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Il y a aujourd’hui, dans toute bonne bibliothèque de famille en Grande-Bretagne, un exemplaire de la Bible, une bonne partie du théâtre de SHAKESPEARE et « Alice au Pays des Merveilles ». L’histoire d’une petite fille qui, parce qu’elle poursuivait un lapin blanc retardataire, se retrouve dans un monde totalement illogique, est devenu l’un de nos mythes fondateurs.
Son auteur, un révérend anglais solitaire qui n’aimait que les mathématiques, les jeux de mots, la photographie et les fillettes, est une énigme aussi complexe que celles du Chat de Cheschire .


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Alice
par l’illustrateur John TENNIEL

Charles Lutwidge DODGSON naît et grandit dans un milieu protecteur et conservateur : son père est un pasteur digne et altruiste, sa mère une femme douce sans grande personnalité. La famille vit dans le presbytère isolé de Croft-on-Tees, dans le Yorkshire. Charles est le troisième d’une fratrie de onze enfants.
Doué et intelligent, Charles est cependant affligé de deux particularités qui à l’époque en font un enfant anormal : il est gaucher et bégaye atrocement [deux soucis partagés avec une partie de ses frères et soeurs...] Honteux et timide, il est la cible des moqueries de ses camarades pendant toute sa scolarité en pension, à l’école de Richmond puis à Rugby. Il supporte mal la vie collective et la rigueur de l’éducation victorienne.

Sa mère meurt en 1851, et ses relations avec son père ne sont guère tendres. Adolescent, Charles DODGSON montre un penchant certain pour la littérature, avec une inclination pour la merveilleux et l’absurde, le fameux nonsense britannique dont il sera l’un des plus brillants explorateur. Il invente toute sorte de jeux pour ses frères et sœurs et rédige tôt de petits poèmes.
Il publie d’éphémères revues locales, comme La Revue du presbytère, La Comète, Le Bouton de rose, Le Feu follet, Le Parapluie du presbytère et Méli-Mélo. Il illustre parfois ses textes lui-même et écrit aussi des piécettes qu’il fait jouer dans le théâtre de marionnettes qu’il a fait construire par le menuisier du village.

Elève du Christ Chuch College d’Oxford, il en devient un des professeurs, en mathématiques, en 1855. C’est là qu’il passera toute son existence, solitaire, se liant peu en amitié et célibataire ; le révérend DODGSON s’évade en arithmétiques - il publiera plusieurs ouvrages de mathématiques et un traité de logique - et... en rêveries.

Il commence à contribuer à des revues et en 1856, le rédacteur en chef de The Train, Edmund YATES, choisit son pseudonyme parmi les quatre proposés par le révérend : ce sera Lewis CARROLL.

Le 18 mai 1956, Charles DODGSON achète son premier appareil photographique à Londres. Peu après, alors qu’il photographiait la cathédrale depuis le jardin du doyen Liddell au Christ Church College, il fait la rencontre des trois fillettes Liddell et les prend pour modèle. Parmi elles, une petite brunette aux yeux pétillants : Alice.

Attirée par la fillette, le révérend DODGSON lui rend visite et lui écrit régulièrement, imaginant pour son amusement devinettes et charades, jeux de mots et petites fables. C’est lors d’une promenade en barque sur l’Isis, le 4 juillet 1862, que tout en ramant, Charles DODGSON imagine pour la petite Alice [elle a alors 10 ans] et ses sœurs Lorina et Edith, le récit de ce qui deviendra les Aventures d’Alice sous terre.
Deux ans plus tard, à la demande de la jeune Alice, l’histoire improvisée devient un livre calligraphié et illustré de 37 dessins de sa main, que le révérend lui offre, le 26 novembre 1864.

Ses [rares] amis sont enthousaste et poussent DODGSON à écrire une nouvelle version destinée à être publiée : il convainc le célèbre illustrateur John TENNIEL d’illustrer le récit, et l’éditeur MacMillan de le publier. Il distribue les premiers exemplaires de « Alice au Pays des Merveilles » [« Alice in Wonderland »] en juillet 1865 à ses amis. Le succès est immédiat. Le livre sera réédité et traduit en plusieurs langues du vivant même de son auteur.
En 1871, « De l’autre côté du miroir » donnera une suite aux absurdes tribulations d’Alice, et connaîtra le même engouement critique et public.

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Le lapin blanc
par l’illustrateur John TENNIEL

Passionné de photographie, DODGSON devient également l’un des plus grands photographes de son temps. Il laissera plus de trois milles clichés de personnalités et de paysages, mais aussi, en bonne partie... de petites filles : Charles DODGSON est fasciné par les jeunes filles. Ses placards regorgeaient de jouets, et ses poches réservaient toujours de jolies surprises aux fillettes rencontrées au hasard d’une promenade ou d’un voyage. Il entretenait ensuite une correspondance suivie avec celles-ci, en quête d’amours purement platoniques mais suffisamment ambiguës pour qu’à terme Mrs Liddell s’en émeuve et éloigne l’étrange révérend de ses trois fillettes...

Lewis CARROLL, outre les aventures d’Alice, a signé également « La Chasse au Snark » [« The Hunting of the Snark », 1876], poème fantaisiste à l’intrigue absurde qui voit une improbable cohorte menée par L’Homme à la cloche poursuivre un animal fantastique. Jeux littéraire drôlatique, le récit est ponctué de néologisme et de mots-valises, et empreint d’une certaine mélancolie.
Ses relations avec le doyen LIDDELL, déjà compliquées, s’enveniment encore lorsqu’il s’amuse à rédiger de cinglants pamphlets pour dénoncer telle ou telle absurdité du fonctionnement du College ; cela l’isole davantage encore de ses pairs.
En 1889, il publie « Sylvie et Bruno », un conte féérique à la construction originale puisqu’il mène en parallèle deux intrigues, l’une dans le monde réel et l’autre dans le monde du rêve.

Charles DODGSON est mort en janvier 1898. Depuis quelques années déjà il avait cessé d’écrire autre chose que des traités d’arithmétique et il renvoyait tous les courriers adressés à Lewis CARROLL avec la mention « Inconnu ».


A LIRE AUSSI :
> Le dossier « Lewis CARROLL, et inversement »
> L’interview de Jérôme NOIREZ : "On ne peut rêver personnage plus littéraire que Lewis CARROLL", à propos de son roman « Leçons du monde fluctuant » [Sept. 2007] inspiré de Lewis CARROLL



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Les Aventures d’Alice au pays des merveilles et La Traversée du miroir et ce qu’Alice trouva de l’autre côté de Lewis Carroll

[Illustrations : Mervyn Peake]

« Tous ceux qui gardent le sens de la révolte reconnaîtront en Lewis Carroll leur premier maître d’école buissonnière ».
André Breton, Anthologie de l’humour noir.

 

DOSSIERS :

> L'interview - Lewis Carroll, et inversement [septembre 2007]

Mr.C