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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Ce roman est dédié à Richard MATHESON et à ROMERO, on comprend tout de suite pourquoi. Le pitch est digne des grandes heures des séries B : les téléphones portables transmettent un signal qui formate le cerveau des gens qui l’entendent et en fait des zombies assassins. Hum, difficile de ne pas sourire...
Après 50 pages assez jouissives - orgie de zombie, moults membres arrachés, yeux crevés, carotides déchiquetées - on suit le périple à travers le Maine d’une poignée de "normaux" [et oui encore un ka-tet] qui se dirigent vers une réserve indienne dans laquelle le signal des téléphones ne passent pas [oui je sais ça devient génant une histoire aussi faible].
Vous l’aurez compris, le dernier KING n’est pas d’une finesse à toute épreuve, aucune trace de la poésie des livres de la fin des annèes 90, ici tout n’est que carnage et hémoglobine. Mais ce roman est surtout très décevant quand on sait de quoi KING est capable.
Contrairement à son habitude, les personnages ne sont pas du tout attachants [mis à part peut-être Alice, l’ado à la baby Nike]. On a vite une idée fixe : celle de les voir tous se faire cramer pour les zombies pour qu’on en finisse et vite.
Et puis il y a cette fabuleuse idée gâchée qui rôde dans le livre mais n’est jamais exploitée : Clay, le "héros", est dessinateur de BD et vient de trouver un éditeur pour publier le cycle de fantasy sur lequel il travaille depuis toujours.
Au début du livre, il pense, avec nostalgie, à tous les personnages qu’il va abandonner [surtout que le portfolio qui contient les originaux connaitra plusieurs mésaventures]. Et bien sûr derrière Clay c’est KING et la « Tour Sombre » qui se profilent, KING a envie de traiter la problématique de la difficulté de se séparer de personnages avec lesquels on vit depuis si longtemps. Malheureusement cette idée est à peine esquissée...
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On ne peut qu’imaginer ce qu’aurait été le livre si KING avait axé ses réflexions sur Clay et ses personnages perdus au lieu de se perdre dans une histoire de zombie franchement pathétique, tellement loin du « Je suis une Légende » auquel fait référence la dédicace. |
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A LIRE AUSSI :
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