’auteur en Lunes d’encre ; je devrais remettre le couvert sans trop me faire tirer l’oreille.]
    Pour Spin, on devrait péter les 15 000 ventes nettes après 12 mois d’exploitation en février 2008 si ça continue à peu près au même rythme ; mes commerciaux ont l’air assez sûrs d’eux. Ce titre ressortira en poche début 2010 dans la collection Folio-SF.
    Voici les autres ventes de la collection Lunes d’encre [jusqu’à juin 2007] : L’âge des lumières : 1651 ex. après retours [sauf miracle, la carrière de Ian R. MacLEOD s’arrête là en Lunes d’encre].
    Les Chroniques de Durdane : 2018 ex. après retours. Décevant.
    L’homme démoli / Terminus les étoiles de Alfred BESTER : 1969 ex. après retours. Décevant. Insuffisant.
    Kane 1/3 de Karl E. WAGNER : 1691 ex. après retours. Un désastre. Le deuxième est dans les tuyaux. Je ferai mon maximum pour que le troisième et dernier volume paraisse.

    Pour ce qui est paru après septembre 2007, on ne peut rien dire, c’est trop tôt. Je remarque juste que la réception critique des Leçons du monde fluctuant de Jérôme NOIREZ a été large et variée et que L’Enigme du cadran solaire de Mary GENTLE démarre bien en terme de réassorts.
    2007 a été une excellente année pour Lunes d’encre, exceptionnelle [je doute qu’on refasse aussi bien avant longtemps], mais il suffit d’enlever un titre - Spin - pour peu ou prou fermer boutique. C’est la loi du genre, mais toujours aussi difficile à avaler. 2006 avait été plus régulière avec quatre titres rentables avant cession : Fondation, Fondation Foudroyée, La Tour de Babylone, L’ombre du bourreau 1.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    J’ai lu beaucoup de choses qui n’ont rien à voir avec l’imaginaire en 2007 [notamment un mètre cube de documentation sur la C.I.A, les yakusas et l’extrême droite japonaise]. Sur ce que j’ai lu en fiction, j’ai vraiment apprécié Tropique de la nuit de Michael GRUBER qui, dans le genre thriller à l’américaine, est parfait ou presque. Louisiana Breakdown de Lucius SHEPARD m’a bien plu. J’ai lu beaucoup de nouvelles de Paolo BACIGALUPI, Kelly LINK, Gregory FROST, Ian MacDONALD. J’ai aussi lu un énorme manuscrit français, un premier roman, que j’aimerais publier en deux volumes de 6 ou 700 pages [hé oui !], mais qui nécessite un retravail certain. Je reçois de plus en plus de manuscrits intéressants. Je ne me plains pas, bien au contraire ; je regrette juste de ne pas avoir plus de temps pour les manuscrits arrivés par la poste.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Tous ceux que je publie !
    J’espère que le lectorat français réservera à Hal DUNCAN, Kelly LINK et Norbert MERJAGNAN le succès qu’ils méritent. Pour le reste, Tim POWERS, J.G. BALLARD, Robert Charles WILSON, Roger ZELAZNY, le lectorat connaît. Je vois à peu près où je vais. L’énigme, c’est vraiment le recueil de Kelly LINK, je suis en train d’en lire l’excellente traduction de Michelle Charrier et je me dis que ça va être « tout ou rien ».

Editions Fleuve Noir / Rendez-vous Ailleurs et Pocket SF : Bénédicte LOMBARDO

  • Votre bilan 2007 ?
    Pocket SF a fêté ses trente ans cette année et ce fut l’occasion de remettre en avant des titres du fond mais aussi deux grosses nouveautés : Ilium de Dan SIMMONS et Le Dernier Magicien de Megan LINDHOLM. C’est encore un peu tôt pour tirer des conclusions mais les deux titres ont très bien démarré.
    En grand format, jolie réussite pour Temps de Stephen BAXTER mais je suis tout de même déçue car j’en attendais vraiment beaucoup et je me rends compte que le public SF-hard SF est tout de même assez limité. Amis cafards, comptez-vous !
    La Roue du Temps a suscité un engouement prévisible mais raisonnable, reprendre au tome 13 était malgré tout une gageure...

