Ecrivain imaginaire, davidcalvo est intégralement né à l’intérieur de son crâne. Et toute tentative d’avoir une vision objective, basée sur une chronologie exacte de son existence, est illusoire. Alors pour le mettre en fiche, le biographe se voit bien embêté, et même un peu contrit. Il ne lui reste qu’à tenter de recoller les morceaux de réel qui ont échappé au sabordage.


Bon, il y a bien les livres. Au moins, c’est du solide, les livres. Ca se met sur des étagères, on peut même y coller des étiquettes [un gros mot au pays de davidcalvo], ça a des dates, des n° ISBN pour les libraires et les collectionneurs, ça a même un contenu - parfois.

Mais là encore, davidcalvo fait de la résistance : il en a écrit le moins possible, des livres. Et, souvent pas tout seul. C’est qu’il savait qu’on allait réussir à le coincer avec ça, alors il s’est arrangé pour brouiller les pistes...

Il y a donc eu deux romans foutraques d’aventures fantastique mettant en scène Bertrand LACEJAMBE et son acolyte. C’est parodique, très parodique, marrant, un peu dingo ; dedans, il y a des nanotrucs, Marseille, des bestioles. C’est plutôt bien ficelé et rigolo.

On en déduit quoi alors ? Que davidcalvo est un grand enfant ? qu’il a trop lu William GIBSON et Neil GAIMAN quand il était petit ? Allez savoir...

Puis il y a eu des scénarios de BD. davidcalvo a notamment signé une série de romans-photo avec des peluches [j’invente rien, ça s’appelle "AK" et même qu’un tome 2 sort en août], et la série « Kaarib », chez Dargaud, des aventures de pirates. Bon, là on recommence à douter : est-il vraiment possible qu’un auteur digne de ce nom partent dans tous les sens à ce point là ? Est-ce que ça se fait ? Non, c’est pas sérieux. Mais continuons.

La signature davidcalvo apparaît sur deux romans aux côtés de celle de Fabrice COLIN, présenté comme son pote. COLIN, lui, il existe, c’est à peu près sûr. Il a écrit plein de choses, il est davantage « cernable ». Dans le fandom, on dit que c’est le jeune auteur français qui a du style, qu’il dépasse la SF parce qu’il « expérimente » [ça veut dire qu’il ne fait pas que des phrases sur le modèle sujet-verbe-complément]. Les critiques l’aiment bien, COLIN. Il écrit des trucs sérieux, mieux encore, des trucs tristes...

L’ennui c’est que, ensemble, COLIN + davidcalvo ne pondent que des romans qui ressemblent à des déconnades : scénario minimaliste, personnages caricaturaux, des îles qui n’en finissent pas de couler [« Sunk »]. Alors, là, on en déduit quoi ? Que c’est davidcalvo qui exacerbe le délire chez COLIN ? Ou alors, plus pervers : que davidcalvo n’existe pas, c’est COLIN qui l’a inventé pour exprimer ses délires sans passer pour un pitre ? Voilà pourquoi il existe très peu de photos de davidcalvo... [hé hé, c’est vrai ça...]

SLAMMING CALVO

Quoiqu’il en soit, l’entité davidcalvo a fini par revenir en solo : il y a eu « Wonderful », un très bel hommage à Neil GAIMAN avec pas mal de poésie en plus. Et puis il y a eu « Acide organique ». Et là, respect : onze nouvelles dont quelques perles, et même une perle noire, "CPCBN", procurez-vous là. Du coup, on a bien été obligé de croire en lui - pas au sens religieux [à moins que [allez savoir]], non, croire en lui au sens : il existe sûrement, finalement.

Bon. A côté des livres, pour compléter le puzzle, il y a des mots, des mots qui reviennent dans les - forcément - rarissimes interviews de davidcalvo. Des mots-clés : Tex Avery et Walt Disney. Le rock indépendant. Les hélicoptères. Kate Bush.

Voilà.

Déjà, ça vous fait quelques éléments.

