EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 01/07/2004

"Brocéliande" de Jean-Louis FETJAINE

["Le Pas de Merlin" 2/2]

ED. BELFOND, MAI 2004 - REED. POCKET FANTASY, MARS 2006

Par Ubik

Suivant de peu la réédition du « Pas de Merlin » en poche, « Brocéliande » constitue le point d’orgue de ce diptyque entamé par Jean-Louis Fetjaine en 2002. C’est donc avec une certaine nostalgie que nous arrivons au terme de cette ballade mélancolique dans la matière de Bretagne.


Bon reprenons un peu le fil des événements. Nous avions laissé Merlin, Myrddin devrions-nous plutôt dire, au seuil des deux mondes, celui de sa mère, reine du royaume breton de Dyfed en proie au bruit et à la fureur guerrière des invasions ; et, celui de son père naturel, le monde éthéré et mystérieux des elfes, sis hors du temps ou plutôt en un temps autre que celui du commun des mortels. L’instant des révélations était venu et s’étant dépouillé de ses derniers vestiges d’humanité, la chevelure blanchie prématurément par l’épreuve, Myrddin avait fait le choix de s’embarquer avec son compagnon d’aventure, le moine Blaise, pour la petite Bretagne afin d’y rejoindre son père en Brocéliande.

Dans ce nouveau roman, les destins de chacun des personnages que nous avions croisé précédemment, s’achèvent. Pour Ryderc, dernier riothime breton sur les épaules duquel repose les ultimes espoirs du peuple breton ; pour Guendoloena, mariée au roi du Dal Riada et mère d’un fils dont le père n’est autre que Myrddin lui-même, pour Blaise, enfin, partagé entre sa foi sincère et son amitié, non moins loyale, envers Myrddin, il est temps de faire les bons choix afin d’éviter la ruine. Mais, peut-être est-il déjà trop tard ?

Ce périple en pays et légendes celtes nous fait traverser la Manche et découvrir la petite Bretagne. A mille lieues des batailles épiques de la hard fantasy, néanmoins, il faut reconnaître qu’il y en a un peu dans ce roman, Jean-Louis FETJAINE nous immerge dans un monde primitif imprégné par l’odeur de la tourbe, dans lequel l’Homme côtoie encore la nature et où les croyances païennes sont peu à peu éradiquées par une religion chrétienne en plein essor. Il s’attache davantage au pas des personnages, à leurs doutes, à leur devenir et à l’atmosphère des lieux qu’aux événements historiques.

Tour à tour, inquiétante, impénétrable et merveilleuse, la forêt d’Eliande ou de Brocéliande sert de toile de fond et incarne véritablement un personnage pendant une bonne partie du roman.

Poursuivant également sa démarche de restitution « historique » mais n’hésitant pas à en combler élégamment les lacunes, FETJAINE nous dresse le portrait d’un Merlin qui n’a rien à voir avec le personnage emblématique de l’enchanteur chenu à la barbe et à la chevelure blanche. Au contraire, son Merlin est à peine sorti de l’adolescence mais pourtant déjà amer et lucide. Il ne sait pas nager, éprouve le doute, connaît la bible mieux que certains prêtres mal dégrossis et possède la faculté de parler avec les morts, ce qui à ses yeux constitue une véritable malédiction.


COMMANDER

« Brocéliande » est un roman qui par moment semble touché par la grâce et l’on sort meurtri par sa lecture. Ainsi, on ne peut que conseiller celle-ci aux adeptes d’une fantasy mélancolique plongée au cœur des mythes d’une époque révolue.