    Ma grosse déception, c’est Zoulou Kingdom de Christophe LAMBERT. Je savais que le sujet était surprenant, surtout pour les lecteurs habituels de Christophe qui l’attendent en SF de prospective mais là, je suis vraiment abasourdie... Tof, tu vas les décoiffer l’année prochaine !

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    Je n’ai pas de souvenir vraiment marquant. J’ai eu de bonnes lectures comme Eleanor Rigby de Douglas COUPLAND au Diable Vauvert ou mieux encore Hey Nostradamus du même auteur en réédition chez 10/18. Ou encore Rêves de garçon de Laura KASISHKE chez Christian Bourgois. Et un petit bijou chez Joëlle Losfeld, Amours défendues d’Alissa YORK.
    Côté genre, j’ai beaucoup aimé Spin de RC WILSON, L’Oiseau impossible de Patrick O’LEARY, Glyphes de Paul McCAULEY mais rien qui m’ait vraiment retournée.
    Si, Billy Milligan, mais je l’avais lu en VO il y a un moment car je suis totalement fascinée par les dédoublements de personnalité et tout ce qui touche aux problèmes mentaux. Mon dada, en quelque sorte...

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Comme chaque année, j’ai dix ou onze titres en grand format au Fleuve Noir, donc je suis très attentive à l’accueil de tous mes livres. Alors, bien sûr, on a des enjeux différents sur les suites de série [La Roue du Temps par exemple, deux volumes par an] que sur les nouveautés ou encore les nouveaux auteurs au catalogue. Deux auteurs seront « lancés » en 2008 : Jean-Louis FETJAINE avec Lliane, une sorte de préquelle à sa trilogie chez Pocket SF qui, à l’occasion, sera d’ailleurs publiée en un seul volume.
    Le second auteur est une australienne, Karen MILLER, dont je publie le premier volet d’un dyptique de fantasy, Le Mage du Roi. Ni épique, ni arthurien, il s’agit d’un roman d’initiation enlevé et drôle axé sur des intrigues de cour.
    Et puis, j’attends aussi avec impatience le prochain roman de Christophe LAMBERT, celui de China MIÉVILLE [Iron Council en novembre] et enfin, le retour de Neal ASHER avec Cowl [titre VO] au mois de juin [A signaler que L’Ecorcheur sort chez Pocket avec une couverture de SF trash, histoire de bouger un peu les lecteurs qui sont passés à côté de cet auteur !]

Editions Folio SF : Pascal GODBILLON

  • Votre bilan 2007 ?
    Le gros succès de l’année est, bien sûr, celui de La Horde du Contrevent d’Alain DAMASIO. Et il y a fort à parier que cela continuera en 2008.
    Les Chronolithes de Robert Charles WILSON n’est sorti que très récemment, mais il semble qu’il démarre plutôt fort.
    Ensuite, les classiques se sont très bien défendus, notamment L’oreille interne de Robert SILVERBERG et Les amants étrangers de Philip José FARMER. Et, même s’il est encore un peu tôt pour l’affirmer au moment où j’écris ces lignes, il est plus que probable que Je suis une légende de Richard MATHESON se hissera parmi les meilleures ventes de la collection, grâce au film avec Will Smith.

    Pas vraiment d’échecs, mais plutôt des déceptions, avec notamment les deux trilogies de fantasy que nous avons publiées cette année : La guerre des cygnes de Sean RUSSELL et Le cycle de Darwath de Barbara HAMBLY, qui se sont vendues correctement mais auraient mérité de meilleurs résultats, je crois. Ainsi que la trilogie de Ceux de la légion de WILLIAMSON, maintenant que j’y pense. Peut-être avons-nous un problème pour vendre les trilogies ?! Je ne le crois pas, mais la coïncidence est troublante.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    Fournaise de James Patrick KELLY et Janua Vera de Jean-Philippe JAWORSKI aux Moutons électriques. Spin de Robert C. WILSON et Le royaume blessé de Laurent KLOETZER [que je n’ai lu que cette année] chez Denoël Lunes d’encre. L’ensorceleuse d’Elisabeth HAND, chez Denoël pas Lunes d’encre. Le trône d’ébène de Thomas DAY au Bélial’. Unica d’Elise FONTENAILLE chez Stock. La zone du dehors d’Alain DAMASIO à La Volte. Et sans doute d’autres, que j’oublie... Plutôt une bonne année de lectures, en ce qui me concerne, et je suis loin d’avoir tout lu !

