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Publié le 04/01/2009

Conan, l’Intégrale 3/3 - Les Clous Rouges, 1934-1935 de Robert E. Howard

[The Conquering Sword of Conan, NOV. 2005]

ED. BRAGELONNE, DÉC. 2008

Par paul muad’dib

Le voici, il est paru, le troisiéme tome comprenant l’intégrale des nouvelles écrites par Robert E. Howard mettant en scène Conan le Cimmérien. Celui ci vient conclure cette édition intégrale regroupée en trois volumes, après le Conan le Cimmérien et L’heure du Dragon.


Ce troisième tome clôture l’intégrale des nouvelles de Conan le Cimmérien écrites par Robert E. Howard, dans leurs versions originales. Cette collection dirigée par Patrice Louinet, le spécialiste français de HOWARD et l’un des plus grands spécialistes international du Texan, nous offre cette fois ci les derniers textes de Conan écrits au cours des années 1934-1935. L’intérêt de cette édition pour ne pas le rappeler est qu’elle présente les textes de HOWARD tels qu’il les avait conçus, non remaniés comme ceux des éditions précédentes par la plume de Lyon Sprague de Camp.

On notera dans ce troisième volume un changement d’illustrateur pour les illustrations intérieures, faites pour celui ci par Gregory Manchess qui nous livre des enleminures convenant mieux aux nouvelles du Cimmérien.

Ce troisième tome présente les nouvelles suivantes : les Dents de Gwahlur, Au-delà de la rivière Noire, le Maraudeur Noir, les Mangeurs d’hommes de Zamboula et les Clous Rouges, qui auraient été écrite vers la fin de la vie de HOWARD au cours des années 1934-1935. Le tout est enrobé d’une préface-introduction de Patrice Louinet, puis d’une série d’annexes nous permettant de découvrir des épreuves de textes, des versions non corrigées et bien sur la dernière partie de la Génése Hyborréenne de Monsieur Louinet.

La première nouvelle du recueil, Les Dents de Gwahlur, est un peu fade, alimentaire, et ne présente comme seul intérêt que la description du décor... HOWARD, pour une fois, personnalise les lieux de l’action de ce récit.

Au delà de la rivière Noire est sans aucun doute l’un des meilleurs récits autour de Conan. Le héros y est confronté à ses ennemis ancestraux, les pictes et le récit prend place en pleine nature, frontière et dernier rempart entre la civilisation et le monde sauvage.
Outre le souffle épique et le cadre naturel un peu différent des autres nouvelles, toute la philosophie d’Howard est rici ésumée [... La barbarie n’est pas l’état naturel de l’humanité [...] La civilisation n’est pas naturelle. Elle résulte simplement d’un concours de circonstances. Et la barbarie finira toujours pas triompher.] Howard se distingue de ses confrères en évitant l’happy end : la plupart des personnages principaux ne survivent pas à cause de leur manque de symbiose avec la nature, alors que Conan, barbare de naissance, est doté des armes pour survivre.

Le Maraudeur Noir est un récit qui a été peu critiqué puisqu’il est apparu pour la première fois en version originale grâce aux efforts de Karl Edward Wagner. Auparavant, le texte d’HOWARD avait tellement été modifié et remanié que celui-ci n’avait plus rien à voir avec l’original. Cette aventure pourrait faire suite à la précédente, puisqu’elle se déroule en territoire picte - bien qu’il s’agisse d’un récit de piraterie et de chasse au trésor. Moins interessant qu’Au delà de la rivière Noire, est un récit original, le cimmérien n’apparaissant réellement qu’à la moitié de l’histoire. Pour la petite histoire, ce récit fut réarrangé par HOWARD, pour devenir un récit d’un autre de ses héros, Vulmea le pirate noir.

Vient ensuite les mangeurs d’hommes de Zamboula, autre récit purement alimentaire sans aucun interêt.

Le dernier récit du recueil est le dernier qui fut écrit par HOWARD et peut être la plus célèbre aventure du Cimmérien, les Clous Rouge. En fait celui ci est une amélioration de la trame de la nouvelle Xuthal la crépusculaire, rééditée dans le premier recueil. Cette aventure est une sorte de conclusion du thème Barbarie vs Civilisation cher au Texan.
Valeria, son personnage central féminin est autrement plus fascinantes que les greluches dénudées des habituels récits alimentaires d’Howard, et sa relation avec Conan est largement inspirée de la liaison qu’Howard entretenait avec une femme de caractère, Novalyne Price. A la lecture de cette nouvelle, on met le pied en plein dans le genre appelé heroïc-fantasy dans ce qu’il a produit de meilleur.

La dernière partie du recueil comprend les appendices dont Des loups sur la Frontière avec deux versions différentes, ainsi que des épreuves de certains des récits cités précédement. Ensuite, on s’intéressera à la fameuse « Lettre à P. Schuyler Miller », celle-ci est adressée en réponse aux sollicitations de deux fans qui souhaitaient avoir une chronologie de la vie du cimmérien.

Le recueil se termine sur une note de tristesse dont je me permet de reprendre les termes : Robert E. Howard se suicida le 11 juin 1936. Conan le Cimmérien est toujours parmi nous et, en dépit de quelques années particulièrement difficiles, il a reussi à survivre et ne montre aucun signe de faiblesse.
La longévité de son barbare n’aurait pas étonné Howard. Le barbare fini toujours par triompher...


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Ce troisième recueil est sans doute le plus interessant des trois. Remercions tous ceux qui ont permis de découvrir les écrits de Robert E. Howard tels qu’ils étaient lors de leurs parutions originales.
Conan a encore de beaux jours devant lui.