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Conan le barbare
de John Milius
[1981]

DVD 20th Century Fox Home Entertainment 2002

Par Nébal

Créé par Robert E. Howard, le personnage de Conan a acquis au fil des années une renommée mondiale, même si ce n’est que récemment que nous avons enfin pu accéder aux textes originaux dans toute leur pureté. Mais le mythe Conan avait depuis longtemps déjà dépassé le seul domaine de la littérature populaire, pour connaître un grand succès en bande-dessinée, et enfin triompher au cinéma en 1981, dans une superbe adaptation de John Milius.
Aujourd’hui encore, son Conan le barbare reste une œuvre phare de l’heroic fantasy cinématographique, unique en son genre.


  • Film américain, titre original Conan the Barbarian
  • Réalisation : John Milius
  • Production : Dino de Laurentiis, Edward R. Pressman…
  • Scénario : John Milius et Oliver Stone, d’après l’œuvre de Robert E. Howard
  • Distribution : Arnold Schwarzenegger (Conan), James Earl Jones (Thulsa Doom), Sandahl Bergman (Valeria), Gerry Lopez (Subotai), Mako (sorcier / narrateur), Ben Davidson (Rexor), Sven Ole Thorsen (Thorgrim), Max Von Sydow (roi Osric)…
  • Musique : Basil Poledouris
  • Durée : 129 mn


RÉSUMÉ

L’action se déroule durant la préhistoire fantasmée de l’Âge Hyborien. Le jeune Cimmérien Conan fait partie des rares survivants d’un raid mené par une troupe de pillards aux mobiles incertains. Fait prisonnier, il devient esclave, et s’endurcit au fil des années, jusqu’à devenir un véritable colosse. Il entame ensuite une sanglante carrière de gladiateur puis de mercenaire, jusqu’à ce que son maître se décide enfin à le libérer. Conan fait alors l’apprentissage de la liberté et, en compagnie de l’archer Subotai et de la belle Valeria, se fait voleur ; avec une audace insensée, ils s’emparent de l’Œil du Serpent, un joyau d’une valeur inestimable, ce qui leur vaut l’amitié du roi Osric. Celui-ci leur demande de l’aider à se débarrasser du chef du culte de Set, le sorcier Thulsa Doom, en qui Conan a identifié le meurtrier de ses parents, et qui a séduit la fille du roi. Commence alors pour le barbare une longue quête de vengeance…



L’ADAPTATION, I : LES EMPRUNTS HOWARDIENS

L’élaboration du scénario de Conan le barbare connaît bien des aléas. Le premier script est en effet rédigé par Ed Summer et le scénariste de Marvel Roy Thomas. Mais ils sont bientôt remplacés par le jeune et prometteur Oliver Stone, dont le premier jet, très inspiré par deux textes de Howard (« Une sorcière viendra au monde », Conan – L’Heure du dragon – ci-après « Conan 2 » – et « Le Colosse noir », Conan le Cimmérien – ci-après « Conan 1 »), est très violent et riche en éléments fantastiques, Conan y affrontant des hordes de mutants. Reste encore à trouver un réalisateur… Plusieurs sont approchés, dont – excusez du peu – Alan Parker et Ridley Scott, mais c’est finalement le très connoté – mais rescapé d’American Zoetrope [1] – John Milius qui est choisi. Milius, comme la plupart des membres de l’équipe, ne connaît à l’origine à peu près rien de Conan, au-delà des illustrations de Frazetta, et a fortiori des textes de Robert E. Howard… Pourtant, le scénario finalement retenu – co-écrit par Milius, qui a décidé de retourner à quelque chose de plus « réaliste », et Stone – est émaillé de nombreux emprunts à l’œuvre howardienne… même si ceux-ci sont parfois biaisés par les traficotages de Lyon Sprague de Camp, inévitable à l’époque, et qui est par ailleurs crédité comme « conseiller technique » pour le film…