Je peux aussi vous mettre, pour le même prix, quelques rumeurs dont la plupart, sont sans doute sans aucun fondement : davidcalvo aurait un papa juif tunisien et un aïeul écossais. davidcalvo aurait un espace-web personnel quasi introuvable, sauf en cherchant bien. davidcalvo serait un peu journaliste. davidcalvo s’adonnerait au slamming. davidcalvo survivrait grâce à son activité de game designer. davidcalvo collectionnerait les calculatrices Texas Instrument. davidcalvo serait un écrivain post-moderne. Vous voilà aussi informés que possible sur l’entité davidcalvo.

Si vous lisez ses œuvres complètes, y compris son dernier roman, « Minuscules flocons de neige depuis dix minutes » [juin 2006], vous devriez commencer à mieux comprendre.

Maintenant, pour en apprendre davantage, il n’y a plus qu’une seule solution : se faire un visage en latex de Fabrice COLIN, et imiter sa gestuelle pour amadouer le vrai davidcalvo. C’est jouable. Risqué, mais jouable. De toutes façons, vous risquez quoi ?



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Constellations, T2. Les Anoraks

Daryl et Popcube

Tout droit sorti de la tête de David Calvo et du crayon de Popcube, Constellations 2 a débarqué en catimini début juin. Tellement en catimini qu’on ne s’en était même pas rendu compte. Correction, donc, pour attirer l’attention sur cette (très) jolie bande-dessinée parue aux éditions Ankama.

 

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« Nid de coucou » de David CALVO

Poursuivant sa carrière aux Moutons électriques, David CALVO progresse dans son exploration du sous-monde néo-libéral qui jalonnent le nôtre, sage et démocratique comme chacun sait, sans que nous ayons même conscience [ou est-ce l’inverse ?]

 

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"Minuscules flocons de neige depuis dix minutes" de David CALVO

Voyage au-delà du réel pour un journaliste venu à Los Angeles couvrir une convention de jeux vidéos, et qui passe de l’autre côté du miroir, ou plutôt de la Grille.

Godzilla, TRON, les hélicoptères qui patrouillent, le virtuel qui déborde, et les pixels qui neigent. Poétique, mélancolique, paranoïaque ; la meilleure hallucination de David CALVO à ce jour.

 

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"Sunk" de Fabrice COLIN & David CALVO

On m’avait dit que Fabrice COLIN et David CALVO réunit ensemble ça détonnait. Dans leur dernière livraison commune, « Sunk » paru chez Les moutons électriques, les deux lascars en remettent une couche et semblent s’être fait un malin plaisir d’en faire à nouveau des tonnes. Pour l’occasion, je teste mon ubiquité pour dresser un compte rendu en double point de vue.

 

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"Acide organique" de David CALVO

ED. MOUTONS ELECTRIQUES, MARS 2005

Le monsieur CALVO, nous vous en parlions en début d’année suite à la réédition de "Wonderful" chez J’ai Lu, est une personne à très gros potentiel. Même lorsqu’il nous proposait un "Neverwhere"-like un cran en dessous de l’original, nous ne pouvions nous empêcher d’être enchanté par les traits de génie secouant l’auteur.

Peut-être pas encore tout à fait conquis mais plus qu’agréablement surpris, nous attendions donc de pied ferme ce premier recueil. Fébrile, un peu ; enthousiaste, beaucoup ; la peur de la déception. Confirmation d’un talent ou pétard mouillé ? Longue réponse en texte et en images à la fin de cette violente césure.

 

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"Wonderful" de David CALVO

ED. BRAGELONNE, 2001 - REED. POCHE J’AI LU, NOV. 2004

On manque parfois de rater de petites perles. De beaux objets discrets qui ne demandent rien à personne, gentiment posés dans leur coin d’étagère ; au détour d’un obscur rayon d’Imaginaires. Des livres à lire, mais qui ne cherchent pas à vous sauter à la gorge pour vous détrousser et s’enfuir avec votre porte-monnaie et votre amour propre. Non.

"Wonderful" fait partie de ceux-là, ces livres qu’on aperçoit mais manque vite d’oublier. D’ailleurs, "Wonderful" revient de loin. Explications.

 

Mr.C