Chaque année nous te proposons, cher lecteur cosmique, de passer de l’autre côté du rideau, côté éditeurs : qu’est-ce qui se vend, qu’est-ce qui ne se vend pas ? Quels auteurs ont la côte ? Quels ont été les gros succès de vente - et les grosses déceptions ? La SF&F se porte-t-elle bien ?

Chaque année, le constat est un peu amer : la littérature facile se vend de mieux en mieux, les auteurs les plus exigeants ont du mal à trouver un public. Et pourtant il y a, chaque année, des raisons de se réjouir : c’est le succès du premier roman d’un auteur français, Norbert MERJAGNAN [DLE] ; le frémissement des ventes du fantastique Codex du Sinaï de WHITTEMORE [Robert Laffont / A&D] ; les belles réussites de Catherine DUFOUR au Bélial’, ou de la Bibliothèque Rouge des Moutons Electriques... autant de victoire de l’exigence sur la facilité qui font faire risette aux Cafards du cosmos et redonnent foi en l’être humain.
Merci aux éditeurs d’avoir ouvert leur coeur, et parfois leur comptabilité. Merci à eux d’oser encore bousculer nos attentes avec des programmes 2009 souvent très alléchants, comme vous allez le découvrir.


LES EDITEURS ONT LA PAROLE


Editions ActuSF : Charlotte VOLPER, Eric HOLSTEIN et Jérôme VINCENT

  • Votre bilan 2008 ?
    Nous avons sorti neuf titres l’année dernière, ce qui est désormais notre objectif annuel à un ou deux près. Ensuite, nous avons poursuivi dans notre voie avec des recueils de nouvelles ou des novellas inédites ou rééditées [mais toujours retravaillées dans le cas des rééditions] pour faire de petits livres autour de 100-150 pages max. pour un prix qui n’excède pas 9 €, tout en peaufinant notre politique graphique.

    2008 a également été pour nous une belle surprise : nous nous sommes rendus compte qu’au-delà de l’éditorial, notre travail avait un joli succès. Bon, pas de quoi faire trembler le monde de l’édition, mais assez de ventes en tout cas pour devoir réimprimer plusieurs titres et augmenter nos tirages qui sont aujourd’hui en moyenne de 500 exemplaires. Nous avons dû réimprimer notamment Appel d’Air [1 500 exemplaires de tirés, ce qui en fait notre meilleure vente et donc, pour nous, un gros succès]. En plus des ventes directes sur le net, l’entrée chez de grandes enseignes type Fnac ou Virgin et la confiance de libraires indépendants comme Mollat ou Sauramps, nous a permis d’affirmer notre existence. Une professionnalisation qui nous a poussé à prendre un distributeur - et bientôt un diffuseur...
    Difficile pour nous d’avoir un point de comparaison puisque c’est la première année où nous publions autant de titres. La seule chose de sûre est que le bilan est très positif !

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    D’abord, La Voix du feu d’Alan MOORE aux éditions Calmann-Lévy. Cet auteur est un génie et ce livre en est la confirmation. Peste de Chuck Palahniuk [Denoël], un autre génie. Et puis dans le désordre Dimension Philip K. Dick de Richard Comballot et Noir duo de Sylvie Miller et Philippe Ward (aux éditions Rivière Blanche) ont tous les deux de très belles nouvelles au sommaire, Lilliputia de Xavier Mauméjean chez Interstices est tout simplement un grand roman, La Dame des MacEnnen d’Armand Cabasson chez Glyphe, un auteur peu connu mais qui gagnerait vraiment à l’être et À la pointe de l’épée d’Ellen Kushner (Calmann-Lévy), deux exemples d’une fantasy intelligente et passionnante. Tout comme Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette (Mnémos). Dans les rééditions pleines de bonus, Le Club des Petites Filles mortes de Gudule (Bragelonne) et L’Accroissement mathématique du plaisir de Catherine Dufour (Le Bélial’) et hors Imaginaire : tout Ken Bruen.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    ActuSF débute l’année avec This is not America, un recueil de trois nouvelles sur l’Amérique de Thomas DAY, dont une sera inédite. En parallèle, il y aura un recueil de nouvelles de Jack VANCE nommé Baroudeur et qui sera composé de rééditions. La fin du semestre sera un gros événement puisque nous travaillons sur un recueil inédit de Robert SILVERBERG et un nouveau recueil de Roland C. WAGNER.

Editions L’Arbre vengeur : David VINCENT

  • Votre bilan 2008 ?
    Grâce à Quinzinzinzili de Régis MESSAC, qui est devenu notre plus gros succès, nous avons pu attirer de nouveaux lecteurs sensibles à notre souci de décloisonner les genres. La réédition de L’Œil du purgatoire de Jacques SPITZ a répondu à la même logique : redonner à lire un auteur visionnaire qui a toute sa place à côté d’autres classiques d’une époque différente ou de contemporains étranges. Le succès n’est pas le même mais nous sentons que quelque chose frémit autour de ce bel auteur très négligé. Avec Alfred FRANKLIN, c’était un autre aspect de cette littérature d’anticipation méconnue que nous voulions aborder, un récit décalé sur les ruines de Paris dans le futur, à la fois une curiosité et un vrai jalon dans ce thème qui parcourt toute la SF. Pour l’heure, aucune réaction, donc déception...[on aurait dû mettre la Tour Eiffel en couverture...]. L’Arbre vengeur croît doucement et continue à y croire.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    La nuit des saisons mortes de Violet HUNT [Ed. Corti] pour la redécouverte de cette nouvelliste fantastique totalement oubliée ; Pinocchio de WINSHLUSS [Ed. Requins marteaux] pour le génie de réveiller un classique ; Contes carnivores de Bernard QUIRINY [Ed. du Seuil] ou l’art de rendre ses lettres de noblesse à la nouvelle imaginaire dans la lignée de Bioy CASARES ; L’amnésique de Sam TAYLOR [Ed. du Seuil] pour la manière de composer un récit haletant sans renoncer aux références les plus habiles ; La peur de Gabriel CHEVALLIER [Le Dilettante] comme témoignage définitif sur le Grande Guerre ; Les armées de Evelio ROSERO [Ed. Métailié] pour la découverte sud-américaine ; et GOLOVANOV, FRANCESCHINI, etc.
    Plus quelques redécouvertes encore à taire...

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Peu de SF ou anticipation cette année même si nous méditons un classique plus costaud et un autre Régis MESSAC. Avec l’arrivée d’auteurs bien vivants nous consolidons un catalogue moins tourné vers le passé.
    Un recueil de nouvelles de Bruce BÉGOUT, Sphex, à paraître en avril, nous enthousiasme beaucoup. Ce lecteur invétéré de BALLARD, philosophe reconnu, se livre à des "fantaisies malsaines" où au cœur de la suburbia ballardienne il fait vivre des fantasmes et des terreurs contemporaines à la manière de certains décadents du XIXème.
    Et aussi un Argentin de très haute volée, découvert par le traducteur de BOLAÑO : Lazaro COVADLO, mélange d’horrifique et d’humour noir.