Prenons les choses chronologiquement. Le monologue d’entrée est tiré des « Chroniques némédiennes », et emprunté à la première nouvelle de Conan, « Le Phénix sur l’épée » (Conan 1). L’hypnotisme dont fait preuve Thulsa Doom se retrouve dans « Le Peuple du cercle noir » (Conan 2). Le vol dans la Tour des serpents emprunte bon nombre de ses péripéties à « La Tour de l’éléphant » (Conan 1). Quant au personnage de Valeria, il apparaît dans la dernière aventure de Conan, « Les Clous rouges » (Conan – Les Clous rouges – même si son amour pour le Cimmérien évoque davantage Bêlit, « La Reine de la Côte noire » (Conan 1). Le subterfuge du déguisement en prêtre, employé deux fois dans le film, d’abord par Valeria lors de cette scène, plus tard par Conan, est emprunté à L’Heure du dragon (Conan 2). Mais les emprunts peuvent être extérieurs au cycle de Conan : si le roi Osric peut à certains égards faire penser au mélancolique roi Conan du « Phénix sur l’épée » (Conan 1), son discours serait directement inspiré des « Miroirs de Tuzun Thune », une nouvelle du roi Kull… La crucifixion, scène particulièrement marquante, est un emprunt évident à « Une sorcière viendra au monde » (Conan 2). Plus tard, après l’orgie, tant la métamorphose de Thulsa Doom en serpent que sa transformation d’un serpent en flèche figurent dans « Le Peuple du cercle noir » (Conan 2). Tandis que le bûcher funéraire et le « retour » de Valeria/Bêlit nous ramènent une fois de plus à « La Reine de la Côte noire » (Conan 1).

Les sources peuvent à l’occasion être multiples, et la fameuse scène de la sorcière en fournit un bon exemple : certains éléments sont empruntés assez clairement au roman de Conan L’Heure du dragon (Conan 2)… mais d’autres, plus clairement encore, à l’excellente nouvelle de Bran Mak Morn intitulée « Les Vers de la terre » (peut-être « conanisée » par Lyon Sprague de Camp ou par Marvel ? Ce ne serait pas une première…). Autre emprunt « multiple » : le serpent géant, que l’on retrouve dans « La Citadelle écarlate » et « Le Diable d’airain » (Conan 1), mais aussi dans L’Heure du dragon (Conan 2), ou encore dans la nouvelle de James Allison « La Vallée du ver », qui multiplie les allusions à la chute des royaumes hyboriens.

Enfin, certains emprunts se limitent à des noms : celui de Thulsa Doom, ainsi, provient du cycle de Kull, antérieur à celui de Conan (et le personnage, après tout, est bien présenté comme étant « vieux de mille ans »). Le nom de Subotai apparaît dans « Les Épées rouges de Cathay la noire » (Le Seigneur de Samarcande), où il désigne un personnage historique, un général de Gengis Khan – et l’on sait que Milius s’est beaucoup documenté sur les Mongols pour son film. Quant au nom d’Osric, il provient de deux nouvelles de Cormac Mac Art. [2]

En définitive, Conan le barbare est donc bel et bien un film howardien, ce qui n’était pas gagné d’avance… et les puristes ont sans doute bien tort de hurler à la trahison. Cependant, il est vrai que le Conan de John Milius et Oliver Stone n’est pas tout à fait celui de Robert E. Howard, et que certaines différences essentielles sont à souligner.



L’ADAPTATION, II : LE BARBARE, L’ESCLAVE, LE SURHOMME, LA TÉLÉOLOGIE

Avec un titre tel que Conan le barbare, on pourrait s’attendre à retrouver dans le film de John Milius une des préoccupations essentielles de Robert E. Howard, à savoir l’opposition entre barbarie et civilisation. Étrangement, ce n’est quasiment pas le cas… Seuls deux ou trois éléments, très brefs et allusifs, vont dans ce sens. Tout d’abord, une remarque de Subotai à Conan quand ils croisent pour la première fois une ville : l’Hyrkhanien parle d’une civilisation « ancienne et cruelle », comme si les deux allaient de pair… Plus tard, dans le même registre, mais sur un mode plus mineur, on peut retenir leur remarque sur « l’air qui ne rentre jamais » dans les murs de la ville, opposée aux magnifiques plans larges de la course des héros libérés hors les murs (la superbe musique de Basil Poledouris y est pour beaucoup). Enfin, on pourrait évoquer ici également le discours tenu par le roi Osric, un vieux barbare qui regrette les temps anciens de sa liberté… Mais c’est à peu près tout.

