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Publié le 06/07/2008

« Chants de l’Espace » de Samuel R. DELANY

ED. BRAGELONNE, MAI 2008

Par Arrakhan

De cet auteur trop souvent oublié et quasiment passé à la trappe chez les éditeurs francophones depuis dix ans, voici enfin une réédition quif ait l’événement : en un volume, sont proposés deux romans, deux novellas et trois nouvelles, parmi lesquels trois prix Nebula et un Hugo !
Une occasion qu’on n’attendait plus de découvrir cet écrivain incontournable, contourné et pourtant essentiel.



Les textes se suivent selon l’ordre chronologique, le premier datant de 1965, le dernier de 1968, et illustrent de manière représentative le talent de DELANY, au fil des différents tons dans lesquels il est capable de verser.

Au sommaire :

- La ballade de Bêta-2
- Babel 17
- Empire Star
- La fosse aux Etoiles
- ... Et pour toujours Gomorrhe
- Nova
- Le temps considéré comme une hélice de pierres semi-précieuses

- Une bibliographie de l’auteur [ou une liste de travail pour éditeurs, c’est selon...]


La ballade de Bêta-2

Au milieu du vingt-troisième siècle, une flotte de vaisseaux partit de la Terre pour un voyage vers Leffer, une étoile lointaine, qui devait durer douze générations. Soixante ans après son départ, le voyage par l’hyperespace permettant de franchir des distances astronomiques en quelques secondes était découvert sur Terre. Si bien que lorsque la flotte arriva à destination, les humains avaient déjà colonisé maints systèmes planétaires... On plaça les arches stellaires en orbite autour de leur destination, et ceux que l’on nomme le Peuple Astral continuent de s’y éteindre lentement.

Joneny, étudiant en anthropologie galactique, se voit contraint par son professeur à une étude sur ce peuple considéré comme une bande de dégénérés, un accident de l’Histoire... Avant que cette tâche à laquelle il rechigne ne lui soit imposée, il lui est argumenté que nul ne sait pourquoi, sur les douze vaisseaux, seuls dix sont arrivés au terme du voyage ; dix, dont deux complètement vides... Il doit fournir une étude historique exhaustive d’un des rares textes connus de la période d’errance du Peuple Astral : La ballade de Bêta-2.

Après avoir découvert ce texte plutôt obscur qu’il juge peu original, voilà donc Joneny parti pour Leffer, à bord d’un petit vaisseau permettant la stase temporelle, muni des très vagues connaissances récoltées avec désinvolture sur ce peuple tombé en déconsidération. Il y décryptera au fur et à mesure la ballade, à travers les petites facéties du langage transformé par les siècles, en découvrant bien plus que ce à quoi il s’attendait...

Autant dire tout de suite que cette nouvelle est une mise en bouche passionnante. On est immédiatement pris par le mystère du Peuple Astral et, tout comme l’écriture de DELANY est parfaitement fluide, la traduction est impeccable. Chaque fois que Joneny décrypte un passage de la ballade, on se prend à revenir aux premières pages où elle se trouve pour en relire l’entièreté à la faveur de ce nouvel éclairage, devenant à son tour un chercheur impliqué. On est plus qu’agréablement mené par le bout du nez vers une fin superbe, dans ce texte remarquablement construit et écrit. De quoi présager du meilleur pour le reste du recueil et en attaquer avidement la suite : Babel 17 !

Babel 17

Prix Nebula 1966 [ex-æquo avec Des fleurs pour Algernon de Daniel KEYES]

Ici, DELANY pousse beaucoup, beaucoup plus loin -et sous un angle différent- ses réflexions sur le langage à peine esquissées dans la nouvelle précédente.

Une partie des mondes connus et habités, dont la Terre, sont en guerre avec l’autre partie, les [plus ou moins] mystérieux Envahisseurs. Ceux-ci sont responsables depuis quelques temps d’attentats meurtriers dévastateurs, avant lesquels sont toujours captés par radio des messages indéchiffrables... Ce présumé code est baptisé Babel 17 par les équipes de décryptage de l’armée qui ne parviennent pas à s’en dépêtrer. On fait alors appel à la plus que spécialiste en la matière : Rydra Wong.