Editions L’Atalante : Soledad OTTONE et toute l’équipe

  • Votre bilan 2008 ?
    Une année en demi-teinte liée à un bond des retours à partir d’août. Toutefois, PRATCHETT s’envole. BORDAGE, ESCHBACH et COOK continuent de ravir leur éditeur et leurs lecteurs.
    Des coups de cœur : la rencontre d’auteurs dont nous avons publié les premiers livres dans notre collection Jeunesse - Carina Rozenfeld [nominée au prix de l’Imaginaire], Anne Fakhouri. Gordo, une BD de l’équipage Colin/Boots. Et surtout, La Bibliothèque nomédienne qui a été le projet le plus excitant de l’année tous postes confondus : nous avons tour à tour été nomédien(ne) quelques semaines ou quelques mois.
    Sur la lancée de Scalzi, et depuis plus longtemps de Weber, Campbell a été une bonne surprise : en période crise et de déliquescence, une bonne guerre... Par contre Simon GREEN [L’Homme au torque d’or] et Orson Scott CARD [Trahison] n’ont pas rencontré le succès habituel, peut-être en raison de parasites dans le canal principal de transmission vulgairement appelé : la couverture.
    Et ces auteurs qui ne « prennent » pas malgré notre acharnement à les publier : Sean Russell et Jennifer Fallon. Ils n’ont pas réussi à toucher le public amateur de fantasy et de fantastique de belle facture mais sans donjon ni hache.
    Bon, nous venons de faire une concession aux donjons avec le diptyque de Patricia BRIGGS... Et c’est du bon.
    Nous nous laisserions bien aller à vous parler de nos publications de sciences humaines auxquelles nous tenons particulièrement mais les vrais éclectiques se reporteront au site.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Le Pinocchio de WINSHLUSS aux Requins Marteaux : de la santé mentale. L’irruption d’une nouvelle idée dans Les Disparus de Kristine Kathryn RUSCH : celle des difficultés d’une cohabitation quotidienne avec diverses races extra-terrestres aux valeurs morales et éthiques extraordinairement différentes des nôtres. Puissant. L’Éloquence de l’épée de Joe ABERCROMBIE, son humour noir, ses personnages décalés, inattendus, parfois ridicules, mais traités avec affection de la part de l’auteur.
    Les intermittences de la mort du prix Nobel portugais José SARAMAGO au Seuil, magnifique roman fantastique.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Nous avons démarré l’année fort avec un thriller En panne sècheAndreas ESCHBACH dépeint avec un réalisme saisissant la fin de l’or noir. Et nous continuons avec passion et obstination la fresque de notre futur chinois, Zhongguo, dont l’originalité et la force s’imposeront, nous l’espérons, parmi les légendaires constructions d’univers de science-fiction.
    Nous attendons beaucoup de la suite de La Tyrannie de la nuit ; les illustrations de Didier Graffet ajoutant au plaisir de lecture particulièrement intense, comme toujours, chez Glen COOK.
    En mars, nouveau venu à L’Atalante et très attendu, car nous en sommes des fans absolus : Walter Jon WILLIAMS avec Avaleur de mondes [Implied spaces] : de la SF virtuose située dans le lointain futur de l’humanité. Ludique et jubilatoire. Chapeau maître !
    En avril le cinquième opus de La Chronique des Immortels de Wolfgang HOHLBEIN : une série qui monte, qui monte...
    Et bien sûr CAMPBELL, WEBER et SCALZI dont le dernier opus dans l’univers du Vieil homme et la guerre nous conte un épisode du point de vue de la fille de John Perry, Zoé, 15 ans. Le second semestre sera riche en nouveaux auteurs : une Australienne, Juliet Marillier, dont la série Daughter of the Forest vous emmènera dans l’Irlande pré-catholique et le fameux conte des six frères transformés en cygnes. Une Américaine, Traci Slatton, viendra évoquer Florence à l’époque de la Renaissance, vue des yeux d’un bel enfant des rues dont l’étrange héritage lui confère une vie anormalement longue. Le titre : Immortel. Deux temps forts toutefois à l’automne : une offensive PRATCHETT avec un Disque-Monde, La Carte du Disque-Monde [enfin !] et un omnibus « sorcières ». Enfin Les Brigades chimériques : aux commandes LEHMAN, COLIN, GESS.

Editions Robert Laffont / Ailleurs & Demain et Le Livre de Poche / SF : Gérard KLEIN

  • Votre bilan 2008 ?
    L’année 2008 a été toute petite, pour ne pas dire médiocre pour la science-fiction, manifestement globalement en crise. Je ne parle pas seulement de mes collections chez Laffont et au Livre de Poche mais aussi bien de celles de mes confrères dont les résultats sont accessibles, titre par titre sur Edistat notamment. La science-fiction est en crise depuis au moins 2005 et je n’attends pas d’amélioration nette avant 2011, le temps que la surproduction cesse par défaut de combattants.
    Pour Ailleurs et demain, 2008 aura été en légère régression par rapport à 2007 qui n’était déjà pas une année mémorable.
    L’ouvrage qui s’est de très loin le mieux vendu est Le Triomphe de Dune de Brian HERBERT et Kevin J. ANDERSON, ses prédécesseurs dans la série se comportant bien aussi. Manifestement, les libraires aiment et mettent en pile. Les Cafards n’en seront pas surpris, eux qui ont plébiscité les rajouts à l’œuvre de Frank HERBERT.
    Une déception : Lothar Blues de Philipe CURVAL dont j’espérais mieux. La malédiction touchant les auteurs français a encore frappé.
    Une très légère satisfaction : la remontée tout juste perceptible des ventes du Quatuor de Jérusalem, en particulier du Codex du Sinaï, qui indique que le bouche à oreille fait son chemin malgré une visibilité à peu près nulle. Mais si la variation est statistiquement significative, il n’y a pas de quoi pavoiser.
    Le gros problème depuis plusieurs années, c’est la rapidité des retours et le taux de retours malgré des mises en place prudentes. Pendant des décennies, la science-fiction a bénéficié d’un statut d’exception par rapport à la littérature générale avec des retours faibles et lents, au moins sur mes collections. Ce n’est plus du tout le cas et c’est très inquiétant : au bout de trois mois au plus, le destin des livres est scellé alors que bien des signes indiquent que le bouche à oreille est maximal entre un an à dix-huit mois après la parution, voire plus. 

