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Première publication le 03/11/2005
Publié le 26/09/2009

Blind Lake de Robert C. Wilson

[Blind Lake, 2003]

ED. DENOEL / LUNES D’ENCRE, 2005 - REED. FOLIO SF, SEPT. 2009

Par PAT

Utilisant une technologie quantique qu’ils ne comprennent pas totalement, les scientifiques des complexes de Crossbank et Blind Lake observent des planètes extraterrestres distantes de la Terre de plusieurs dizaines d’années-lumière et, tout particulièrement, un extraterrestre qu’elle appelle " le Sujet ", mais que tout le monde surnomme " le homard ", à cause de sa morphologie. Et voilà qu’un jour, le Sujet entreprend un pèlerinage qui pourrait bien lui être fatal.

Au même moment, l’armée américaine boucle Blind Lake et instaure une quarantaine qui tourne à la tragédie... [4ème de couverture]


Attendu au tournant par une véritable légion de fans déjà convaincu[e]s par des titres aussi excellents que Darwinia, Bios ou le plus récent Les chronolithes, Robert Charles Wilson conclut l’année en beauté avec Blind Lake, joli roman qui rassemble la totalité des thèmes chers à l’auteur, avec une once d’optimisme.

Parfaitement conforme à un texte made in Wilson, Blind Lake n’est peut-être pas un grand livre, mais plane déjà bien plus haut que la moyenne des productions SF formatées à l’extrême. Regard profondément humain sur les êtres et les choses, scénario centré sur des personnages crédibles aux prises avec une situation qui les dépasse, évocation intelligente et optimiste de la communication entre des êtres fondamentalement différents, Blind Lake se dévore en quelques heures, tient son lecteur en haleine et remplit impeccablement son rôle de divertissement intelligent. Pas moins, mais pas plus. Un excellent bouquin à mettre entre toutes les mains.

Polar intelligemment raconté et situé dans un futur on ne peut plus proche, le roman s’ouvre sur la mise en quarantaine de la station d’observation astronomique de Blind Lake, Minnesota. Quarantaine respectée scrupuleusement pour cause de danger mortel : toute personne qui tente de sortir du complexe scientifique est froidement massacrée par des drones de combat qui ceinturent la zone. Bref, pour les scientifiques, journalistes et autres travailleurs journaliers pris au piège au moment de la fermeture de l’enclave, la question fondamentale reste : Combien de temps ?

Mais au-delà de ces considérations parfaitement terre à terre, la vraie question tourne plutôt autour du Pourquoi ? Alors que le blocus s’éternise et qu’aucune information ne filtre de l’extérieur, la vie s’organise comme elle peut [c’est d’ailleurs l’une des seules faiblesses du roman : on a du mal à croire au calme qui règne sur le terrain dans une situation aussi dérangeante, d’autant que la majeure partie de la population des reclus se compose de gens normaux, absolument pas préparés à ce genre d’expérience] et les recherches se poursuivent : à Blind Lake, on fait dans l’observation spatiale, certes, mais d’un genre particulier.

Utilisant une technologie quantique auto-évolutive parfaitement incompréhensible qu’ils subissent plus qu’ils ne maîtrisent, les scientifiques peuvent voir, explorer et suivre avec une précision hallucinante des créatures extraterrestres peuplant des planètes éloignées de plusieurs dizaines d’années lumière. Il est même possible de suivre un simple individu, sobrement baptisé, “Le sujet” dans son existence radicalement “étrangère”.

Le blocus se maintenant plusieurs semaines, puis plusieurs mois, et les choses s’accélèrent quand “Le sujet” abandonne soudainement ses occupations routinières pour quitter sa ville et marcher vers l’inconnu. Pourquoi un tel changement d’attitude que rien ne laissait présager ? Pourquoi le blocus de Blind Lake se maintient-il si longtemps alors qu’aucune forme de danger quelconque n’a jamais été identifié ?

Autant de questions auxquelles Robert Charles Wilson répond en partie [mais en partie seulement, c’est là que réside la poésie], en signant un roman qui ne transgresse aucune limite du genre, mais qui allie humour, intelligence et subtilité, ce qui est déjà beaucoup.


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Blind Lake est un voyage agréable et bien fichu, de ces promenades qui font tout le sel et l’intérêt de la SF, sans révolutionner pour autant la littérature dans son ensemble.