Rydra, ayant travaillé dans ce même service de décryptage, est aujourd’hui une poétesse de renommée universelle. Dotée d’une aptitude exceptionnelle pour les langues, elle se rend vite compte que Babel 17 en est une, et non pas un code. Il paraît s’agir d’un langage incroyablement concis, capable d’exprimer et de décrire avec beaucoup plus de précision et de détails que la plupart des autres, et ce en un nombre réduit de phonèmes. Rydra possède aussi un don particulier : en examinant les mouvements musculaires d’une personne, du plus infime au plus évident, elle peut interpréter son émotion instantanée et, de là, selon le contexte, déduire ses pensées...

Ce qu’elle a déjà pu comprendre de Babel 17 la met sur une première piste. Elle rassemble alors un équipage pour la suivre à travers les étoiles et l’on découvre le décor du roman : la séparation culturelle et de classe entre Stables et Migrants, la cosméchirurgie dont usent souvent ceux-ci et qui modifie sans vergogne le corps humain, les Décorporels, l’hyperstase et le pilotage complexe d’un vaisseau dans cette dernière...

Et d’autres trouvailles encore, agrémentant ce roman qu’on sent immédiatement (et à raison) potentiellement riche de fond sous cette forme sans faille que l’auteur apparaît maitriser parfaitement lorsqu’il la fait parfois soudain décoller, sans en abuser et la rendre lourde. Un coup de maître, en l’occurrence, vu le propos...

Une réflexion et une application érudites de la façon dont le langage nous influence au plus profond, dans un livre de science-fiction pourtant court et qui se lit vite tant aucune page n’est superflue et le sujet convaincant et original. Ici on va droit au but sans détour et on n’est pas déçu du voyage. Et pour le même prix, DELANY nous ajoute quelque divertissement technologique et de space-opera, ainsi que beaucoup d’esprit et même un peu d’humour. Après coup, on pourrait éventuellement reprocher un ou deux hasards un peu trop heureux de l’histoire, qu’un élan de bonne foi me force à signaler, mais qui n’entachent en rien les qualités du récit et qui, moins qu’un défaut, ne sont qu’un infime zézaiement passager dans le flux sans faille de Babel 17...

Ce livre plaira à tout amateur de science-fiction, mais aussi, tout simplement, à tous les amoureux des mots... Un ouvrage qui, en son temps, a dû être une des facettes de cette SF des années soixante en pleine transcendance, en pleine évolution et élévation.
Un texte majeur dont tout aficionado du genre se doit de prendre connaissance, pour son plus grand bien.

Empire Star

Et c’est assez logiquement que l’on passe à cette nouvelle citée dans Babel 17...
Changement immédiat, plongeon vers un ton dont, en lecteur complexe, on devinait jusqu’ici l’auteur capable ; et dont on pouvait sentir qu’il y viendrait... mais cela à condition d’être multiplexe...

Un récit poétique, personnel, sous forme de quête initiatique aux allures déroutantes...

Si vous êtes simplexe, vous serez exaltés par l’aventure et ses détails, les Lll, le Mul, le centre, mais ne comprendrez rien. Si vous êtes complexe, vous serez en outre transportés et penserez avoir compris. Si vous êtes multiplexe, vous vous poserez aussi pas mal de question, vous demandant entre autres s’il ne s’agit pas là d’une métaphore de la vie d’auteur et de la vie tout court admirablement travestie...

Encore une fois, DELANY réussi un mélange qui s’avère magnifique. Une histoire science-fictive alléchante, sonnante et trébuchante, à l’odeur de musique et de poésie sur un fond si fin donnant naissance à une forme dont il ne peut se dissocier...