    Je ne dispose d’aucune information sur la Fantasy que ce soit au Livre de Poche ou ailleurs. Il faudrait consulter Audrey PETIT sur ce point. Tout indique cependant qu’il n’y a pas de concurrence directe auprès des lecteurs entre science-fiction et fantasy : les publics sont très différents et cet écart semble s’accroître, me semble-t-il. Mais ce n’est pas le cas sur les étals des libraires qui ne semblent dans la plupart des cas ne pas avoir pris conscience de cette différence et où l’afflux de fantasy, souvent de bas de gamme, exerce un effet d’éviction sur la science-fiction, sans du reste que les ventes [voir Edistat] soient la plupart du temps au rendez-vous. Là aussi, il y aura de la casse.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Je n’ai pas de souvenirs marquants en SF chez d’autres éditeurs, mais en dehors de mes lectures professionnelles et de mes lectures hors sf, je lis peu, faute de temps et ne disposant pas des trois yeux de Nébal. Un des livres qui m’a le plus impressionné est L’Histoire des futurs de Bernard CAZES [L’Harmattan]. Par rapport à l’édition que j’en avais faite en 1986, cet ouvrage a été considérablement refondu et augmenté.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Je parie sur tous les livres que je publie et je souhaite évidemment les défendre tous. Mais je choisirai néanmoins Trames de Iain M. BANKS qui me semble un sommet du cycle de la Culture, et Cowboy angels de Paul Mc AULEY qui est un space and time road movie parfaitement déjanté et d’une mémorable violence.
J’espère aussi que la réédition du grand cycle du Chant de la Terre, de Michael CONEY lui vaudra enfin le succès qu’il mérite. Le plus grand succès de l’année sera évidemment Paul Muad d’Ib, de Brian HERBERT et Kevin J. ANDERSON qu’attend un public enthousiaste. Je n’ai donc pas besoin de le défendre.

Editions Le Bélial’ : Olivier GIRARD

  • Votre bilan 2008 ?
    L’année 2008 fut très particulière pour le Bélial’ [et la revue Bifrost] dans la mesure où nous avons changé de diffusion et de distribution le 1er mai dernier. Du coup, pour éviter les retours, nous n’avons rien sorti de février à avril 2008, reprenant le programme de parution en mai avec notre nouveau partenaire [qui représente non seulement un gain en implantation dans les librairies hexagonales considérable, mais nous offre aussi, pour la première fois en douze années d’existence, une vraie diffusion dans toute la francophonie - Belgique, Suisse, Québec, pays du Maghreb, etc.]. Ce bouleversement récent interdit une vision nette sur l’ensemble de l’année passée .
    Au-delà de ces changements prometteurs, nous avons poursuivi notre politique habituelle sur 2008, soit l’alternance de publication de textes classiques plus ou mal disponibles [je pense par exemple au Grand Livre de Mars de Leigh BRACKETT, salué par le prix spécial du jury du Grand Prix de l’Imaginaire 2009] et de nouveautés.
    Côté déceptions, il y sans doute Mémoria de Laurent GENEFORT. J’aime beaucoup ce que fait Laurent en matière de SF. Et ce bouquin représentait son retour au genre après une assez longue absence. Nous sommes, pour le moment, en dessous des objectifs avec environ 1500 ventes. C’est dommage. Idem pour Gravité, le premier tome du Cycle des Xeelees de Stephen BAXTER. Ce roman a été pas mal décrié par une certaine critique, de façon assez injuste à mon sens. Nous sommes autour des 2000 exemplaires à l’heure actuelle. C’est peu. Toutefois, c’est le premier volet d’un cycle de cinq volumes. Un cycle qui monte en puissance au fil des tomes et, comme nous l’avons toujours fait du côté des séries, nous travaillerons l’ensemble sur la durée. 

    Pour Poul ANDERSON, le troisième volet de La Patrouille du temps [La Rançon du temps] se vend pas mal. Et a surtout permis de revendre les tomes 1 et 2. Avec la sortie du 4e et dernier volet de la série, en juin prochain, ça devrait faire un ensemble qui a de la gueule. La vraie réussite de l’année semble être le recueil de Catherine DUFOUR, L’Accroissement mathématique du plaisir. Dans une fin d’année globalement assez calme pour l’ensemble de la profession, c’est un plaisir de pouvoir vendre autant un recueil, français qui plus est, et une vraie surprise.
    Enfin, la dernière grande satisfaction de l’année, c’est incontestablement Bifrost. La revue se vend de mieux en mieux, gagne constamment en nombre d’abonnés et ça, ça fait bien plaisir au regard du temps considérable qu’on y passe tous.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    J’en ai plein. La Route de McCARTHY, qui n’est pas mon McCARTHY préféré mais reste sans doute le livre qui m’a le plus retourné de l’année. Sinon il y a bien sûr Terreur de Dan SIMMONS, un roman qui s’apparente à une vraie leçon d’écriture, de maîtrise, même si c’est parfois un peu long et sent un peu la démonstration. SIMMONS est en train de devenir un géant. Il le sait sans doute mais c’est pas grave ; pour le lecteur, c’est du pur plaisir. 

    J’ai aussi lu deux bons Sherman ALEXIE [en existe-t-il de mauvais ?] cette année, Flight chez Albin Michel et Le Premier qui pleure a perdu. Le second est particulièrement jouissif. Il a été publié dans la collection Wiz chez Albin Michel, qui est sans doute la meilleure collection jeunesse actuelle, et je profite de l’occasion pour leur tirer mon chapeau.
    Sinon, je viens de finir Australia Underground de Andrew McGAHAN chez Actes Sud, une uchronie anticipative étonnante, à la fois drôle, épouvantablement cynique et proprement terrifiante. Et puis, pour la petite histoire, j’achève en ce moment L’Ignoré de Bentley LITTLE. Je ne connaissais pas ce bouquin et l’ai découvert dans un papier de Xavier MAUMEJEAN sur l’invisibilité à paraître dans le Bifrost 53. C’est un livre excellent.


  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Au-delà de Bifrost, comme toujours publié en janvier, avril, juillet et octobre, nous débutons l’année 2009 côté livres avec Warchild de Karin LOWACHEE. Ce bouquin est un enjeu important de l’année. Assez crucial, même. C’est aussi un premier roman, d’une canadienne inconnue en France, un space opera débridé mais très adulte, très ambitieux, y compris dans sa narration [le bouquin s’ouvre pas exemple sur une longue partie rédigée au présent à la seconde personne du singulier, ce qui est tout de même très peu courant !]. Warchild se passe dans un univers futuriste lointain et prend pour toile de fond une guerre extrêmement brutale entre l’humanité est une race extraterrestre.
    En mars, nous publions Incarnations de Xavier BRUCE. Le premier premier roman français publié par les éditions du Bélial’ en douze années d’existence. Pour nous, c’est un événement. Il s’agit d’un bouquin étonnant. On est sans conteste dans le domaine des transfictions, quelque part entre Chuck PALAHNIUK et Will SELF. Ce bouquin m’a sacrément impressionné. On verra s’il en va de même pour les lecteurs. Je crois beaucoup en Xavier BRUCE. Il travaille à l’heure actuelle sur son second roman, un texte de science-fiction...

