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Publié le 23/04/2007

« Black box Beatles » de CLARO

ED. NAÏVE, COLL. "SESSIONS", 2007

Par Shinjiku Par Pegase

Une grosse pomme noire et un titre bizarre croisèrent mon regard sur une table de libraire. Faisant fi de mes difficultés financières du moment, je craquai pour le pas très cher opuscule, et bien m’en prit. Car un roman déjanté un peu de SF hanté par quatre garçons dans le vent a sa place dans les chroniques du beatle cosmique.


C’est un pseudonymé CLARO, traducteur, directeur de collection au Cherche-Midi et auteur [notamment chez Verticales], qui nous invente cette étrange histoire : le vaisseau explorateur spatial KC [pour les intimes], rejeton d’une mystérieuse matrice X2L, attend placidement la prochaine contraction spatiale lorsqu’il découvre, flottant dans l’éther, une boîte noire, contenant plus de deux-cent "songs" produits par les quatre "master-codes" nommés john, paul, george et ringo ...

Le récit est à la première personne du singulier. Nous apprenons par l’intermédiaire d’une intelligence artificielle que l’univers est en train de mourir, de retourner peu à peu à son état originel. La mission de l’I.A est de sonder l’univers et plus particulièrement les anomalies phoniques. Tout porte à croire que l’espèce humaine a disparu, [il est fait mention d’une civilisation annihilée]... C’est ce que l’I.A suppose lorqu’elle récupère une boîte noire surfant sur la Voie lactée, une boîte noire dénommée Beatles...

L’absurdité du synopsis vaut au moins la réussite de l’entrée en matière. Toute la première partie est décoiffante : c’est drôle, inventif, léger, enlevé, les états d’âme du délirant vaisseau bouleversés par la découverte de cet étrange échantillonage des chantres de la pop-music qu’il imagine missionaires ou dictateurs d’un monde dessiné par leurs chansons. Le style est riche, vif, prenant, le joli bouquin se mord à pleines dents, les paroles des chansons s’infiltrent dans le texte, avec beaucoup de pertinence et d’humour.

"Le song 25 "its+been+a+hard/daynight" provoque un intéressant court-circuit qui perturbe mon système vidéo intégré..."

La deuxième partie est un peu plus didactique et sérieuse, mais l’inventivité de la langue ne s’essoufle pas : on plonge dans une sorte de biopic du groupe, fantasmée par un KC devenu entité omnipotente [le "flood"], et on se délecte de cette révision de l’histoire des Beatles - puis par extension de toute la musique rock de Hendrix à U2 en passant par Bob Dylan - survolée sur ce ton toujours décalé et détaché.

La troisième et dernière partie, enfin, constitue une sorte de chronique ou même d’exégèse démembrée de l’album "Black Box" qui donne son nom au livre.

"J’ai également dégagé un énoncé irréductible - pour l’instant - qui détient peut-être le secret de cet escamotage : OBLADI/OBLADA."


Christophe CLARO est l’auteur d’une dizaine de romans. Parmi eux « Chair électrique », « Bunker anatomie » ou encore « Enfilades ». C’est aussi le traducteur d’écrivains de renommée mondiale tels Gaddis, Pynchon ou encore Danielewski. En outre, il codirige la collection Lot49 aux éditions Cherche midi.


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« Black box Beatles », c’est d’abord un hommage à l’un des plus grands groupes du XXème siècle, à travers leur chansons et leurs vies. Inclassable et déroutant, c’est aussi et surtout du plaisir en Box, deux heures de psychédélique littérature dans votre vie, pas cher, joli, pas un grand roman... Mais ju-bi-la-toire.