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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par PAT
John W. Campbell Memorial Award en 2002
Après Darwinia et Bios, on attendait beaucoup de Robert Charles WILSON. On n’a pas été déçu : son nouvel opus, chez Lune d’Encres, est tout simplement excellent.
Imaginez un monde agonisant, la planète Terre dans les années 2020. Un monde où l’écosystème n’est pas encore totalement ruiné [mais on sent que ça vient], un monde où la couverture sociale publique est un vieux souvenir, un monde dans lequel les rapports de puissance ont légèrement changé, un monde qui se remplit peu à peu de camps de réfugiés [y compris aux USA], un monde exactement comme le nôtre, mais légèrement plus tard...

Dans le chaos géopolitique qui va progressivement bouleverser toute la planète et renverser l’ordre établi, une poignée d’hommes et de femmes cherchent à garder la maîtrise de leur destin.
L’anticipation fait froid dans le dos, tant elle est réaliste, subtile et crédible. C’est dans cet univers-là que la Thaïlande est le théâtre d’un événement qui va modifier radicalement l’histoire. En pleine jungle, un immense monument cristallin apparaît subitement [générant au passage un choc thermique qui pulvérise quelques hectares, tout de même]. Énorme, obscène, cet obélisque gigantesque porte sur son socle une inscription parfaitement lisible qui commémore la première victoire de Kuin, dans 20 ans et 3 mois...
Qui est Kuin ?
Que représente ce "chronolithe" comme l’appelle un journaliste en mal d’inspiration ? Autant de questions qui deviennent brûlantes à mesure que d’autres monuments font leur apparition, dévastant [entre autres] Jérusalem et Sapporo.
Des réponses, voilà ce que cherchent Scott, l’informaticien obscur, et Sue, son ancienne prof de physique. Ce qui permet à WILSON d’aligner quelques interrogations vertigineuses. Le hasard existe-t-il ? Qu’est ce qu’une coïncidence ? Dans quelle mesure un futur imposé [et inéluctable] rejaillit sur le présent pour nous obliger à le [re]construire ? Est-il possible de changer l’avenir ?
Alors que les événements s’accélèrent et que le vieil ordre mondial est de plus en plus menacé par les factions Kuinistes, Scott et Sue assistent à la lente dérive de leurs existences, à la recherche de quelque chose d’inexplicable et d’insaisissable.
Magnifique, tout simplement. C’est l’impression qui reste une fois la 327ème page tournée. WILSON distille une écriture nostalgique et triste, qui reflète incroyablement bien le désespoir d’une époque qui s’écroule. Ses personnages sont attachants, ses propos toujours intelligents et son histoire remarquable de solidité.
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Aucune grosse ficelle dans ces Chronolithes, mais une base SF pour une histoire humaine, à la fois bien menée et d’une grande subtilité. > VOIR L’AVIS D’ACTU SF |
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