    En mai, retour à notre passion pour les auteurs fondateurs du domaine avec un gros recueil très largement inédit de Clifford D. SIMAK, Voisins d’ailleurs. Là aussi, c’est un plaisir énorme que de pouvoir publier Clifford D. SIMAK, l’un des écrivains qui m’a fait découvrir la SF...
    Juin verra enfin la conclusion du cycle de La Patrouille du temps avec Le Bouclier du temps, quatrième et dernier volet des aventures de Manse Evrard, et seul véritable roman [énorme qui plus est] du cycle. En septembre, nous publierons Singularité, le second tome du Cycle des Xeelees de Stephen BAXTER. Les lecteurs qui se demandaient ou étaient les Xeelees dans le premier tome ne devraient plus se poser la question...
En octobre, c’est un gros recueil de Joëlle WINTREBERT que nous allons sortir. Le titre n’est pas encore tout à fait arrêté mais ce sera une espèce de best of, soit un très gros volume de vingt-trois nouvelles, dont une novella inédite, avec préface de Roland C. WAGNER, interview de la dame, tout ça... L’ensemble sous une couverture de Caza, comme il se doit.

    Enfin, pour novembre c’est Océanique, troisième volet de l’intégrale raisonnée des nouvelles de Greg EGAN. Un gros recueil de près d’un million de signes réunissant treize récits dont sept inédits. Ce sont bien évidemment les Quarante-Deux qui sont à la manœuvre sur cet ouvrage, comme sur les deux précédents.

Bref, tout ça nous fait beaucoup de nouvelles, et autant dire que ce n’est pas gagné. Surtout quand on sait que je garde sous le coude un autre recueil, de Lucius SHEPARD cette fois. Le sommaire est arrêté et les textes achetés. Si le début d’année est bon, on sortira le recueil sur le second trimestre [en plus de tout ce que je viens d’annoncer]. Toutefois, au regard des prévisions plutôt ternes du marché, je pense que le bouquin sortira plutôt début 2010... On verra bien. Reste à croiser les doigts pour que les gens lisent des nouvelles...

Editions Bragelonne SF : Jean-Claude DUNYACH

  • Votre bilan 2008 ?
    En 2008, Bragelonne SF aura publié 10 grands formats : 

    Les Disparus [Experts Récupérateurs 1] de K.K. RUSCH
    Aux marges de la vision de Linda NAGATA
    Gradisil de Adam ROBERTS
    L’Empire caché [La Saga des Sept soleils 1] de Kevin J. ANDERSON
    Chants de l’espace [Omnibus] de Samuel R. DELANY
    Les Envoyés Orphelins 1] de WILLIAMS/DIX
    Vide qui songe [Trilogie du vide 1] de Peter F. HAMILTON
    L’Exilé de Ta-Shima d’Adriana LORUSSO
    Black Man de Richard MORGAN
    Le Chasseur et son ombre de MARTIN, DOZOIS & ABRAHAM
    Il y a 5 one shots et 5 "tomes de série”, même si les bouquins de K. K. RUSCH sont autonomes mais avec des personnages communs [comme des San Antonio]. On essaie de maintenir cet équilibre, ce qui n’est pas facile car les parutions étrangères sont, pour beaucoup, constituées de séries. 
Et les séries se vendent mieux que les one shot, du moins dans ma collection.
    Ensuite, on a 3 livres sur 10 de femmes, dont Linda NAGATA [première publication en roman en France]. Je pense que l’édition française de SF est en retard sur cet aspect-là. Reste à convaincre le public de tenter l’aventure.
    Ensuite il y a un bouquin - Gradisil - qui est en train d’être rattrapé par la réalité. C’est au sens premier un vrai bouquin de SF spéculatif, se passant au XXIème et au début du XXIIème siècle, sur Terre et en orbite proche, et un certain nombre des choses qu’il annonce et décrit sont en train de se produire [entre ce parachutiste qui essaie de faire un saut depuis l’orbite basse, la réduction drastique des coûts pour effectuer un survol orbital - ça ne coûte plus “que” 50 000 dollars contre plusieurs millions il y a peu - et la volonté de certains gouvernements de maintenir une présence en orbite, on a le choix]. Bref, j’ai le sentiment que ce bouquin a retrouvé une veine importante de la SF, qui était un peu en train de disparaître. 

    Parallèlement à ça, j’ai retravaillé la traduction de Carbone Modifié de Richard MORGAN paru chez Milady, et je me réjouis de voir que la trilogie de Karen TRAVISS ressort en poche chez eux. Pour moi, c’est une série injustement méconnue, j’espère que cette réédition lui ouvrira un nouveau public.


  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Joker. J’ai peu lu de SF en dehors de mon boulot pour Bragelonne [outre les parutions anglo-saxonnes, j’ai passé beaucoup de temps sur des manuscrits francophones dont certain paraîtront bientôt] et j’ai eu une fringale de littérature générale. Je me suis aussi replongé dans L’Illiade et L’Odyssée, qui ne sont pas d’une actualité brûlante, je le reconnais.
    Je garde un bon souvenir du Norbert MERJAGNAN chez Denoël, du Quatuor de Jérusalem chez Laffont, de La vieille anglaise et le continent, la novella de DRACO qui a gagné tous les prix cette année. De certaines nouvelles, aussi - j’aime beaucoup ce que font les éditions Les trois souhaits et Griffes d’encre - et je mettrais une mention spéciale au recueil de Catherine DUFOUR. Côté roman, il y a L’autre rive de CHÂTEAUREYNAUD, bien sûr. Mais en ce moment, je suis dans BOCCACE et Marguerite de Navarre...


  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Même si je quitte la direction de la collection en avril 2009 - le dernier bouquin publié sous ma responsabilité sera Suprématie de Laurent McALLISTER, pseudonyme du duo Yves MEYNARD et Jean-Louis TRUDEL - les autres bouquins de 2009 ont été choisis en commun avec Tom CLEGG, qui me succède. Et donc, en 2009, il y aura deux ou trois choses que j’aimerais défendre : D’abord l’anthologie New Space Opera, en mars, avec plein de gens époustouflants au sommaire [Robert REED, Ian McDONALD, Robert SILVERBERG, Paul McAULEY, Greg EGAN, Tony DANIELS, Stephen BAXTER, Dan SIMMONS, Nancy KRESS... En tout 18 nouvelles ou novellas. Ce sera un gros bouquin !
    Ensuite, en septembre, on publie Carnaval d’Elizabeth BEAR, là aussi une nouvelle autrice jamais publiée en roman en France [c’est un one shot mais elle a des séries intéressantes par ailleurs]. Au cœur du roman, il y a une histoire d’amour homosexuelle très forte, que j’ai trouvée très bien rendue. Et elle a un superbe style...
    Ensuite, on sort Brasyl, de Ian McDONALD, là aussi un one shot complètement barré qui mélange Brésil futuriste, capoeira et théorie quantique, jésuites fou au XVIIIème siècle en Amazonie et plein d’autres choses dont du football féminin seins nus. Et à la fin 2009, on attaque la nouvelle série de David WEBER, Off Armageddon Reef [série Safehold]. De l’aventure SF comme je l’aime, avec ce côté “faussement naïf en technicolor” qui me plaît toujours autant.