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Tous, bien sûr ! Maintenant, il est évident que certains sortiront du lot de manière plus... évidente ? Par eux-mêmes, en tout cas. Ce sera sans doute le cas des inédits : Ange mémoire [Memory Wire] de Robert C. WILSON, son deuxième roman, resté inédit en France jusqu’à ce jour, et qui fera l’objet d’une parution simultanée avec un bel omnibus de l’auteur en Lunes d’encre ; et Dans la dèche au Royaume Enchanté [Down and Out in the Magic Kingdom] de Cory DOCTOROW, très attendu par les connaisseurs de l’auteur, apparemment.
    Je compte beaucoup sur la reprise de la série Vlad Taltos initialement parue chez Mnémos. Un mélange détonant de fantasy et de roman noir à la Hammett. Le premier tome, Jhereg sortira en février. A noter que ce sera le numéro 300 de la collection Folio SF. Déjà !

    Il y a aussi un beau roman dont la suite paraîtra au même moment chez Mnémos, Le royaume de l’été de James A. HETLEY.
    Et puis deux Jack VANCE, deux Robert HEINLEIN [dont Révolte sur la Lune], les deux premiers tomes de la trilogie de l’Elévation de David BRIN, dont le troisième est déjà en Folio SF. D’autres bouquins merveilleux comme La séparation de Christopher PRIEST ou Meddik de Thierry DI ROLLO, parallèlement à la parution de son premier polar chez Denoël, et... Bref, plein de bonnes choses, je crois. Toutes à défendre. A vous de me dire.

Editions Le Livre de Poche Fantasy : Audrey PETIT

  • Votre bilan 2007 ?
    2007 était l’année du lancement de la collection. Par ses ventes, sa visibilité en librairie et son accueil critique, le lancement a été réussi. La collection est désormais implantée, identifiée et comporte de jolis succès, comme L’Amulette de Samarcande de J. STROUD ou le très fort roman de M. LINDHOLM, Le Dieu dans l’ombre, sans oublier les cycles de J.V. JONES et de D. DUNCAN. Jolie surprise également pour Le Chevalier de G. WOLFE. A signaler aussi les rééditions du fonds particulièrement bien accueillies [Bilbo de J.R.R. TOLKIEN, Les Dames du lac de M.Z. BRADLEY ou le Cycle de Pendragon de S. LAWHEAD].
    Déception en revanche du côté de certains titres plus éloignés de la fantasy traditionnelle, comme Un visage pour l’éternité de C.S. LEWIS ou le Reine de Mémoire de E. VONARBURG.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    • Blonde de J.C. OATES, une biographie romancée de Marilyn Monroe plus vraie que nature, ou le mélange détonant de l’intelligence et de l’émotion. Un excellent OATES.
    • La bande dessinée Moomin et les brigands, parue aux éditions Le petit Lézard. Des leçons de choses à chaque page.
    • La Bibliothèque, la nuit d’Alberto MANGUEL, pour tout savoir sur les bibliothèques du monde et d’ailleurs, et surtout pour apprendre à ranger la sienne de 57 façons différentes [dont aucune parfaite, évidemment].
    • Le Access Guide to the Town de Twin Peaks, offert par Xavier MAUMÉJEAN. Indispensable quand on n’a comme moi absolument aucun recul avec la série, le film et tout LYNCH en général. Parmi bien des merveilles, on y trouve des cartes, une petite note du maire, les schémas des scies à bois de l’usine Packard, des explications très détaillées sur les animaux de la forêt et les différentes espèces de truites, et... des recettes de tartes ainsi que les 36 façons d’accommoder le doughnut... Un must.
  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Il y a ceux qui n’ont pas besoin d’être soutenus, mais que je suis heureuse de voir paraître, comme le magnifique Abarat de C. BARKER [l’édition poche conservera les illustrations couleurs], la suite de la série d’Avalon de M.Z. BRADLEY ou les remises en vente de L’Histoire sans fin de M. ENDE et d’Excalibur de T.H. WHITE.
    Et puis il y a les débuts de cycles beaux et bons à ne pas manquer : les Rois Navigateurs de G. KILWORTH, Blanche Neige et les lance-missiles de C. DUFOUR, Les Guerriers de l’éternité de J.C. WRIGHT, sans oublier La Fiancée du dieu rat de B. HAMBLY. Entre autres. De quoi se mettre un peu de fantasy sous la dent.

