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Parmi les auteurs de science fiction morts, Michael G. CONEY fait un peu figure de parent pauvre. Peut-être la discrétion et la tonalité en demi-teinte d’une grande partie de son œuvre y sont-elles pour quelque chose. Mais, la dispersion de sa bibliographie entre plusieurs collections [dont certaines n’existent plus] explique encore plus certainement la perte de visibilité de ses romans. La réédition presque simultanée de plusieurs de ses textes vient fort heureusement rendre à nouveau accessible une part importante de son œuvre.


Un écrivain sur le tard, un peu par hasard

Après des études dans le respect très strict de la tradition anglaise [où des professeurs intimidants vous bourrent de tout un savoir inutile pour que vous n’ayez pas le temps de penser aux seins], Michael G. CONEY entame une carrière enthousiasmante d’expert-comptable qu’il abandonne rapidement pour devenir consultant en management puis pour diriger un pub.

Instable M. G. CONEY ou déjà attiré par l’ailleurs ? Toujours est-il qu’il finit par quitter l’Angleterre pour l’île tropicale d’Antigua où il prend, avec l’aide de son épouse, la direction d’un hôtel appelé Jabberwock. En 1972, Michael G. CONEY émigre une nouvelle fois pour s’installer à Sidney, en Colombie Britannique. Son emménagement au Canada coïncide avec la parution de son premier roman [Mirror Image] car jusque-là il n’a pas écrit grand chose. C’est un questionnaire paru dans le magazine britannique New Worlds au milieu des années 1960 qui lui a donné le goût de l’écriture. Précisons au passage qu’en y répondant, M. G. CONEY exprimait sa totale incompréhension pour la New Wave et affirmait pouvoir écrire lui-même de la meilleure science-fiction. Entre l’affirmation quelque peu présomptueuse et sa réalisation, il s’écoulera encore quelque temps.

Mondes pionniers

Les années 1970 s’avèrent être celles de l’accomplissement. Premier roman de l’auteur à paraître en France en 1974, L’Image au miroir [Mirror Image, 1972] fixe durablement le cadre de l’imaginaire de M. G. CONEY. A l’instar de Keith ROBERTS ou de Christopher PRIEST, CONEY n’est pas un adepte des fresques flamboyantes, des joujoux technologiques et d’un sense of wonder tapageur. Il excelle dans les atmosphères feutrées, les intrigues en demi-teintes et une narration lente. Il s’attache avant tout aux personnages, à leur psychologie, à la façon dont ils perçoivent ou ressentent leur environnement. Dans ses romans, les dystopies sont calmes, les relations humaines intimistes et l’apocalypse tranquille.

Même si les éléments science-fictifs restent discrets, son imagination se nourrit des thématiques les plus classiques du genre : mondes étrangers, voyage spatial, rencontre avec des extra-terrestres, mondes parallèles...

Cette décennie est une période faste pour l’auteur. Il enchaîne les titres, recevant en 1977 pour Brontomek le British Science Fiction Award. Et puis, son inspiration semble se tarir.

Fragments légendaires d’un lointain futur

Après un bref passage à vide, on observe dans les années 1980 un changement de ton et de paradigme. Michael G. CONEY entame l’écriture d’un long cycle intitulé Le chant de la Terre dans lequel il souhaite rendre hommage à Cordwainer SMITH qui s’incarne dans le personnage de Mordecai N. Whirst qui est une anagramme tirée du nom de l’écrivain.

La description du quotidien prosaïque de petites communautés isolées cède la place à l’émerveillement et au conte. L’espace s’ouvre, les personnages se multiplient et le temps se déploie comme une inflorescence infinie : les aléapistes. Même si Le Chant de la Terre apparaît un cran au-dessous de l’œuvre de son inspirateur, le cycle révèle toutefois des moments de pur bonheur, en particulier dans La grande course de chars à voile [Cat Karina, 1982].