Editions Le Calepin Jaune : Rodolphe CAVALIER

  • Votre bilan 2008 ?
    L’année a été mitigée mais dans l’ensemble nous sommes satisfaits d’avoir pu sortir des ouvrages qui pour la plupart marchent assez bien - et qui ne déçoivent pas le public : nous leur offrons des oeuvres d’auteurs de qualité et les lecteurs qui nous suivent savent l’apprécier - et, malgré un dernier trimestre un peu chaotique, nous avons réussi à aller de l’avant, grâce à nos auteurs et à quelques lecteurs qui nous ont soutenu, pour finir l’année sur une note positive et la création d’une collection jeunesse.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Petits Contes Macabres de Gérald DUCHEMIN aux éditions Le Chat Rouge, Notre Dame aux écailles de Mélanie FAZI chez Bragelonne, Le Poisson Bleu Nuit d’Armand CABASSON chez Nuit d’Avril et Au miroir des sphinx de Charlotte BOUSQUET chez Argemmios.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Pour commencer tous ceux qui figurent à notre catalogue et dans notre calendrier des parutions que nous invitons tout le monde à suivre avec assiduité. On y trouve Charlotte BOUSQUET, Elie DARCO et Cyril CARAU, Léonor LARA, Jonas LENN, Estelle VALLS DE GOMIS, etc. 
En général tous ceux auxquels nous apportons notre soutien sont au sommaire de notre calendrier des parutions, et il y a certainement d’autres perles rares à découvrir ou à relire chez d’autres éditeurs. Dégager un auteur en particulier pour le mettre en avant est assez difficile, tous ont leur intérêt et leurs qualités. On en retrouvera certainement de nombreux chez les éditions du Riez et chez CDS Editions entre autres jeunes maisons à suivre.

Editions Denoël / Lunes d’Encre : Gilles DUMAY

  • Votre bilan 2008 ?
    2008 année pourrie au niveau des ventes, mais ça ne surprendra personne. Lunes d’encre avait fait une très bonne année 2006, une année 2007 exceptionnelle avec Spin de Robert Charles WILSON et c’est clairement le même titre qui limite la casse sur 2008, en étant la meilleure vente nette de l’année, devant Mysterium du même auteur.

    Pour ce qui est des ventes après retours des titres jusqu’à juin 2008 ça donne :

    A deux pas du néant, Tim POWERS : 1919 ex

    Le Monde englouti suivi de Sécheresse, J.G. BALLARD : 2024 ex

    Les Tours de Samarante, Norbert MERJAGNAN : 1850 ex
    Mysterium : 3053 ex vendus [mais 2242 retours ; très mauvais bilan]

    La Jeune détective et autres histoires étranges, Kelly LINK : 2110 ex [malgré le Grand Prix de l’Imaginaire]

    Kane 2/3, Karl Edward WAGNER : 1207 ex [mais la sortie du tome 2 a relancé les ventes du tome 1, et la sortie du dernier tome en juin 2009 devrait avoir le même effet ; les fans de Conan n’ont visiblement pas encore tous compris que Kane existait.]



    Pour les mises en place de septembre à novembre 2008 [parler de ventes ne veut rien dire pour le moment], ça donne :

    Vélum, Hal DUNCAN : 2654 [puis sur les trois premiers mois d’exploitation 622 réassorts, 308 retours.]

    La Forêt de cristal, J.G BALLARD : 2093 ex

    Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables de Serge LEHMAN : 1697 ex

    Le Glamour, de Christopher PRIEST : 2842 ex

    Bien malin qui peut dire à l’avance ce qui va marcher et ce qui ne va pas marcher, mais là j’avoue que tout me semble à peu près incompréhensible. Tim POWERS qui ne fait même pas la moitié des ventes des Puissances de l’invisible, malgré le Bifrost spécial Tim POWERS simultané, une campagne radio sur Ouï FM ; 3000 ventes sur Mysterium alors qu’on vient de dépasser 16 000 sur Spin et qu’on en vend encore entre 50 et 100 chaque semaine ; MERJAGNAN qui, avec un premier roman relativement difficile, fait mon plus beau score francophone depuis Histoires secrètes de Sherlock Holmes ; Le Glamour qui bénéficie d’une mise en place proche du record de la collection.

    Ce qui fait très mal aux comptes de Lunes d’encre, c’est que les livres chers n’ont pas suffisamment marché. En même temps Vélum a l’air de s’être installé depuis décembre sur un bon ratio ventes/retours. Au final, on vend encore plus de 4000 Spin sur l’année ; on a retiré le premier tome de Fondation et L’échiquier du mal [deuxième meilleure vente de la collection après Spin]. L’un dans l’autre, ça passe : encore une année de gagnée.



    Au-delà des chiffres, j’ai quand même le sentiment d’avoir fait une assez bonne année, à cause de Norbert MERJAGNAN : quelle satisfaction de voir un premier roman récolter autant de bonne presse, de nominations aux prix, et puis le mec est adorable. Il y a aussi eu mes retrouvailles avec Serge LEHMAN, à l’occasion du Haut-Lieu et maintenant d’Escales 2010 [qui ne s’appellera sans doute pas Escales 2010]. Sur le plan humain, c’est assez intense de bosser avec Serge, et quand je vois le succès commercial de tâcherons comme Maxime CHATTAM ou Bernard WERBER qui n’ont pas le quart du dixième du talent de LEHMAN, ça me met dans une saine colère et, d’une certaine façon, ça me donne la pêche.
Il y a eu les récompenses pour Kelly LINK et Michelle CHARRIER. 
Une année ratée et réussie.

    C’est la vie, comme dirait VONNEGUT.


  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Je peux répondre les deux premiers épisode du feuilleton comique Galaxies NS ? Plus sérieusement, préparant un cours sur l’ouest américain dans la littérature pour l’INFL, j’ai surtout lu et relu James Carlos BLAKE, Cormac McCARTHY, Edward ABBEY, Norman McCLEAN, le récit de l’expédition Lewis & Clark, Dorothy M. JOHNSON, Tony HILLERMAN, Sherman ALEXIE, Jim HARRISSON, et j’en oublie un paquet.
    J’ai pas mal exploré les catalogues Gallmeister et Terre d’Amérique [Albin Michel].
J’ai aussi passé une [trop] grosse partie de l’année à rewriter et compléter Seigneur de lumière de Roger ZELAZNY, que je ne peux m’empêcher de considérer comme un des cinq plus grands romans de la SF mondiale [en espérant que je n’ai pas trop laissé/ajouté de conneries dedans].


    Dans mes lectures 2008, il y a forcément des choses qui vont paraître en Lunes d’encre en 2009 et 2010. Parmi tous ces textes, c’est sans doute le roman Cleer de L. L. KLOETZER qui m’a le plus impressionné. Un livre d’une maîtrise bluffante, très proche de l’univers de Lars Von TRIER, période Kingdom. J’ai lu aussi quelques une des nouvelles proposées pour l’anthologie Escales 2010. Je ne sais pas si LEHMAN retiendra dans sa sélection définitive le texte de Jérôme NOIREZ [qu’il a pré-sélectionné au moment où j’écris ces lignes] mais il me semble que cette novella devrait faire un certain bruit.
Sur la fin de l’année, je lis et relis les œuvres de John GARDNER, une sorte de Xavier MAUMÉJEAN américain et j’en prends plein la gueule. J’ai aussi lu pas mal de textes courts de Steven MILLHAUSER.