Editions Mnémos : Célia CHAZEL

  • Votre bilan 2007 ?
    2007 a été une bonne année pour nos français, dont Johan HELIOT avec la fin de la trilogie de la Lune, Xavier MAUMÉJEAN et Ganesha, Michel ROBERT pour son cycle de dark-fantasy L’Agent des Ombres dont le succès ne se dément pas avec la sortie du cinquième tome.

    L’obtention du Grand Prix de l’Imaginaire par Wayne BARROW pour son roman Bloodsilver a également été une très bonne surprise. Quand l’agent new-yorkais de BARROW nous avait parlé en 2005 d’un “awesome western with cool vampire stuff” par un auteur américain alors totalement inconnu du public français, nous étions loin d’imaginer qu’il trusterait un jour la catégorie du meilleur roman francophone... c’est dire l’excellence de la traduction du duo HELIOT-MAUMÉJEAN.

    Les déceptions se situent du côté des titres de fantasy atypiques. À l’exception des Gardes Phénix, le cycle de Steven BRUST inspiré des mousquetaires de DUMAS qui a connu un très bon démarrage, des titres qui renouvellent l’inspiration du genre comme le cycle des Rois-Navigateurs de Garry KILWORTH inspiré des légendes polynésiennes ont beaucoup de mal à trouver un public. Pour finir côté échecs, je me mords encore les doigts d’une bourde éditoriale qui a fait bagayer la couverture d’un très bon roman...

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    Je lis en me souciant peu de l’actualité. Je préfère attendre que passent les effets de mode pour me faire un avis sur un roman. J’ai donc profité de la sortie Folio-SF pour lire La Horde du Contrevent, qui ne m’a pas décue. D’une part, parce que contrairement à ce que laissent penser certains discours, ce n’est absolument pas un roman difficile d’accès, et que j’ai beaucoup d’admiration pour les auteurs capables d’être brillants sans céder à la tentation de l’hermétisme. Par ailleurs, en dépit de quelques procédés qui m’ont un peu agacée, on y trouve indéniablement ce qui fait un grand roman : une adéquation entre le fond et la forme et un sens profond de l’humain.
    J’ai également beaucoup apprécié la fantasy subtile et littéraire de Janua Vera de Jean-Philippe JAWORSKI aux Moutons Electriques et la science-fiction limpide et inspirée de Nec Deleatur de Frédéric DELMEULLE chez Editeur Indépendant. Je dois avoir un faible pour les titres en latin... Plus sérieusement, il s’agit de deux romans que j’avais reçus et appréciés en lecture et que Mnémos n’avait pu publier pour différentes raisons à l’époque. Je le regrette en partie, même si je suis heureuse que ces titres aient trouvé éditeurs.

    Enfin, on m’a fait découvrir le mexicain Paco Ignacio TAÏBO II, un monstre sacré du polar sud-américain que je dévore avec délectation. Pas grand-chose à voir avec l’imaginaire, encore que. Dans un roman comme Nous revenons comme des ombres, on trouve un complot nazi ésotérique au Mexique, des sous-marins fantômes, un guerillero revenant, des artefacts magiques, une pyramide maya, et un Ernest HEMINGWAY complètement paumé...