Avant de mourir, M. G. CONEY revient à l’univers de Rax en écrivant une suite à ce roman ; un livre qui trouvera difficilement preneur et paraîtra finalement en 2007 après la mort de son auteur. Celle-ci survient en 2005 suite à un cancer du poumon occasionné par une exposition à l’amiante.

On peut consulter en ligne trois romans et cinq nouvelles inédits.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


ROMANS :

  • L’Image au miroir [Mirror Image, 1972]

Une mission de colonisation sur un monde extraterrestre entre en contact avec une nouvelle espèce : les amorphes. Ceux-ci ont comme particularité de se transformer pour copier l’apparence des êtres qu’ils rencontrent. Bientôt, entre vrais humains et faux humains, le doute s’installe.

Ce premier roman de M.G. CONEY joue habilement avec un thème classique de la guerre froide : la peur de l’ennemi intérieur et la paranoïa qui en découle. A noter que l’auteur réutilisera par la suite les amorphes dans Brontomek.

  • Syzygie [Syzygy, 1973]

Sur Arcadia, les colons se préparent aux marées exceptionnelles qui se produisent tous les cinquante ans lorsque les six lunes de la planète entrent en conjonction. A Rivebourg comme dans toutes les autres localités côtières, on attend avec fatalisme l’inondation. Mais la véritable menace n’est peut-être pas celle que l’on peut prévoir. Au fur et à mesure que le plancton se rassemble dans les estuaires, une nervosité inexpliquée croît. Des émotions violentes parasitent les pensées des habitants qui se comportent d’une manière bien peu rationnelle.

  • Charisme [Charisma, 1975]

Voyage temporel et univers parallèles en pagaille. S’il ne jouait pas avec ces ressorts, ce roman ne serait finalement qu’une histoire d’amour mâtinée d’une enquête policière. A rapprocher de l’œuvre de Christopher PRIEST.

  • Les Crocs et les griffes [The Jaws That Bite, The Claws That Catch, 1975]
  • Rax [Hello Summer Goodbye, 1975]

Comme tous les ans, Pastour accompagne ses parents au bord de la mer à Pallahaxi afin, le temps des vacances, d’assister au retour de la grume. Cette année, deux événements, en apparence sans lien, viennent rompre la routine. Il semble bien que la guerre entre Asta et Erto soit sur le point de s’achever par la défaite d’un des deux belligérants. Et puis, le père de Pastour se trouve impliqué de très près dans la construction d’une conserverie moderne sur le littoral. Un projet qui suscite l’effervescence à Pallahaxi en raison du secret qui l’entoure. Mais tout ceci reste secondaire aux yeux de Pastour que l’adolescence porte vers d’autres sujets de préoccupation, en particulier la perspective de revoir la fille de l’aubergiste, Prunelles-d’or.

Comme le titre anglais le laisse deviner, il existe plus qu’une vague ressemblance entre le bouleversement d’ampleur cosmique qui menace Pastour et les autres colons, et celui introduit par Brian ALDISS dans les romans du cycle d’Helliconia. L’intrigue très lente ne ménage que peu de surprises mais on ne peut nier que l’atmosphère d’isolement et de fin du monde est rendue d’une manière fort convaincante.

  • Brontomek [Brontomek, 1976]

Retour sur la planète Arcadia peu de temps après les perturbations générées par l’Effet Relais. Cette fois, le péril n’est plus d’origine environnementale mais sociétale. L’Organisation Hetherington, une firme transplanétaire, se propose de relancer la colonisation par la privatisation de la planète entière. Il va sans dire que ce changement radical n’est pas du goût de la majorité de la population de Rivebourg qui est très fière de son indépendance et de sa liberté. Bientôt débarquent les brontomaches et les moissonneuses aquatiques qui doivent mettre en valeur l’investissement de la firme.