Le propos essentiel du film est ailleurs, et mêle les préoccupations philosophiques de Milius et de Stone aux traficotages de Lyon Sprague de Camp. En effet, le film a un abord téléologique : Conan est un homme destiné à devenir « roi de ses propres mains », et on insiste sur ce fait dès le début, de même qu’on y revient à la fin. On est ici clairement dans la logique de Sprague, non d’Howard, qui ne concevait sans doute pas son cycle de Conan comme chronologique, ni la royauté comme une fin en soi. La royauté a d’ailleurs chez lui un goût amer, teinté de mélancolie, non de triomphe, que ce soit chez Conan ou chez d’autres personnages. [3]

Mais cet aspect téléologique fait sens, chez Milius et Stone, dans la mesure où il se conjugue avec une philosophie nietzschéenne, simpliste peut-être, mais soulignée dès l’exergue du film par la fameuse citation : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. » Toute la première partie du film – largement due à l’imagination de Milius, a priori (dont on retrouve l’obsession pour les armes, avec le fameux « secret de l’acier ») – semble dédiée à vérifier l’adage, plus particulièrement illustré par le fameux montage de la « roue de la douleur », qui voit le jeune Conan (esclave, chose impensable chez Howard, pour qui le personnage se caractérise avant tout par sa liberté !) grandir jusqu’à devenir le colosse Schwarzenegger – scène que Milius lui-même (sans doute un brin provocateur comme il se doit…) qualifie de « darwinienne »… Mais cette idée reste également très prégnante par la suite (la scène de la crucifixion en témoigne jusqu’à l’extrême sur le plan physique, de même que, sur le plan moral, celle du bûcher funéraire), et ce, à vrai dire, jusqu’à la fin du métrage. Ce n’est qu’alors, en tuant le père, en s’accomplissant, en « franchissant le pont », en abandonnant définitivement son statut d’esclave, que Conan, d’homme, devient surhomme ; et, ayant accompli sa vengeance, fait parler sa volonté de puissance. Ce qu’il a déjà fait, dans un sens, lors de la dernière bataille, à l’occasion de son ultime – et unique – prière à Crom, qui peut très bien se résumer à un déicide éminemment nietzschéen…

Cela peut certes paraître simpliste… Mais il faut remettre les choses dans leur contexte : Oliver Stone, très ambitieux, souhaitait faire de Conan une véritable saga cinématographique à la James Bond ; Milius et les producteurs, plus réalistes, pensaient à une trilogie : dans cet esprit, le thème central du premier film était « la force brute » (sic ! cela explique bien des choses…) – les suivants devant traiter de la responsabilité, puis de la tradition et de la loyauté. Hélas, les choses ne se passèrent pas ainsi…



LA DISTRIBUTION

Une fois les scénaristes, les producteurs et le réalisateur trouvés, restait à se pencher sur la distribution. Pour le rôle-titre, la question ne se posait même pas : le film s’est construit autour de la personnalité d’Arnold Schwarzenegger, alors simple culturiste et illustre inconnu ou peu s’en faut, repéré par Edward Pressman dans le documentaire Pumping Iron. On avouera cependant que ses talents d’acteur sont assez limités – ce qui explique peut-être le scepticisme de Dino de Laurentiis à son encontre (on l’a pourtant connu peu regardant !) –, et que son accent autrichien encore assez marqué justifie sans doute le petit nombre de ses répliques, et – cette fois, c’est une certitude – le fait qu’il ne soit pas le narrateur du film, contrairement à ce qui avait été envisagé dans un premier temps. Le rôle du narrateur, outre celui du sorcier, fut donc confié à Mako, qui dirigeait par ailleurs une école de théâtre, dans laquelle il forma notamment durant le film Gerry Lopez (Subotai) : celui-ci, en effet, n’avait jamais tourné dans le moindre film ; c’était un surfer, et un ami de Milius… Mais il s’en est très bien tiré. Pour en finir avec les héros, évoquons enfin Sandahl Bergman (Valeria), retenue par John Milius pour son physique de « Walkyrie ».