Et après cette envolée qui vous remuera le cœur et les méninges pendant longtemps, il sera temps de retomber dans La fosse aux Etoiles et son oppressante réalité ...

La fosse aux Etoiles

Fatalisme, sensation d’étouffement et tout au plus énergie du désespoir chez ces humains qui se voient soudain bloqués dans une vie qui fut toujours jusque là expansion et développement à tous les niveaux, ces humains que jamais rien n’avait pu arrêter... Mais au moment de quitter enfin la galaxie pour aller voir plus loin, on a découvert qu’à une distance de vingt-mille années lumière de celle-ci, les Hommes perdent définitivement la raison, pour finir par mourir une fois atteint le seuil fatal des vingt-cinq mille... Les Hommes ? Pas tous, en vérité. Il existe certains désordres physiologiques et psychologiques qui permettent de franchir cette barrière extra galactique. Ceux faisant partie de la minorité de la population répondant à ces critères sont appelés les dorés. Bref, pendant que ces fous, ces dérangés sillonnent les galaxies, en ramènent des trésors tantôt merveilleux, tantôt nocifs, et ne causent que troubles quand ils sont parmi "les leurs", le reste de la race humaine les hait et se morfond de son propre sort en rêvant à ces cieux qu’elle ne verra jamais...

Un texte noir, donc, au parallèle constant entre les créatures des "écologariums" que l’on observe à travers les vitres derrières lesquelles elles sont à jamais coincées, et la condition de l’Homme. Un nouveau visage de l’auteur que l’on peut interpréter comme une dénonciation de cette société qui relègue le plus souvent nos vies à des voies de garage, des voies toute faites sur lesquelles nous n’avons aucune emprise et dont on connaît l’invariable issue. Subir, endurer puis mourir à la fin, épuisé par une vie de souffrance, ou choisir de mourir tout de suite...

Est-ce le fait de revenir brusquement d’Empire Star ou simplement une question de goût, sans doute un peu du premier et beaucoup du deuxième, quoiqu’il en soit, ce chant de l’espace m’a tout simplement moins plu. Non qu’il soit dépourvu de qualités certaines, mais je le verrais comme un léger affaissement de la haute courbe maintenue jusqu’à maintenant. Ceci ne valant strictement que pour ce volume ; il est clair qu’on reste toujours dans le haut du panier de la SF...

... Et pour toujours Gomorrhe

Prix Nebula 1968 catégorie short story [que l’auteur a aussi obtenu dans la catégorie roman cette année-là pour L’Intersection Einstein]

Tous les récits de ce recueil jusqu’ici comportent un élément, ne fut-ce qu’un détail, dépeignant un événement ou des habitudes sexuelles massivement considérées hors norme, extravagantes ou immorales à l’époque d’écriture, même si cela ne choque plus la majorité aujourd’hui : les trios de pilotes [trois personnes, plusieurs possibilités...] dans Babel 17, l’évocation des amours artistes [Rimbaud-Verlaine, etc.] d’Empire Star, les groupes d’hommes et de femmes tous mariés entre eux de La fosse aux Etoiles...

Voici donc une "short story" exploitant pleinement cette veine, sur base de perversion inédite d’humains à nouveau limités par leur condition. Il serait dommage de révéler quoi que ce soit de précis de ces dix pages qui ne dévoilent leur fond que très progressivement. Disons juste qu’elles parlent, comme on le devine très vite, de prostitution, d’une prostitution très particulière, science-fiction oblige, traitée avec une acuité exceptionnelle en ce qui concerne les sentiments et surtout les besoins humains.

Aucun doute qu’une telle chose ne pouvait passer inaperçue et a dû choquer, bien dans l’air du temps des hippies et du Summer of Love, par sa franchise et son ouverture d’esprit sous-jacente maltraitant ceux chez qui elle manque.

Nova

Ici l’espace est la mer, les vaisseaux spatiaux sont les bateaux, le voyage est plus important que la destination et la science-fiction n’est qu’un décor.