En retournant à Rivebourg, M.G. CONEY ne se contente pas simplement de rejouer l’intrigue de Syzygie. Il offre un autre point de vue sur la petite communauté et sur ses principales personnalités. Le narrateur change, ce qui contribue à modifier la perception que l’on a des habitants. Pour le reste, l’auteur s’attache toujours aux détails des interactions entre les psychologies et aux relations de solidarité qui se nouent et se dénouent dans un univers clos confronté au bouleversement de son style de vie.


CYCLE : Le Chant de la Terre

  • La grande course de chars à voile [Cat Karina, 1982]
  • La locomotive à vapeur céleste [The Celestial steam Locomotive, 1983]
  • Les Dieux du Grand-Loin [Gods of the Greataway, 1984]
  • Le Gnome [Fang, the Gnome, 1988]
  • Le Roi de l’île au sceptre [King of the Sceptre’s Isle, 1989]

A l’origine, Le Chant de la Terre se veut un hommage à Cordwainer SMITH. Mais, le texte prend tellement d’ampleur que M. G. CONEY écrit deux romans : La Locomotive à vapeur céleste et Les Dieux du Grand-Loin. Cycle, livre-univers, histoire du futur, on hésite à apposer une étiquette définitive sur l’œuvre. Pour faire court, disons juste que Le Chant de la Terre est le récit fragmentaire et légendaire de la libération de Starquin, une entité tellement ancienne et démesurée que l’on peine à la décrire [en gros l’équivalent d’un Dieu], par trois êtres humains dont les aventures permettront la redécouverte de l’amour, seul moyen de désamorcer les bombes de haine qui le maintiennent prisonnier.

Parallèlement à ce diptyque, l’auteur écrit La grande course de chars à voile dont l’action se déroule avant celui-ci. Ce roman totalement indépendant et dépourvu des longueurs du diptyque s’impose comme le titre incontournable du cycle.

Par la suite, M. G. CONEY développe un second diptyque [Le Gnome et Le Roi de l’île au sceptre] où il introduit des éléments empruntés à la fantasy et au cycle arthurien.



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Péninsule de Michael Coney

Il est des livres qui enchantent le lecteur, au point que l’on se demande encore comment ils ont pu disparaître des librairies. Péninsule de Michael Coney est assurément de ceux-là.
Exhumé par Les Moutons Electriques il y a deux ans, cet incontournable ressort en poche.

 

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La Grande course de chars à voiles de Michael Coney

[Cat Karina, 1982]

La Terre dans plusieurs dizaines de milliers d’années. Frappées d’interdit religieux, les technologies ont été peu-à-peu oubliées. Les transports longue-distance s’effectuent désormais à bord de grands chars à voiles qui circulent sur une immense voie de bois. Comme les métaux, le feu et la consommation de viande sont devenus tabous.

 

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Le crépuscule des mondes de Michael G. Coney

Par définition, la Science-fiction est un genre qui spécule sur l’avenir. Que ce soit pour divertir ou pour faire réfléchir [voire les deux à la fois], elle a fait du futur le territoire de préoccupations qui restent néanmoins très présentes. Elle est également un genre littéraire doté d’une réelle épaisseur historique comme en témoigne la réédition régulière de grands classiques.

La collection Terra Incognita chez Terre de brume et la Bibliothèque voltaïque des Moutons électriques se sont attachées à [re]mettre en valeur un corpus trop souvent oublié ou méconnu. A leur tour, les éditions Bragelonne ont déployé leur ADM [armes de diffusion massive] afin d’exploiter le marché de la nostalgie ; un marché dont je me garderai bien d’avancer qu’il résulte d’une vraie demande, d’un réel intérêt patrimonial ou d’un plus prosaïque opportunisme commercial. Deux premiers titres sont venus ouvrir leur catalogue : La Terre sauvage de Julia Verlanger aka Gilles Thomas et Le crépuscule des mondes de Michael G. Coney dont il va être ici question.

 

Ubik