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Ceux qui en ont besoin... J’ai un attachement particulier pour Le Seigneur de l’hiver de James HETLEY, suite du Royaume de l’Été qui reparaît en poche chez Folio [sorties simultanées en avril]. Un auteur passé jusqu’ici très injustement inaperçu qui, sans renoncer une seule seconde à sa dimension de divertissement, donne à la fantasy tout son sens : celui de métaphore de notre intériorité, en abordant les thèmes du traumatisme sexuel, de l’incommunicabilité et du combat intérieur. On retrouve d’ailleurs cette dimension dans le nouveau roman de Nicolas BOUCHARD, Les Enfants de Dana, abordant notamment le thème du deuil.
    Je tiens aussi beaucoup à un projet “carte blanche” avec Johan HELIOT, prévu pour la fin de l’année 2008, qui lorgnera nettement du côté du polar... mais il est encore un peu tôt pour vous donner plus de détails.

Editions Les Moutons Electriques : André-François RUAUD

  • Votre bilan 2007 ?
    Année plutôt faste pour les Moutons électriques : pas d’échec à proprement parler. Seul le premier roman du cycle de CHANDLER n’a pas autant rencontré le public que nous le souhaitions, nous ne poursuivrons donc pas l’expérience.
    Réussites nombreuses, en revanche : tant Fournaise de James Patrick KELLY que Janua Vera de Jean-Philippe JAWORSKI ont bénéficié d’un formidable bouche-à-oreille, en dépit du fait que ces auteurs étaient inconnus. L’un en science-fiction, l’autre en fantasy : deux très belles surprises. Quand au roman de Léa SILHOL, Nigredo, longtemps attendu et d’une beauté remarquable, il constitue notre meilleure vente en fiction à ce jour.

    Enfin, la Bibliothèque rouge s’impose plus que jamais comme la collection phare des Moutons : non seulement le James Bond et le Maigret ont obtenus certaines de nos meilleures mises en vente à ce jour, mais les quatre titres précédents ne cessent de se vendre. Le concept de cette collection plaît beaucoup, et nous allons encore le développer en 2008.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    Ce fut pour moi très nettement une année de [re]lecture de classiques de la science-fiction et du roman policier, avec sinon comme plus grands plaisirs de lectures toutes neuves l’admirable essai d’Armand MATTELART, Histoire de l’utopie planétaire [La Découverte] et le nouveau cycle d’uchronie-fantasy d’Elisabeth VONARBURG, dont le premier tome est en Livre de Poche Fantasy.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Cela va être pour les Moutons une année de redéveloppement : nous concentrons nos fictions sur une collection, la Bibliothèque voltaïque, au programme assez ambitieux. Alors bien sûr, tous les titres de cette collection m’excitent beaucoup, mais s’il n’en faut citer que deux, je dirai : l’énorme recueil de Michel JEURY, La Vallée du temps profond, 500 pages de nouvelles formidables. Un pavé très important dans l’histoire de la SF française, je crois.
    Et puis, mémoire du genre également : Péninsule de Michael CONEY, qui regroupe un roman et 4 nouvelles. Même en VO ce cycle n’était jamais paru d’un seul tenant. Et non seulement ces deux titres sont les premiers de la Bibliothèque voltaïque, mais en plus, ils constituent deux très beaux livres que je rêvais de très longue date de réaliser - des projets longtemps imaginés et enfin concrétisés : deux passions de lecteur qui trouvent leur fruit éditorial.

Editions Le Navire en pleine ville : Hélène RAMDANI

  • Votre bilan 2007 ?
    En SF/anticipation : que du bon dans nos inédits, puisqu’on a fait un carton [toutes proportions gardées vu la taille du Navire] avec nos deux seuls titres SF : C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du Blanc de Lilian BATHELOT et Les Virus de l’Ombre de Hicham CHARIF [en fait, on en a un troisième, Les larmes étaient leur pardon de Marc VASSART mais il est sorti trop récemment pourqu’on puisse encore juger de son futur impact].
    Accueil plus réservé pour notre livre de Fantasy, L’Héritier du Tigre d’Irène DELSE, mais pour un premier roman, avoir dépassé la barre des 800 exemplaires vendus, c’était plutôt une réussite. Notre seul fantastique, L’Escalier du Diable de E.E. RICHARDSON, a par contre mal fonctionné, sans avoir la moindre excuse pour ça...
    Et toutes nos rééditions à ce jour [Tongre de Yves FRÉMION, Buveurs de Vie de Jean-Pierre ANDREVON se sont lamentablement plantées - Trop tôt pour connaître le sort réservé au Sablier vert de Michel JEURY.
    Finalement, nos deux plus gros succès sont deux inédits de SF [on a aussi du roman noir, du roman historique, etc...]. Pas mal !