En ce trente-deuxième siècle, les humains ont conquis la galaxie et naviguent avec aisance sur la trame de l’univers. A tous, ou presque, on implante dès le plus jeune âge des "douilles", interfaces permettant de connecter son système nerveux directement à toutes les machineries, de l’assembleur de chaîne de production au croiseur interstellaire. On devient alors pratiquement la machine, que l’on peut contrôler pourvu qu’on en ait la compétence [qui a dit Câblé ?].

L’illyrion, élément terriblement lourd mais pourtant étonnamment stable du tableau périodique, est la source ultime d’énergie. Une quantité infime permet de faire fonctionner à peu près n’importe quoi pendant très longtemps, et avoir la mainmise dessus signifie régner sur les planètes. Le capitaine Lorq Von Ray, fils de riche industriel, veut réussir l’exploit d’aller directement chercher cette matière dans un des creusets de l’univers, là où sont créés tous les éléments du cosmos : une étoile. Et plus particulièrement au moment où celle-ci meurt, devenant corne d’abondance, s’effondrant sur elle-même en nova.

Jusqu’ici, tout cela est bien alléchant.

Nous faisons tout d’abord connaissance avec la Souris, gitan errant originaire de la Terre, et avec son passé nous expliquant ce qu’il est aujourd’hui et pourquoi il joue de la syrinx -instrument complexe projetant odeurs, lumières et sons tout à la fois. Puis plus légèrement avec Katin, érudit pragmatique venant de Luna et qui prend d’interminables notes en vue d’écrire un roman, forme d’art tombée à l’abandon. Ils sont vite recrutés à la criée par Von Ray avec le reste de cet équipage improvisé pour son extraordinaire expédition.

Retour en arrière, ensuite, sur les événements important de la vie de Lorq Von Ray qui l’ont conduit à cette entreprise et sur le pourquoi de sa rivalité avec Pince et Ruby dans cette affaire, eux aussi dépositaires d’un empire industriel.

On s’aperçoit juste après qu’on a presque atteint la moitié du roman mais que l’histoire n’a pas encore vraiment progressé. Néanmoins, le long interlude sur Von Ray n’était pas inutile car il situe le contexte et parce qu’on y apprend le pourquoi de la quête et ce qu’il faut du comment ; de quoi émoustiller un peu plus nos sens science-fictifs. Et on se dit que, de toute façon, maintenant, on va pouvoir passer à l’action.

Mais non. Enfin, pas vraiment. Il faut d’abord aller chercher les coordonnées de la prochaine nova. Et de tirage de tarots [?] en escales et en digressions, c’est encore tout un tas de pages qui défile sans qu’il se passe grand-chose qui fasse avancer le récit.

Pourquoi ces tarots ? Pourquoi ces retrouvailles [qu’on pouvait prévoir] concernant la Souris ? Pourquoi cette drogue, l’embellie ? Où mènent toutes ces réflexions profondes des personnages ?

Les cinquante dernières pages m’ont parues longues et dures à avaler car avant de les entamer j’avais déjà décroché et perdu tout espoir. Il s’y passe juste un événement assez remuant, et ce qu’on attendait depuis le début est réglé dans les quinze dernières. Les quelques derniers feuillets suscitent à nouveau l’intérêt -les mots de la fin sont bien pensés- et on a confirmation de ce qu’on pouvait deviner dès le début : ce Katin désireux d’écrire, ayant plein d’idées mais ne sachant comment les agencer, ne trouvant pas de thème principal, était bien l’image directe de l’auteur...

Il y a bien sûr la prose toujours aussi belle et efficace de DELANY, bien que le langage -auquel on est souvent confronté- des habitants des Pléiades, qui à la fin des phrases les verbes mettent [qui a dit Yoda ?], finisse par agacer.

Transposition avouée de la quête du Graal, peut-être faut-il un certain bagage pour appréhender tous les symboles mythiques et références probables ici présents. Le tarot, les jumeaux jour/nuit et a fortiori les autres protagonistes, le caractère classique de l’histoire, etc., sans doute.