  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Tous ceux que je publie.
    Sans exception aucune.

    2009 sera l’année des dix ans de Lunes d’encre ; j’ai donc fait ce qu’il fallait pour que « ça tape ». Cela dit, depuis quelques mois, je suis sur des charbons ardents à cause de l’actualité cinématographique [pas loin de cinq films dont j’ai les droits des livres sont en chantier, voire terminés pour deux d’entre eux]. Ce qui complique pas mal les choses.
Après, si le vrai sens de votre question c’est de citer un coup de cœur dans mes dix titres 2009, je suis assez tenté de citer le Tom PICCIRILLI : La Rédemption du marchand de sable, qui fait partie de ces livres qui vous hantent longtemps ; d’ailleurs, avec ce roman, je sens que j’ai atteint les limites de ce que je veux/peux publier dans le genre « texte dérangeant ». Il y a quelque chose dans La Rédemption du marchand de sable qui se rapproche de la violence et de la déviance telles qu’elles sont orchestrées dans certains titres improbables du catalogue Désordres de Laurence VIALLET. Des images qui hantent. 
Un dessin sur une taie d’oreiller et un festin de dents brisées.

Editions Fleuve Noir / Rendez-vous Ailleurs et Pocket SF : Bénédicte LOMBARDO

  • Votre bilan 2008 ?
    L’année a été plutôt satisfaisante et ce, en grand format au Fleuve Noir et en poche, chez Pocket. Le lancement du roman de fantasy Le Mage du Prince de Karen MILLER en octobre a fonctionné même s’il est encore tôt pour tirer un bilan mais le démarrage est bon. Même chose pour la parution d’Olympos de Dan SIMMONS qui a relancé les ventes d’Ilium.
Ma surprise est venue de l’engouement pour Un horizon de cendres de Jean-Pierre ANDREVON, un vrai carton ! Je crois que pour ce titre, la couverture [avec la petite fille zombie, sans doute ma couv préférée de l’année !] a beaucoup joué et attiré des gens qui n’auraient jamais jeté un œil à mes bouquins [résultat scientifique dû à une observation sociologique de mes collègues de bureau...].
    Beau démarrage aussi avec la série L’Agent des ombres de Michel ROBERT chez Pocket et je crois qu’elle va devenir l’un des cycles de fantasy les plus populaires du catalogue.
Côté déception, encore une fois, Neal ASHER. Mais je persiste et je continuerai à publier cet auteur de SF auquel je crois. De la science-fiction qui joue la série B efficace, bref du grand divertissement, bon sang, les lecteurs de SF n’aiment plus que la hard SF ? Non, ça, ça se saurait. Je ne parle pas des Cafards, bien sûr !


  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Sans conteste, mon souvenir le plus marquant, c’est Zulu de Caryl FEREY. J’avais déjà lu pas mal de ses précédents romans mais là, c’est une énorme claque ! Un thriller en Afrique du Sud maîtrisé de bout en bout et d’une noirceur incroyable. J’adore !
Mais soudain, je me dis que j’ai lu La Route de McCarthy en 2008. Bon, je le place ex æquo, hop.
Parmi les autres bonnes lectures, j’ajouterai Terreur de Dan SIMMONS [Laffont], Intérieur Nord de Marcus MALTE chez Zulma [un de mes écrivains français préférés, je vous conseille vivement ce recueil de nouvelles pour le découvrir, c’est splendide], Sur la ligne noire de Joe LANSDALE [Folio policier], et Pour vous de Dominique MAINARD [Editions Joëlle Losfeld]. Je me souviens aussi d’une grosse déception, le roman de Joe HILL, Le Costume du mort [Ed. Lattès].


  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Ou plutôt, quels sont mes coups de cœur. Le roman dont je suis vraiment fière, c’est Vision aveugle de Peter WATTS [Blindsight]. Premier contact extraterrestre, hard SF, un texte brillant sur la consience et l’intelligence, assez fou et des persos qui nécessiteraient un livre chacun. Et c’est le traducteur cyborg Gilles GOULLET qui s’y est collé.

    Côté fantasy, je publierai en septembre The Red Wold Conspiracy de l’Américain Robert REDICK. Aventures maritimes, magie et complots, une très bonne surprise pour ce premier roman [et oui, début d’une trilogie]. Michel PAGEL est aux commandes de la traduction.
    Et dans le désordre, chez Pocket : Le Monde, tous droits reservés de Claude ECKEN, La nef des Fous de Richard Paul RUSSO, Coalescence de Stephen BAXTER, Le Cerveau vert de Frank HERBERT. Ou encore, au Fleuve Noir / RVA, A Shadow in Summer de Daniel ABRAHAM et un nouveau Greg KEYES. Sans oublier que 2009 sera l’année TOLKIEN chez Pocket avec la parution de Les Enfants de Hurin et Les lais du Beleriand !

Editions Folio SF : Pascal GODBILLON

  • Votre bilan 2008 ?
    En 2008, je n’avais pas de très grosse locomotive, comme La Horde du Contrevent en 2007 ! Pour autant, je suis très content puisque la collection finit l’année en positif par rapport à 2007, en nombre de volumes vendus aux libraires et en chiffre d’affaires.

    Le cinéma a bien contribué à l’atteinte de ces résultats : Je suis une légende de Richard MATHESON en début d’année et Babylon AD [adaptation de Babylon babies de M.G. DANTEC] cet été.
La séparation de Christopher PRIEST marche très bien, ainsi que les rééditions de David BRIN. La bonne surprise vient aussi du roman de Cory DOCTOROW, Dans la dèche au Royaume Enchanté : à ce jour, plus de 6.500 exemplaires vendus [avant retour], ce qui pour un inédit, directement en poche, d’un auteur finalement peu connu est plus que pas mal.
    Les romans de Steven BRUST, Chromozone de Stéphane BEAUVERGER et les premiers tomes du Livre de Cendres marchent bien... Donc, pas de grosse locomotive mais de nombreuses ventes correctes qui compensent.

    Du côté des déceptions, il y a la trilogie de C.S. LEWIS qui n’a pas profité de la sortie du deuxième film adapté du Monde de Narnia, comme je l’espérais. Et puis Le royaume de l’été de James HETLEY qui aurait mérité un lectorat plus large. Quant à La porte de bronze de Bernard SIMONAY [dont les résultats ne sont pas si mauvais, d’ailleurs], il y a eu un malentendu sur la couverture et un problème, disons, logistique qui n’a sans doute pas aidé à la vente de l’ouvrage.
Donc, dans l’ensemble, une plutôt bonne année 2008.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Le Haut-Lieu de Serge LEHMAN, chez Denoël / Lunes d’encre ; les trois livres de Mélanie FAZI et Gradisil d’Adam ROBERTS chez Bragelonne ; Pollen et Vurt de Jeff NOON à La Volte ; Mémoria de Laurent GENEFORT au Bélial’ ; Lilliputia de Xavier MAUMÉJEAN chez Calmann-Lévy / Interstices et A la pointe de l’épée d’Ellen KUSHNER chez Calmann-Lévy / Fantasy. Et... j’en oublie sans doute, honte sur moi !

