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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par Ubik
XVIIème siècle : les Broucolaques - comprendre les Vampires - débarquent nuitamment dans le Nouveau Monde. Ce n’est pas le rêve d’Amerigo Vespucci qui débute mais plutôt une idylle du temps des ombres, au fort goût de sang et à la brillance à peine ternie de l’argent.
Très rapidement les Brookes, comme les colons prennent l’habitude de les appeler, organisent un convoi qui s’ébranle vers l’Ouest à la conquête d’une terre où poser leurs canines. Mais la route est longue et semée d’embûches car leurs ennemis de la confrérie des chasseurs - une sorte de Ligue des héros avant la lettre - ont bien l’intention d’appliquer au pied de la lettre leur devise : trouver son cœur et tuer la bête car ils sont légion.
L’argument initial du roman de Wayne BARROW n’est en fait qu’un prétexte pour revisiter le mythe américain et quelques unes de ses figures emblématiques ; pour mémoire : les frères Earp, Doc Holliday, Mark Twain, William Bonney dit le Kid, John Chisum, les frères Dalton. Je suis sûr que ces quelques noms suscitent des frissons nostalgiques chez bon nombre d’anciens spectateurs de cette émission des années 1980 qui s’appelait La dernière séance. J’en suis, je sais de quoi je parle. Par contre, je garantis moins l’effet chez les plus jeunes pour qui les mémoires de l’homme-éléphant se résument à Dumbo contre Oui-oui.
Mais je m’éloigne du sujet, revenons-y.
Toutes ses figures de l’Histoire états-unienne et les icônes du Western sont invoquées par le plus très jeune Wayne et jouent un rôle qui n’est pas totalement celui que nous leur connaissons car l’auteur se les approprie afin d’en faire les acteurs d’une épopée qui ne fait pas l’économie d’une certaine authenticité rugueuse, malgré ses présupposés fantastiques. Bref, il en fait les jouets de son imagination fantasque de reconquérant.
Ainsi le récit puise avec générosité aux sources du mythe états-unien quelles soient littéraires mais surtout cinématographiques. Ce n’est certes pas un cinépanorama complet du Western que nous propose l’ami Wayne. Néanmoins, l’amateur éclairé s’amusera beaucoup à retrouver les références et clins d’œil égrainés dans le récit.
Avec une telle matière, on pouvait craindre que la narration ne soit un vrai pandoménium. Fort heureusement, Wayne maîtrise son sujet ; il jongle aisément avec les multiples fragments d’histoires personnelles qui composent sa fresque. Il impulse même un sens à son Histoire d’âmes errantes en Amérique en faisant débuter celle-ci par l’arrivée des Brookes, ces pâles Riders fantômatiques, dans le Nouveau Monde et en l’achevant par leur retour dans l’Ancien Monde pendant la Première Guerre mondiale. Ainsi, la narration est bouclée de manière élégante.
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Tribut honoré par un sachem américain au mythe états-unien ; hommage décalé à ces frères de l’arme qui ont fait les beaux jours d’une culture populaire ; adaptation âpre, crade et sans fioritures de l’Histoire états-unienne ; retour aux sources de l’aventure fantastique : « Bloodsilver » est tout cela à la fois. Un livre que j’aurais souhaité avoir reçu pour mon dernier anniversaire. |
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