Mais même si tout a été intégré, même si ce sera peut-être une performance intéressante pour les connaisseurs et qu’on ne peut lui enlever certaines bonnes idées de précurseur, cela ne donne finalement pas le grand roman de SF auquel on s’attendait après la déculottée de Babel 17 et des autres nouvelles ici présentes. On y trouve même souvent le temps long...

Bref, une grosse ombre au tableau, mais très bien peinte. Ou ne fus-je pas assez multiplexe sur ce coup ?...

Le temps considéré comme une hélice de pierres semi-précieuses

Prix Nebula 1969 et Prix Hugo1970

[Oui, c’est bien la traduction littérale du titre original...]

On termine donc en grande pompe avec cette nouvelle au titre étrange doublement primée.

L’histoire rapide et pleine d’esprit d’un petit magouilleur et de son destin, à laquelle on est immédiatement accroché grâce à un ton subtilement humoristique et qui ne se lâche plus avant d’avoir remarqué qu’on l’a lue d’une traite.

Nous voilà donc encore une fois menés par le bout du nez par la plume unique de DELANY dans ce récit plaisant et truculent qui n’écarte pas la réflexion et n’oublie pas une petite trouvaille de celles auxquelles on est désormais habitué : les Chanteurs...
On a eu droit à la subtilité d’intrigue, à l’érudition, à la poésie ; cette fois c’est son côté "trait d’esprit" que l’auteur exploite à fond. Plus que logique, dans une histoire d’escrocs et d’arnaqueurs...

Ce qui mène, en cette fin de recueil, à la conclusion que bien souvent, ces textes sont, dans leur forme, à l’image de ce qu’ils racontent... Une richesse de plus à découvrir...


Alors oui, c’est bien dommage pour Nova, et ceux qui ont lu l’écrivain semblent s’accorder pour dire qu’on aurait dû trouver en lieu et place L’Intersection Einstein (Prix Nebula, comme signalé plus haut) qui aurait de toute façon dû faire partie du recueil.

C’est probablement vrai, mais passer à côté des autres textes à cause de ça serait comme s’obliger à jeûner devant un énorme buffet uniquement parce qu’on ne veut pas du seul plat de poisson qui y est disposé.

"7 grands récits de space opera", comme le sous-titre la couverture ? 7 récits, grands en majorité, dont la totalité est excellemment écrite tout en variant les parfums, et dont ces qualités majorées de la majesté des perles [ou des pierres semi-précieuses] qu’ils recèlent confèrent au présent ouvrage un caractère essentiel. Mais ça devait être trop long pour la couverture. Et j’ai omis "de space opera". Un space opera épuré de ses clichés pour mieux exploiter sa simple définition première permettant tout : qui se passe dans l’espace, de planète en planète, d’étoile en étoile...

Notons avant de l’oublier qu’on retrouve de texte en texte des détails communs, points de technologie, planètes citées, etc. que vous pouvez prendre comme simples références ou comme une volonté de former un tout, selon votre interprétation...


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Suite à ces lectures, le bilan est clair : DELANY est un Maître, un de ces grands écrivains de Science-fiction inégalables car uniques, au regard acéré qui ensemence une imagination fertile accouchant d’une plume magnifique. Il bouleversa, révolutionna le genre à sa façon et aujourd’hui encore, de ces sept textes, aucun n’a pris la moindre ride en quarante ans et plus.

Trop longtemps oublié dans nos contrées et -comme on ne se sépare pas volontiers de pareils livres- relevant de la trouvaille archéologique sur le marché de l’occasion, il serait impensable de ne pas profiter de cette superbe occasion pour découvrir, redécouvrir et faire découvrir, enfin, sans plus tarder, et de toute urgence, un écrivain essentiel qui sinon laissera un trou béant de vide cosmique irradiant la froideur des grands espaces intergalactiques dans vos bibliothèques : Samuel Ray DELANY.