En face, pour les « vilains », il était nécessaire de trouver quelqu’un de particulièrement charismatique pour interpréter Thulsa Doom : ce fut le cas avec le grand acteur noir James Earl Jones, plus habitué aux seconds rôles (et très connu, en Anglo-saxonnie, pour être la voix originale de Dark Vador…), et qui se révèle ici tout simplement parfait. Ses seconds, les « Grands Danois » comme les appelle Milius, sont des colosses destinés à en imposer à Schwarzenegger lui-même : le footballeur Ben Davidson incarne ainsi Rexor, tandis que le culturiste scandinave Sven Ole Thorsen joue Thorgrim (avec son gros marteau…).

On n’ira guère plus loin ici. On se contentera de mentionner deux seconds rôles importants, le roi Osric interprété par rien de moins que le grand Max Von Sydow (à l’origine, ce devait être Sterling Hayden, mais on ne peut pas dire que Milius ait perdu au change…), et sa fille, la princesse, jouée par Valérie Quennessen. On mentionnera brièvement qu’un caméo de John Milius a été finalement supprimé au montage, tandis que ceux du production designer Ron Cobb (le dealer de lotus noir) et de Yamazaki (le maître d’armes du Khitaï) ont été conservés. Un mot enfin sur les figurants, qui, pour certaines scènes, ont été plus de 1500…



LE TOURNAGE ET LA POST-PRODUCTION

Le tournage de Conan le barbare est une aventure presque aussi épique que celle qu’il est censée rapporter… Prévu initialement en extérieurs en Yougoslavie, il a finalement lieu six mois plus tard en Espagne, en raison du contexte politique (la mort de Tito).

Pour les acteurs – et au grand délice de Milius, qui s’est toujours plus considéré comme un général que comme un réalisateur… –, le tournage ressemble à un camp d’entraînement militaire : escrime, équitation, musculation, tous les jours… et enfin, tournage.

Mais dès le premier jour, les accidents se multiplient, et Schwarzenegger a ses premiers points de suture. Devant l’Autrichien qui se plaint de saigner, Milius reste stoïque, et même enthousiaste : « Cette blessure est temporaire, les films sont éternels ! » Ce sera loin d’être la dernière… Sandahl Bergman sera elle aussi assez grièvement blessée, et aura un doigt coupé lors d’une scène de combat à l’épée…

Pourtant, malgré toutes ces difficultés – et la construction de décors monumentaux, comme celui du Temple de Thulsa Doom –, le tournage arrive à son terme. Commence alors le travail de post-production. Et c’est à ce moment que se pose une nouvelle question : celle de la musique. Au départ, les producteurs entendent imposer au réalisateur le prestigieux Ennio Morricone ; mais John Milius, têtu, n’en veut pas, et impose son choix personnel : ce sera Basil Poledouris, ou rien. L’histoire lui a donné raison, car Poledouris a incontestablement signé là son chef-d’œuvre, une bande originale d’une puissance et d’un lyrisme rares, qui fait encore aujourd’hui figure de modèle du genre. À vrai dire, elle mériterait un article à elle seule…



LA RÉCEPTION DU FILM ET SES CONSÉQUENCES

La critique ne se montre guère tendre pour ce film violent et sans concessions – interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis –, ce qui n’arrange guère la réputation déjà pas terrible de Milius. Un journaliste va jusqu’à parler de « Star Wars filmé par un psychopathe » !

Mais, malgré tout, le succès populaire est là ; dès la première, les gens font la queue pour voir le film-événement, à tel point que l’on doit le programmer dans des salles supplémentaires. Le film lance la carrière de Schwarzie, qui devient une star du jour au lendemain, et initie – pour le pire, hélas… – un engouement passager pour le cinéma d’heroic fantasy, qui nous vaudra une kyrielle de nanars italiens pompant allègrement le chef-d’œuvre de Milius. [4]

Pire encore, dans un sens, il y aura bien un deuxième Conan, Conan le destructeur, réalisé par le vétéran Richard Fleisher, qu’on avait pourtant connu bien plus inspiré dans la veine épique, des années auparavant, avec Les Vikings… Le film est un navet parfaitement ridicule de bout en bout, sans aucun intérêt, et qui mettra un terme à une licence qu’on aurait pu espérer prometteuse…

Mais on touchera le fond avec les autres adaptations « howardiennes » : Red Sonja (toujours de Richard Fleisher, mais qui a plus à voir avec la BD Marvel qu’avec le personnage de Robert Howard, et fut rebaptisé en France Kalidor, la légende du talisman pour mettre en avant le personnage incarné par… Schwarzenegger), plus récemment Kull et Solomon Kane… Non, décidément, il n’est pas donné à tout le monde d’adapter Robert E. Howard au cinéma.



