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Il vend son premier texte en 1987 au magazine Interzone, mais ne se fait vraiment remarquer qu’avec sa nouvelle Lobsters vendue au magazine Asimov’s en 2001. Depuis, Stross est l’une des figures de proue du New Space Op british, une forme contemporaine du Space Opera délivré de ses poncifs.
Attention : Geek !
Côté boulot, un faux départ comme pharmacien sera rapidement rectifié pour que Stross évolue dans le milieu pour lequel il était né : le piratage informatique, le web et le mouvement cypherpunks. Bref, Charles Stross est un geek, mais un geek civilisé [pour preuve : il a des amis, il vit avec une femme, et il l’a carrément épousée, ce qui pour un geek est une audacieuse forme de révolte].
Informaticien pointu et programmeur chevronné, enfant des années cyberpunk bercées par la lecture de Bruce Sterling, il gagne sa vie en écrivant des lignes de programmes pour des boîtes de paiement par internet avec carte de crédit, et d’autres start-up comparables.
En septembre 1999, il écrit la nouvelle Lobsters, qui le remarquer par la critique, décrocher une place en finale catégorie « meilleures novelettes » aux Hugos ET aux Nebula 2002. il se retrouve classé d’office deux crans au-dessus de Greg Egan dans la catégorie hard-science (faut dire que, vu le vocabulaire, seuls les abonnés aux pires magazines pour geek pouvaient suivre...)
Le Hugo, c’est raté, mais Lobsters sera finalement le premier d’une série qui comptera 9 nouvelles, formant le roman Accelerando à paraître en 2005 aux Etats-Unis [en 2006 en France].

Nouveau chouchou de la SF découvert avec l’excellent Bureau des atrocités, Charles Stross ne cesse d’en promettre, mais tarde à confirmer tous les espoirs dont on ne cesse de l’accabler. Débordant d’imagination et initiateur d’une sorte de cocktail molotov délirant entre fantastique, espionnage et geekerie prononcée, Stross n’a pas toujours le talent d’écrivain à la hauteur de sa vitalité d’esprit, surtout lorsque la traduction n’est pas au rendez-vous.
Jennifer Morgue, suite du Bureau des atrocités, prouvera-t-il le contraire ?
(Note : cette chronique a été publiée lors de la parution initiale du roman, en grand format)
Miriam Beckstein, journaliste économique et industrielle, pensait maîtriser la situation en soumettant à sa rédaction un article explosif sur une immense affaire de blanchiment d’argent.
Une fois licenciée, ses patrons étant impliqués dans le système qu’elle s’apprêtait à dévoiler, elle croyait encore savoir dans quel bain elle nageait. C’était sans compter sur cet étrange médaillon trouvé sur le cadavre de sa mère, assassinée peu après sa naissance, que lui remet alors sa mère adoptive.
Auteur assurément "à suivre", Charles STROSS se range aux côtés des Ian BANKS, Ken McLEOD et autres M. John HARRISSON, en proposant sa propre vision décalée et résolument moderne du Space Opera. "Singularity Sky" possède tous les ingrédients liés au genre, mais STROSS évite les clichés et se montre tour à tour cynique, politique ou délirant, méthode déjà utilisée par les auteurs citées plus haut. L’intrigue paye sa trop grande linéarité et ses explications scientifiques parfois fatigantes, mais impossible de bouder un plaisir de lecture bien réel et un amusement croissant à mesure que l’histoire se déploie.
Oubliez tout ce qu’on vous a dit sur les Services secrets. Oubliez le MI5, la DGSE, le FBI, la NSA... tout ça c’est de la gnognotte comparé au plus mystérieux des services secrets, la Laverie.
La Laverie occupe des sous-sols pouilleux de Londres et personne ne sait très bien ce qui s’y trame à part ceux qui y bossent. La réalité c’est que la Laverie est notre dernier rempart contre la menace la plus terrifiante qui pèse au-dessus de nos têtes : celles des Grands Anciens...
Mr.C