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Dans la foulée de Iain M. BANKS et M. John HARRISON, ils sont une poignée d’auteurs britanniques à mener la révolution de la "New-SF". Jon Courtnay GRIMWOOD, Ian McDONALD, Ken MacLEOD ou Alastair REYNOLDS, et ... Charles STROSS, dont le "Crépuscule d’acier" paraît ce mois-ci en France.

En 2050, la science a fait un bon en avant : une Intelligence Artificielle est née. Mais l’I.A. a si rapidement évolué qu’elle est devenue incompréhensible à l’intelligence humaine. Elle a déporté en un claquement de doigt 90% de la population de la Terre sur des planètes lointaines avant de disparaître sans crier de gare, laissant derrière elle l’interdiction formelle d’agir sur la trame du temps. Quelques années plus tard, une civilisation post-singularité débarque dans un système Victorien hyper-conservateur. La guerre est inévitable...


Vous avez fait votre apparition assez récemment dans la galaxie de la SF anglo-saxonne. Comment et pourquoi êtes-vous devenu auteur de SF ?

J’écris depuis l’adolescence, mais il est vrai que tout s’est accéléré d’un coup ces dernères années. J’ai vendu mes premières nouvelles quand j’avais 20 et quelques années. Et depuis cinq ans maintenant, je vends mes livres ! Entre temps, je me suis occupé de diverses manières : à l’Université, j’ai passé mes diplômes de pharmacie et d’informatique, puis j’ai travaillé comme pharmacien, programmateur, journaliste pigiste. Maintenant je vis uniquement de ma plume. J’ai 41 ans, et je vis en Ecosse, même si je suis né à Leeds en Angleterre.

Pourquoi j’écris de la Science-Fiction ? Parce que j’ai le sentiment que la SF est un cadre moins restreint que la littérature générale. Il y a des thématiques en rapport avec la condition humaine que vous ne pouvez tout simplement pas aborder tant que vous n’arpentez que notre « monde réel ». Parmi ces thèmes, il y a la confrontation entre l’homme et des technologies qui n’existent pas encore mais qui apparaîtront un jour ou l’autre, le fantastique ou l’impossible... et tous m’intéressent.

« Crépuscule d’acier » est un space-opera complexe où l’on sent que vous avez voulu renouvelé les règles du jeu. Comment vous-y êtes vous pris ?

J’ai écrit « Crépuscule d’acier » entre 1994 et 1998. Au départ, c’était presque pour moi un exercice d’écriture sur le thème de la création d’un monde. Je voulais savoir si j’arriverais à imaginer un space-opera en respectant deux contraintes : premièrement, je voulais me confronter avec l’idée de singularité informatique [telle que l’a défini en particulier Vernor VINGE] : comment concilier les ingrédients du sapce-op et l’existence d’intellects si vastes qu’ils sont pour nous ce que les protozoaires sont pour nous ? Deuxièmement, pour la plupart, les space-opera considèrent que dépasser la vitesse de la lumière est possible. Mais aller plus vite que la lumière, en terme de relativité générale, pose le problème de la violation de causalité - le renversement du sens dans lequel avancent les aiguilles. Donc, le pari était pour moi de bâtir un space opera intégrant ces deux problèmes insolubles et fascinants : l’approche du voyage dans le temps via le dépassement de la vitesse de la lumière, et la rencontre entre l’humanité et une intelligence qui nous dépasse et nous soit incompréhensible.

Sur ces base, je me suis mis en quêtes d’idées. L’une des mes premières idées est venue du constat que, dans une certaine tradition du space-opera il y a des affrontements entre d’immenses flottes de navires spatiaux [souvenez-vous de la série Star Trek originale, dans laquelle il y avait un équilibre entre les forces de la Fédération et l’Empire Klingon]. On appelle ça parfois l’école de la bataille navale galactique napoléonienne ! J’ai voulu relever la difficulté : j’ai décidé qu’il était temps qu’une de ces flottes napoléoniennes fasse la rencontre d’un sous-marin nucléaire. Ensuite, les choses ont pris vie. Une super-puissance coloniale galactique, avec des troupes à la discipline de fer, impose un certain fonctionnement économique. Et il serait assez normal pour une puissance impérialiste comme celle-là de tirer à vue sur tout ce qui pourrait leur sembler trop différent pour être amical. Et c’est là qu’intervient le Festival.

Le livre est parfois très drôle... tout comme « Le Bureau des atrocités », vous cultivez un certain goût pour le deuxième degré, l’auto-dérision...

Ca m’étonne toujours que l’on puisse écrire des romans qui ne contiennent pas d’éléments surprenants ou drôles. Je trouve ça irréaliste. Mais je ne me considère pas pour autant pour un satiriste. Je préfère considérer que j’essaie de faire du deuxième degré avec une touche de surréalisme dans le cadre d’une intrigue "sérieuse". Certains de mes livres, en particulier le cycle entamé par « The Family Trade » [à paraître chez Robert Laffont / Ailleurs & Demain] ne jouent pas du tout sur le ressort du deuxième degré, mais d’autres, comme « Le Bureau des atrocités » le font en revanche explicitement.

Vous avez la réputation d’écrire à la limite, parfois, de la hard-science, est-ce au risque de semer une partie de votre lectorat potentiel ?

Je dois préciser que j’écris avec plusieurs plumes. « Singularity Sky » [« Crépuscule d’acier »], « Iron Sunrise », « Accelerando », et bientôt « Glasshouse » [le prochain roman de Charles STROSS, à venir pour l’été 2006] sont effectivement de la « hard-SF » sans concession avec le grand-public. Dans « Accelerando », j’ai voulu m’interroger sur l’avenir de l’être humain dans un futur où l’intelligence artificielle intelligence est apparue et a rapidement surpassé notre compréhension. Mais "Le Bureau des atrocités" est, je l’espère, bien plus accessible. Enfin, j’ai sur le feu ce cycle très différent, commencé avec « The Family Trade » qui est on-ne-peut-plus éloigné du cadre technologique et complexe de « Singularity Sky » tout en demeurant dans le champ de la SF.

Pourquoi cette diversité de sous-genre ?

Pour être parfaitement honnête, si je n’écrivais que dans un seul sous-genre, je m’ennuierais ! Je passe entre six mois et un an sur un roman, et ma bibliographie actuelle représente environ 8 années de travail. Si je me cantonnais à un sous terrain d’exploration, je deviendrais dingue !

Prévoyez-vous une suite au "Bureau des atrocités" ?

En réalité, c’est une trilogie que j’ai en tête. Le deuxième volume est déjà écrit : cela s’appelle « The Jennifer Morgue » et sera publié aux Etats-Unis en novembre 2006. « The Jennifer Morgue » est écrit dans un style qui se veut parodique de celui de Ian FLEMING. Le troisième volume, « The Nightmare Stacks » sera lui écrit dans le style de Christopher HODDER-WILLIAMS. C’est lui qui dans les années 50 avait parmi les premier inventé le techno-thriller. J’ai même des notes à propos d’un quatrième livre dans le même genre, dans le style cette fois de Adam HALL... mais je ne suis pas encore certain de celui-là. Et il va falloir que je trouve du temps à y consacrer...


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Mr.C