CRITIQUE

Or Milius, lui, s’en est très bien tiré. Il a su rendre fidèlement l’atmosphère épique et violente, à la fois réaliste et fantastique, des récits de Conan. Son film est réalisé de main de maître, et, pour ce qui est de placer une caméra, Milius n’a de leçons à recevoir de personne. Le film est superbement construit, et, grâce à la géniale bande originale de Poledouris, fonctionne comme un véritable opéra, ce qui, paradoxalement, justifie de nombreuses et longues scènes sans dialogues (notamment au début du film : passé le prologue, si l’on excepte quelque interventions du narrateur, il n’y a quasiment pas de répliques pendant au moins une vingtaine, voire une trentaine de minutes). La photographie est en outre magnifique, à l’instar des décors – celui du Temple de Doom, avec ses 1500 figurants, reste très impressionnant trente ans plus tard – et, si les effets spéciaux ont naturellement vieilli, ils ont le bon goût d’être rares, ce qui évite au film de sombrer dans le kitsch.

Par ailleurs, Conan le barbare reste aujourd’hui ce qu’il était déjà à sa sortie en 1981 : un grand film d’action. Les scènes de bataille n’ont certes pas l’envergure mégalomane qu’autorise aujourd’hui le numérique, mais elles sont en contrepartie minutieusement chorégraphiées, riches en détails et d’une violence rare. On sent dans les gestes des acteurs le travail du maître d’armes Yamazaki, et on les croit volontiers quand ils expliquent que le « général » Milius préparait chaque bataille avec tout l’art d’un tacticien…

Finalement, en dehors du jeu pour le moins limité de Schwarzenegger et, si l’on tient à faire dans le « politiquement correct », d’une idéologie parfois « douteuse » – et encore… –, il n’est rien que l’on puisse véritablement reprocher à ce Conan le barbare. Mieux, il ne se trouve aucun film pour soutenir véritablement la comparaison : même depuis la sortie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson – dont on pensera ce que l’on voudra… –, le film de John Milius reste probablement encore aujourd’hui le seul – bon… – film d’heroic fantasy tourné spécifiquement à destination d’un public adulte. Ce qui lui confère toujours une saveur particulière, et une originalité qui le rend indémodable. À ce stade, on peut bien parler de chef-d’œuvre. [5]


COMMANDER

L’histoire a démontré qu’il n’était pas donné à tout le monde d’adapter Robert E. Howard. Mais John Milius, avec Conan le barbare, a parfaitement saisi l’atmosphère de l’Âge Hyborien, et livré un chef-d’œuvre indémodable d’heroic fantasy. Près de trente ans après sa réalisation, le film n’a pas pris une ride. C’est assez rare pour être signalé, et loué…



Nébal


NOTES

[1] American Zoetrope est la société de production créée en 1969 par Francis Ford Coppola et George Lucas. Elle a notamment produit le premier film du père de la saga Star Wars, THX 1138, les films de Coppola lui-même, à commencer par Apocalypse Now, le Mishima de Paul Schrader, Barfly de Barbet Schroeder, Sleepy Hollow de Tim Burton, tous les films de Sofia Coppola, et la série télévisée Les 4400.

[2] Sur toutes ces questions, nous invitons les lecteurs avides de détails à se reporter à cet excellent article des excellentes Chroniques némédiennes.

[3] On lira à ce sujet le passionnant article de Patrice Louinet dans Échos de Cimmérie.

[4] Vous en trouverez bon nombre d’exemples sur cette page de l’indispensable site Nanarland.

[5] Outre les Chroniques némédiennes déjà mentionnées, nous invitons les curieux à poursuivre l’aventure sur ce site très complet. Mille mercis, enfin, à Simon Sanahujas, qui fut d’un grand secours dans la rédaction de cette chronique.