EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 20/04/2009

Cowboy angels de Paul McAuley

[Cowboy angels, 2007]

ED. ROBERT LAFFONT / AILLEURS & DEMAIN, MARS 2009

Par Soleil vert

Paul Mcauley deviendrait il un auteur attitré de la collection Ailleurs et Demain ? Cowboy angels est en effet son quatrième ouvrage publié par Gérard Klein. Depuis Les diables blancs parus en 2005 ce romancier propose des thrillers originaux prétextes à une relecture en noir de nos sociétés : OGM, relation entre science et pouvoir, terrorisme ... De quoi renouer avec un genre que l’on croyait perdu depuis Brunner, Spinrad ou le Frank Herbert de La mort blanche.
La déception ressentie à la lecture de Cowboy angels n’en est que plus grande.


AMERICA AETERNA

En 1963, les USA découvrent une technologie permettant d’accéder à une infinité d’univers parallèles appelés faisceaux. Lors des premières expéditions qui démarrent 3 ans plus tard dans le multivers, les explorateurs découvrent des Amériques contemporaines divergentes : dans l’une le communisme a triomphé, contraignant l’exécutif déchu à se réfugier à Cuba ; dans une autre la crise des missiles de Cuba débouche sur une troisième guerre mondiale...
D’où l’idée du président en exercice dans le faisceau dit Réel, un certain ...Travis, de constituer une force spéciale, les Cowboys angels, chargée de remettre sur les rails « démocratiques » les différentes déclinaisons des USA. Une seule Nation sous différents cieux en quelque sorte. Cette doctrine expansionniste au nom de code de SWIFT SWORD prend fin avec l’élection de Jimmy Carter (celui là on connaît).
Comme on pouvait s’ y attendre certains responsables de SWIFT SWORD ne l’entendent pas de cette oreille et vont tenter d’agir pour leur propre compte.
Dans ce contexte tendu, un vétéran des forces spéciales, Adam Stone, réfugié dans une Amérique rurale, est rappelé par ses supérieurs pour intercepter un de ses collègues qui traverse tous les faisceaux connus en abattant systématiquement les doubles d’une spécialiste des portes de Turing, portes qui permettent d’accéder aux univers parallèles. Mais qu’a donc découvert cette mathématicienne ?

SUSPENSE NO SUSPENSE

Une fois terminée la lecture de ce livre, on se demande comment à partir d’un tel pitch, l’auteur a pu rédiger un texte aussi plat.
Pourtant, McAuley ne manque pas d’idées. C’est un peu sa marque de fabrique. On se souvient par exemple de cette réflexion réussie sur le rôle de l’image dans la société que constituait Glyphes, malgré une fin bâclée. Dans Cowboy angels le romancier assemble tous les éléments narratifs d’une quinte flush royale et abat au final une carte. Qu’on en juge : combiner, ce qui à ma connaissance ne s’est jamais fait, deux thèmes classiques de la SF, l’uchronie et le voyage dans le temps, planter le décor de l’Amérique parano des années 60 et semer le lecteur dans un road movie de près de 300 pages terriblement ennuyeux.

Seule la première partie (dont la teneur vous est donnée dans le paragraphe précédent de cette chronique) tient la route. Elle s’achève à la 186e page sur un pic émotionnel, dramatique, avec les morts de Suzan et Tom. Bien difficile ensuite de déceler un moment fort dans la suite de ce roman. Même l’apparition de Eileen Barrie tombe comme un cheveu dans la soupe.

Les occasions d’aiguiser l’intérêt du lecteur ne manquaient pourtant pas. Pourquoi par exemple ne pas avoir resserré l’intrigue autour d’une uchronie décrivant une Amérique communiste (thème effleuré dans Cowboy angels) prétexte à explorer l’inconscient américain ?

McAuley sait rédiger un techno-triller, mais à l’inverse d’un Eschbach ne sait pas entretenir un suspense. L’effet en est désastreux sur une thématique SF emblématique comme celle du voyage dans le temps. Lorsque Robert Heinlein suggère dans Une porte sur l’été qu’avec un fer à souder et quelques composants électriques on peut tout bricoler, même une machine à remonter le temps, et tout réparer, y compris sa propre vie, on sait que c’est impossible, mais on y croit.

Peut-être conscient d’avoir oublié cette leçon, le romancier termine son ouvrage par une réminiscence Van Vogtienne « Des univers attendaient de naître ».

Trop tard.


COMMANDER

On attendait une plongée dans l’Amérique façon Code quantum, un roman débridé comme Spinrad en a le secret. Mais l’auteur délivre un techno-thriller assez insipide. La barre était trop haute tout simplement.