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Publié le 11/01/2009

Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute de Maurice G. Dantec

ED. ALBIN MICHEL, JANV. 2009

Par PAT

Dernier Dantec à paraître chez Albin Michel en attendant la fin du monde et le déménagement de l’auteur chez Plon, Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute surprend par bien des aspects. Il est court. Il est drôle. Il est moins barré que les autres. Il est pas mal, même. Et d’ailleurs, c’est de la pure SF. Comme quoi.


Retour aux sources ? envie de se faire plaisir avec un texte plus léger que les autres, façon Hard-Boiled ? Mystère. En attendant, Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute se lit en deux heures et relève du plus pur technothriller, un zest de mystique et quelques notes de saxophone en plus.

Quasi linéaire, violent et direct, le dernier Dantec peut se concevoir comme un prélude à Grande Jonction. Menée avec talent [l’animal sait tenir son lecteur en haleine, on le sait depuis son tout premier roman], l’intrigue démarre comme un polar traditionnel, dérive dans l’anticipation SF standard et s’achève sur une weltanschauung très personnelle. Que du normal, donc, mais bien fichu. Ça commence par un braquage minable d’un bureau de poste de banlieue. Sauf que les deux voleurs forment un couple innattendu. Bonnie & Clyde version 2008, porteurs d’un neurovirus qui les connecte directement à la station Mir en phase de désintégration complète et bien décidés à claquer le fruit de leurs [nombreuses] rapines dans une petite île d’Asie du Sud-Est.
Au programme, un long voyage en Afrique pour brouiller les pistes, des identités fluctuantes et une odyssée sous médicament qui menace d’imploser à tout moment. Car si la très paranoïaque société occidentale recherche activement les deux fugitifs, ce n’est pas seulement pour les punir de quelques vols à main armés maigrichons. Non, ça non. C’est surtout dû au fait qu’ils ont osé s’évader de leur centre. Un chouette centre où on comptait les étudier, eux et les autres porteurs de ce neurovirus qui intéresse tant les scientifiques.

Bizarre, cette maladie. Premier symptôme, la réalité augmentée. On voit plus clair, la réalité se délite, on aperçoit ce qui se cache derrière. Mais parfois, ça bug, forcément. D’ailleurs, que fout ce jazzman [Albert Ayler] dans la station Mir ?
Fantôme ? Ange ? Hallucination ? Et quel rapport avec nos deux fugitifs ?

Écrit dans un style direct, oral et parfois frénétique, Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute possède les limites de ses qualités. Road-book branché cosmogonie, le livre hésite, louvoie et ne choisit jamais vraiment son camp. À trop en faire parfois, Dantec se plante. Témoin, les deux scènes de baston qu’on aimerait anthologiques, mais qui basculent assez vite dans le ridicule, à force de side-kick hyper millimétrés. Pour le reste, l’ambiance de fin du monde est percutante et le fond du roman plutôt malin.


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Ceux qui aiment le Dantec philologue passeront leur chemin, les autres seront heureux de retrouver celui qui leur a offert quelques nuits blanches il y a déjà plusieurs années. Les idées distillées dans Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute n’ont pourtant rien de neuf ou d’original. C’est d’une SF très classique qu’il s’agit, même si les habituelles interrogations de l’auteur sur la nature de la divinité pimentent l’ensemble.

Pas de quoi s’énerver, donc, mais pourquoi pas ?