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    En tête de mon peloton, Aqua™ de Jean-Marc LIGNY... Si la dimension fantastique ne m’a qu’a moitié convaincue, le roman n’en fut pas moins un plaisir fort et je l’ai trouvé magnifique... Par ailleurs, je n’ai découvert Catherine DUFOUR et Le goût de l’Immortalité que cette année. J’ai le droit de le mettre ?
    Sinon, sans aucun doute, Leçons du Monde fluctuant de Jérôme NOIREZ. Les autres viennent loin derrière. En tête du peloton, si on accepte les lectures différées, j’ai La Horde du contrevent de DAMASIO dont j’ai apprécié l’écriture, bien que certains passages m’aient moins convaincu que d’autres. J’ai bien aimé Spin de WILSON, ou le Anansi Boys de Neil GAIMAN, mais je trouve que les fins de l’un et de l’autre sont ratées. L’oiseau Impossible de O’LEARY était sympa à lire, mais il m’aura peu marquée sur la durée. J’ai beaucoup aimé globalement Bloodsilver, mais ce sont surtout une ou deux nouvelles qui m’ont laissé un souvenir impérissable, en particulier celle sur Billy the Kid. Je n’ai pas encore lu Temps de Stephen BAXTER [tout le monde me tanne, il est sur la pile...].

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    Aria des Brumes de Don LORENJY. Au Navire, bien sûr. C’est un premier roman, c’est pile poil un roman de passage qui correspond à notre lectorat de jeunes adultes, avec un personnage en quête d’humanité, et c’est écrit avec une patte que j’adore littéralement. Aria est une planète colonie qui a rompu tout contact. On y soupçonne une invasion extérieure, et on y envoie cinq Automax, des supersoldats bourrés de nanotechnologie et de stimulants en tous genre qui les rendent invincibles. Invincibles, mon oeil. A peine mis le pied sur la planète, il n’en reste plus qu’un seul, qui a miraculeusement échappé aux furets, ces être symbiotiques qui sont la particularité indigène, et qui s’installent dans votre cerveau pour se nourrir de vos émotions. Carl découvrira alors une société apparement bien contrôlée par les bestiaux, apparemment seulement, mais aussi qu’il a encore du boulot pour prétendre appartenir à l’humanité...
    Si ce bouquin ne fait pas le carton qu’il mérite, je me pends. Au mât de misaine. Vous êtes prévenus.

Editions La Volte : Mathias ECHENAY

  • Votre bilan 2007 ?
    Deux livres parus cette année, vu que les sorties de Jeff NOON ont été retardées : Poisson Chien de Laurent RIVELAYGUE = échec commercial mais je suis très heureux d’avoir publié ce roman bizarroïde et hilarant ; La zone du dehors, ressortie du premier roman d’Alain DAMASIO = succès.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2007, tous éditeurs confondus ?
    Meilleures lectures en 2007 : en sf c’est Spin de R.C. WILSON sans aucune hésitation, et j’ai bien aimé Aqua™ de LIGNY, en littérature blanche c’est La pêche à la truite en Amérique de BRAUTIGAN que je n’avais pas encore lu, j’ai rejoint depuis les inconditionnels de cet auteur, plus L’étourdissement de J. EGLOFF.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2008 - et que vous avez envie de défendre ?
    En 2008, nous espérons faire paraître enfin Nymphomation plus des nouvelles Pixel Juice de Jeff NOON, les difficultés de traduction sumrontées. En avril, c’est le grand retour de Jacques BARBÉRI avec Narcose réécrit plus un CD, ainsi que des nouvelles.
    En septembre parution d’un roman qui devrait être un événement : Le Déchronologue de Stéphane BEAUVERGER, énorme !


    [NDLR : D’autres éditeurs ont été contactés qui n’ont pas souhaité répondre à notre questionnaire.]


Mr.C