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Je suis plutôt impatient de voir comment les livres de 2009 vont être accueillis. Car, s’il y a des ouvrages qui devraient « naturellement » bien marcher et que nous accompagnerons tout particulièrement [La maison aux fenêtres de papier, le nouveau roman de Thomas DAY, directement en Folio SF ; la réédition des Fondation dans la traduction revue publiée initialement par Denoël ; Peste de Chuck PALAHNIUK ; La zone du dehors d’Alain DAMASIO...], il y a aussi des livres qui n’ont pas forcément été remarqués par le lectorat SF/fantasy à leur parution et auxquels j’espère donner une nouvelle visibilité : Quinze minutes de Charles DICKINSON ; La vitesse de l’obscurité d’Elisabeth MOON ; La Brigade de l’Œil de Guillaume GUÉRAUD ; Journal d’un ange de Pierre CORBUCCI ; L’ensorceleuse d’Elisabeth HAND... 

    Et puis, il y a Janua Vera, de Jean-Philippe JAWORSKI, que je ne présente pas aux Cafards puisqu’ils lui ont attribué leur prix cette année. Le recueil paraîtra en parallèle avec Le royaume blessé de Laurent KLOETZER : deux grands livres de fantasy...
Bref, je suis vraiment fier de ce programme, même si je ne suis pas le mieux placé pour en juger !

Editions Calmann-Levy / Fantasy, Livre de poche / Fantasy et Mango / Autres Mondes : Audrey PETIT

  • Votre bilan 2008 ?
    Jolie surprise cette année au Livre de Poche Fantasy pour La Fille de l’alchimiste de l’Allemand Kai MEYER, roman ténébreux sur fond de querelle d’alchimistes, et bon score également pour le cycle âpre et enlevé de J.V. JONES, Le Livre des mots, devenu best aux Etats-Unis grâce au bouche à oreille. Plus difficile en revanche pour le cycle de Mary STEWART, Le Cycle de Merlin, relecture contemporaine du mythe arthurien.
    Il est trop tôt pour tirer des conclusions sur « Autres Mondes » [Collection SF jeunesse chez Mango] : les trois titres parus [Secret ADN de Johan HELIOT, L’Océan des étoiles de Fabien CLAVEL et Les Iles dans le ciel de Sylvie DENIS] sont sortis à l’automne. Rendez-vous donc l’année prochaine. 


  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Beaucoup de chick-lit et de bit-lit, dont l’excellente série Dead End Dating de Kimberley RAYE, l’histoire d’une vampire pas comme les autres qui monte une agence matrimoniale, ou encore Blood is the New Black de Valerie STIVERS, croisement détonant d’Anne RICE et de Sex and the City... Tout ça devrait sortir très bientôt au Fleuve Noir. 

    Dans un autre genre, j’ai dévoré comme pas mal de monde la trilogie Millénium [Actes Sud], et Le Roi vient quand il veut [Albin Michel], des entretiens avec Pierre MICHON sur son œuvre, l’écriture, la lecture, à placer pas trop loin des Entretiens de GRACQ [José Corti] dans la bibliothèque. Sans oublier un certain nombre de cycles de fantasy que vous retrouverez fin 2009/courant 2010 chez Calmann-Lévy, et dont je vais vous parler plus en détails à la question 45b.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Comme chaque année, je soutiens l’intégralité de mes plannings de parutions. Citons donc parmi d’autres La Fin du Monde de Fabrice COLIN et La Guerre spéciale de Xavier MAUMÉJEAN pour « Autres Mondes », deux romans jeunesse chacun à leur manière parfaitement politiquement incorrects ; le très joli et étrange premier tome des Collèges de magie de Caroline STEVERMER [paru en grand format aux Moutons Electriques] et le foisonnant Malédiction d’Old Haven de Fabrice COLIN encore, à l’automne au Livre de Poche Fantasy. 

    Côté Calmann, je vous recommande chaudement les deux cycles de Brandon SANDERSON, nouvel auteur dans le paysage fantasy [Elantris paraîtra au printemps et Mistborn l’année prochaine], le dernier cycle de Stephen LAWHEAD, une relecture brillante de Robin des Bois qui sortira à la fin de l’année, et le premier tome du cycle The Age of Misrule de Mark CHADBOURN.

Editions Les Moutons Electriques : André-François RUAUD

  • Votre bilan 2008 ?
    On ne peut pas vraiment parler d’échecs - à part, pour la fin de l’année précédente, notre anthologie Les Noëls électriques qui a fait un flop affreux. Les ventes des Moutons électriques sont plutôt correctes, mais j’hésite franchement aussi à parler de succès.
    La nouvelle collection grand format où nous réunissons désormais toutes nos fictions, la Bibliothèque voltaïque, a eu une excellente réception critique, et semble jouir déjà d’une réputation flatteuse, mais on ne saurait prétendre que les ventes décollent vraiment : encore trop faible. En fait la fiction se vend assez mal chez nous, et ce depuis nos débuts puisque toutes nos bonnes ventes sont dans le domaine de l’essai/beau livre [le Panorama, quasi épuisé, le Alan MOORE, les volumes de la Bibliothèque rouge]. Seules exceptions : Sunk de CALVO & COLIN - mais, erreur de débutants, nous l’avions fait trop petit et pas assez cher, donc il n’est pas rentable pour autant - et surtout, nos deux titres par Léa SILHOL.
    Nos réussites pour 2008, ce sont donc... des essais/beaux livres, forcément, à commencer par le Dracula en Bibliothèque rouge. Le Conan a également une mise en place très forte, tout comme le Jack l’Éventreur. Ceci dit, il est beaucoup trop tôt pour crier "victoire". Mais on espère bien poursuivre dans cette voie - aidés notamment par notre nouveau site web, www.moutons-electriques.fr.


  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Eh bien, je n’ai pas trop suivi l’actualité. Même celle des copains, j’avoue. Je crois bien que j’étais trop occupé à écrire mes propres livres et à me documenter pour ceux-ci. Et de fait, j’ai surtout lu des essais... Mais, tiens, en voici que je ne peux que recommander aux fans de SF : Orwell, anarchiste tory et L’Empire du moindre mal de Jean-Claude MICHEA, chez Climats. Le premier est une monographie passionnante sur l’auteur de 1984, très éclairante, et le deuxième un essai sur la civilisation libérale, qui appuie là où ça fait mal avec une intelligence admirable. 
Et puis, il faut lire Fredric JAMESON : Archéologies du futur, chez Max Milo, une formidable exploration des désirs d’utopie et de ce qui fait la force vive de la science-fiction. Un deuxième volume du même chercheur, un recueil d’articles, vient juste de paraître aussi [Penser avec la science-fiction].

