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Publié le 11/07/2010

Constellations, T2. Les Anoraks

Daryl et Popcube

Par PAT

Tout droit sorti de la tête de David Calvo et du crayon de Popcube, Constellations 2 a débarqué en catimini début juin. Tellement en catimini qu’on ne s’en était même pas rendu compte. Correction, donc, pour attirer l’attention sur cette (très) jolie bande-dessinée parue aux éditions Ankama.


Après Le Stade, mise en place d’un univers post-apo particulièrement intrigant, Les Anoraks poursuit l’exploration d’un monde en pleine déliquescence, répond à quelques questions, en soulève pas mal et, au final, convainc le lecteur qu’il tient là quelque chose de résolument à part dans le paysage BD traditionnel. Certes, David Calvo (sous le pseudo de Daryl) est l’incarnation même du à part, d’accord, le dessin noir et blanc à la fois simple et précis de Popcube cultive une différence bienvenue, mais ça ne suffit pas forcément. Ici, pourtant, tout fonctionne. Et si la revendication des auteurs tourne autour de la poésie (au sens large), ils évitent avec talent l’écueil de la mièvrerie pour s’aventurer du côté de l’émotion. Pari réussi, donc, Les Anoraks déroule son scénario sans accroc et se permet quelques clins d’oeil plutôt bien vus (impossible de ne pas voir du Alan Moore dans le visage masqué/troué des constellés, par exemple).

Résumons.
Suite à un cataclysme quelconque dont on ne saura rien, une petite communauté d’humains s’est réfugiée dans un stade. Prison à ciel ouvert qui rappelle de charmants épisodes historiques (du Vélodrome d’Hiver au Stade de Santiago du Chili), l’enclos fonctionne comme tissu urbain à lui tout seul. Là vivent des hommes, des femmes, jeunes ou vieux, parmi lesquels beaucoup n’ont jamais connu autre chose.
Qu’y a-t-il au-delà du stade ? Mystère.
Et la menace rode. Des entités mal définies déciment régulièrement les rangs des réfugiés. Le tome 2 de cette saga qu’on imagine conçue comme un manga (en plus court) nous en apprend un peu plus sur l’envers du décor, sans toutefois tout révéler. On y suit les aventures des mêmes personnages, jeunes, déphasés, évidemment rebelles et fouineurs. Efrim choisit la fuite vers le nord, entreprise ô combien risquée. Daniel se réfugie dans l’analyse et le cassage de gueule. Fanny s’enferme dans son art et cette obsession donne naissance à une secte d’allumés qui n’hésitent plus à fliquer la société au point de mettre en place un nouveau système fascisant (jolie trouvaille, d’ailleurs, que cette perversion de l’art qui débouche sur l’innommable). Au lecteur de suivre et d’adhérer (ou pas) au monde de Daryl et Popcube. Mais les évidentes qualités graphiques alliées à l’intelligence de la narration en emballeront plus d’un. Ne reste plus qu’à découvrir le troisième tome pour se convaincre définitivement.


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Tentative décalée et poétique de faire une bande-dessinée à la fois originale et respectueuse des codes du genre, Constellations vaut par son dessin faussement naïf et son scénario déroutant. L’occasion idéale de se plonger dans l’imaginaire d’un des auteurs les plus talentueux de la SF francophone. Un vrai bel objet non identifié à ne pas rater.