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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par Ubik
L’occasion est trop belle pour parler de ce roman dont le propos ambitieux se cache sous l’étiquette factice de la fantasy. En effet, pour AYERDHAL, il n’est nullement question ici de nous narrer la lutte manichéenne pour le pouvoir ou les luttes byzantines entre familles d’aristocrates ou factions à la cours de "machin-chose".
Nulle bataille épique et nul héros surhumain non plus dans ce roman. On ne trouve également pas la plus petit poil de pied de hobbit et assimilé. Non, le propos d’AYERDHAL est totalement ailleurs et sa profondeur ne peut qu’interpeller le lecteur soucieux de réflexion politique, philosophique et d’engagement.
Les chroniques d’un rêve enclavé, nous exposent l’histoire d’une utopie ; celle d’une micro-société, un peu libertaire, un peu autogestionnaire et surtout fraternelle [un vrai anachronisme par les temps qui courent ! ]. Cette communauté se construit à l’instigation d’un mystérieux personnage dont on ne connaît que le surnom : Parleur.
Dans le cadre d’un pays imaginaire, au coeur de la cité de Macil dans le quartier de la Colline, Parleur constitue autour de lui un noyau de partisans hétéroclites mais tous unis par un idéal. Ainsi, peu-à-peu, ce groupe révolutionne la vie des collinards, comme se prénomment entre eux les habitants, créé l’Enclave et conquiert des alliés à l’extérieur. Des collinards aux communards, il n’y a bien sûr pas qu’une ressemblance de sonorité.
De l’Enclave à la Commune, il n’y a évidemment qu’un pas. C’est le même idéal et le même destin qui les réunit, d’autant plus que dans l’ombre et publiquement, les forces du pouvoir agissent, complotent et manipulent pour s’octroyer un contrôle hégémonique sur le pays et pour écarter cette dangereuse utopie.
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Conte philosophique, ouvrage engagé, constat désenchanté des ressorts du pouvoir, roman au style élégant et à la tension dramatique judicieusement dosée, ces chroniques douces amères sont incontournables. |
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