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Publié le 04/01/2009

Black Man de Richard Morgan

[Black Man, 2007]

ED. BRAGELONNE, NOV. 2008

Par paul muad’dib

Le voilà, le nouveau Richard Morgan. Après avoir lu et apprécié l’incontournable Carbone Modifié, son premier roman, et passé un moment agréable en compagnie de ses deux suites, c’est avec une certaine impatience que je me procurais Black Man son nouveau roman paru chez Bragelonne.


Dans un siècle à peine, l’humanité s’est débarrassée de la guerre.
Mais des vestiges embarrassants subsistent encore, comme les Variantes, ces êtres humains génétiquement modifiés, cordialement détestés par toute la population. Les plus inquiétants sont certainement les Variantes 13, ces hyper-mâles cultivés exclusivement pour la guerre.
Carl Marsalis est un de ces ex-soldats génémodifiés. Il pourchasse désormais ses anciens frères d’arme pour le compte des Nations unies. Ce n’est pas un boulot facile, car il est haï aussi bien par les gens normaux que par ses semblables : il est, dans tous les sens du terme, l’Homme Noir. Et pour le moment, même ses employeurs ne peuvent le sortir de sa prison de Floride. Alors, quand il reçoit la visite d’une ancienne détective aux prises avec des Variantes 13 particulièrement retorses, Carl est plus que disposé à conclure un accord.
S’engage ainsi une frénétique chasse à l’homme, avec à la clé, peut-être, la vérité sur ce que sont devenus les derniers soldats du monde.


Ce résumé alléchant, laissant entrevoir que nous avons peut être entre les mains un nouveau Blade Runner. La ressemblance est troublante, et vient enfin notre première rencontre avec le Black Man alias Carl Marsalis, une Variante 13 qui est employée par les Nations Unies pour retrouver ses pairs et les faire emprisonner ou les détruire.

Qu’est ce qu’une Variante 13 ? Et bien, c’est un être humain génétiquement modifié pour être plus rapide, moins émotif et dont la dose de virilité est au moins multipliée par deux ; un vrai prédateur parmi les humains, mais aussi une aberration génétique que personne n’apprécie.
Carl vient d’accomplir une mission en Amérique du Sud quand il est capturé par les autorités locales, qui l’envoient croupir sans aucune charge retenue contre lui, dans l’une des prisons de Floride. Un lieu où son employeur l’UNGLA [un équivalent des Nations Unies] n’a pas de prise.

Carl sera sauvé par un duo d’inspecteurs à la solde de la société Lincoln, une corporation ayant le monopole des transports spatiaux entre la Terre et Mars, qui viendront lui proposer un marché qu’il ne pourra pas refuser. Une variante 13, comme lui, s’est échappé de manière spectaculaire de Mars, en bousillant au passage un spatio-transporteur de la société Lincoln et entassant une montagne de cadavre dans sa fuite. Carl ayant vécu une expérience évasive similaire il y a quelques années, il est l’homme de la situation pour retrouver la variante 13 échappée.

Contrairement à Carbone modifié écrit à la première personne par son héros Takashi Kovacs, nous sommes ici dans un récit à la troisième personne, qui n’exclut pas des passages plus intimistes vis à vis de certains protagonistes de l’histoire.
Black Man est une symbiose réussie du polar et de la science-fiction tendance cyberpunk. Il faut dire que Richard Morgan semble avoir un don pour mêler ces deux genres littéraires, un peu comme un certain Michael Marshall Smith, mais ceci est une autre histoire...

L’histoire se déroule au XXIIème siècle et la terre a subi un nouveau découpage mondial au profit des nations unies, des corporations ou des extrémistes religieux. Dans ce futur proche, se côtoient des criminels, des extrémistes religieux, ainsi que des hommes et des femmes génétiquement modifiés tels que les Variantes 13 ou encore les Bonobos, des femmes modifiées pour le sexe.

Qui dit cyberpunk dit aussi intelligences artificielles, politiques pourris et scientifiques fous. Bien que l’intrigue paraphrase, dans les grandes lignes, le Blade Runner de Philip K. Dick, Black Man suit son propre chemin, sous la plume d’un auteur qui donne vie à ce futur sombre, presque réel, et très proche du nôtre à une heure où l’on rajoute des toxiques au lait maternel et où l’homme joue à l’apprenti sorcier avec les organismes génétiquement modifiés.

Les variantes, créées par les chinois, laissées à l’abandon puis pourchassées à causes de leurs gênes, ne sont sans rappeler certains vétérans outre-atlantique abandonnés par leur propre patrie pour la guerre qu’ils avaient menés et les tueurs qu’ils étaient devenus.

Morgan est un maître de l’action écrite tout comme John Mac Tiernan peut l’être au cinéma et il le prouve en nous livrant ce roman plein de testostérone. Mais ne vous leurrez pas, derrière l’action il y a la part belle aux échanges humains et l’auteur s’en prend allègrement aux religions, au racisme, ou encore au sexisme, sans oublier au passage une bonne critique de l’éthique scientifique.
Seul point noir à souligner : les nombreuses fautes de frappe ou les mots mal employés qui polluent la bonne lecture du livre.


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J’ai donc apprécié le roman, même si je le mets un poil en dessous du niveau de Carbone Modifié, il laisse en tout cas présager plein de bonne choses à venir de la part de son auteur, en attendant la traduction de sa série de Fantasy, pour l’instant inédite en France.

Si vous avez aimé Carbone Modifié, vous aimerez Black Man, et si vous n’avez pas lu le premier, et bien ce n’est pas si grave, vous pouvez quand même commencer par celui ci : ils n’ont aucun rapport l’un avec l’autre.