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Nous allons lancer une nouvelle collection, la Bibliothèque des miroirs, consacrée à des études sur de grands thèmes et de grands auteurs. Et nous croyons beaucoup au premier volume : Zombies ! [février], qui fait un tour complet d’un sujet très en vogue actuellement, d’une actualité vraiment forte. 

    La Bibliothèque des miroirs alignera ensuite des volumes sur la Guerre des mondes [par J.-C. ANDREVON] et le Space opera, mais aussi sur de grands créateurs de Comics [STERANKO et KIRBY] et sur l’univers de MIYAZAKI. 
Au niveau de la Bibliothèque rouge, nous allons fêter le treizième volume avec un Dico des héros [février] à la fois amusant et érudit, comme toujours dans cette collection, avec l’aide de 40 collaborateurs pour plus de 450 notices. 

    Et dans la Bibliothèque voltaïque, nous croyons plus particulièrement à trois titres :
    Gagner la guerre de Jean-Philippe JAWORSKI [mars], qui est un énAUrme pavé situé dans le même univers que Janua Vera. C’est culotté, captivant, sombre, marrant, amoral... un vrai plaisir !

    Le Faiseur d’histoire de Stephen FRY [mai 2009], par un acteur-écrivain britannique absolument culte dans son pays, une très belle uchronie qui est également une comédie sentimentale gay, eh oui.
    Et en juin, le Tancrède d’Ugo BELLAGAMBA, une uchronie sur la Première croisade, fascinante et puissante - et très attendue, je crois.

Editions Le Navire en pleine ville : Hélène RAMDANI

  • Votre bilan 2008 ?
    Aria des brumes de Don LORENJY, notre unique titre SF de l’année a été sélectionné par la Revue des Livres jeunesse de la Bibliothèque Nationale de France comme l’un des 6 meilleurs romans de l’année dans la catégorie grands ados. Une réussite qui, hélas !, ne traduit pas la réalité des faits. Financièrement, la concentration du marché et les nouvelles pratiques de la chaîne commerciale ne laissent quasi aucune marge aux petits éditeurs qui sont dans le circuit traditionnel. On est sur la corde raide...

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    J’ai adoré, en jeunesse, l’épatant Fleur de Dragon de Jérôme NOIREZ, chez Gulf Stream, un vrai petit bijou. Chez les "grands", je craque pour le Lilliputia de Xavier MAUMÉJEAN [Calman Levy / Interstices], toujours brillant et élégant, à mi-chemin entre roman historique et fantastique.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Si on survit à tout ça, on aura deux titres en 2009 sur lesquels on compte pour leurs qualités particulières : le tome deux de Shalinka, la saga d’Irène DELSE qui s’était fait remarquée pour l’élégance rare de son écriture, surtout dans un genre aussi populaire que la Fantasy - et bien que d’aucun n’y retrouvant pas les thèmes chers au genre, magie, êtres fantastiques, etc..., l’aient plutôt rangé dans la catégorie SF. Et un roman méchant méchant de la grande Janine TEYSSON, Chiens [ou peut être, pour le clin d’oeil Avant les Chiens], de la SF à mauvais esprit comme je l’aime, destinée plutôt aux collégiens et jeunes lycéens.

Editions La Volte : Mathias ECHENAY

  • Votre bilan 2008 ?
    Le succès c’est déjà quand nous réussissons à sortir le livre tel que nous le désirions, donc quatre succès cette année : deux BARBÉRI et deux Jeff NOON. En termes de ventes, c’est bien, sans plus. En termes d’accueil critique, toujours réjouissant. Ce qui m’a fait le plus plaisir c’est le concert au Lieu Unique de BARBÉRI et une partie de Palo Alto, nous étions au Lemnos’s Club comme dans son roman Narcose.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Lothar blues de Philippe CURVAL, vraiment réussi, Vélum de Hal DUNCAN pour son souffle et sa folie, Aztechs de Lucius SHEPARD que je n’avais pas encore lu, j’en suis encore sous le choc. Et pour faire classe, un roman incroyable Voyage Babylonien de A. DÖBLIN.

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Le Dechronologue de Stéphane BEAUVERGER va être grand, il prend du retard mais ça vaut le coup, de la flibuste et de la sf ! La suite du cycle Narcose de J. BARBÉRI, des nouvelles de P. CURVAL. Et un projet stimulant particulièrement, une anthologie de nouvelles avec la Ligue des Droits de l’Homme. Plus une folie totale, en octobre avec MOMUS, un musicien-écrivain barré qui nous a pondu un texte de malade, ce n’est pas de la sf, d’ailleurs nous ne savons pas ce que c’est, cela se rapproche d’une sorte de mouvance freaks, c’est sale, démesuré, gothique, poétique....

Editions Pygmalion et J’ai Lu : Thibaud ELIROFF

  • Votre bilan 2008 ?
    Pas de réelles surprises, ni chez J’ai lu, ni chez Pygmalion. En poche, les auteurs forts du catalogue se sont bien vendus [Robin HOBB, George R.R. MARTIN, Raymond FEIST, Pierre BORDAGE...] La SF est restée un peu en retrait, mais ce sont des livres qui se vendent sur la durée. Globalement, le fonds s’est bien comporté et nous avons fait une bonne année 2008. Novembre et décembre ont été particulièrement forts. La déception, c’est évidemment l’arrêt de la collection de fantasy grand format chez J’ai lu qui, malgré de bons textes, n’a pas réussi à trouver sa place en librairies.
    Chez Pygmalion, La série du Soldat chamane de Robin HOBB, qui avait peiné à démarrer, commence à trouver son lectorat et s’installe dans un rythme de croisière satisfaisant. Les autres séries n’ont pas vraiment décollé et, à mon grand regret, Steve COCKAYNE n’a pas enthousiasmé les foules.

  • Vos meilleurs souvenirs de lecture en 2008, tous éditeurs confondus ?
    Sans ordre particulier : L’accroissement mathématique du plaisir de Catherine DUFOUR, L’homme qui dessinait des chats de Michael MARSHALL, Eifelheim de Michael FLYNN, tous les romans de Jérôme NOIREZ...

  • Les œuvres et les auteurs sur lesquels vous pariez pour 2009 - et que vous avez envie de défendre ?
    Nous sortons deux nouveaux auteurs chez Pygmalion : Le dit du sang de Pamela FREEMAN [cycle : Le langage des pierres t. 1) et Le Palais Adamantin de Stephen DEAS [cycle : Les Rois-Dragons t. 1]. Tous deux proposent deux facettes assez complémentaires de la fantasy et je suis persuadé que les lecteurs aimant cette littérature y trouveront leur compte. Nous avons particulièrement soigné les couvertures, qui bénéficient pour l’occasion d’une nouvelle maquette.
    En poche, outre la grosse cavalerie habituelle de la collection, on trouvera en fin d’année quelques pépites, comme Lousiana Breakdown de Lucius SHEPARD, Fleurs de dragon de Jérôme NOIREZ ou encore Dreamericana de Fabrice COLIN.

Interviews recueillis par les cafarnautes en décembre 2008.


Mr.C