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D'AUTRES AUTEURS


Thomas Disch nous a quitté le 4 juillet 2008. Il s’est suicidé dans son appartement new-yorkais. Il avait 68 ans. Seul depuis la mort de son compagnon Charles Naylor, il souffrait de dépression et vivait très modestement.

Auteur, critique et poète, Disch échappe largement à l’étiquette "SF" parce que ses thèmes de prédilection débordent le cadre de la science. La précision de sa plume et sa cruauté, son économie de moyens et sa profonde intelligence, font de lui l’un des auteurs les plus injustement méconnus de la science-fiction contemporaine.
Si ces premiers romans s’inscrivent dans des schémas typiquement sci-fi (invasion extra-terrestre, univers parallèles...), ses dernières œuvres et ses nouvelles renvoient à des préoccupations méta-physiques plus profondes.


LA RÉVOLTE PESSIMISTE

Thomas est le cadet des trois enfants de Felix Disch, un représentant de commerce du Minessota. Il passe son enfance à Saint-Paul puis à Minneapolis, protégé par sa mère qui l’enverra dans une école privée catholique, [ce qui ne lui convint pas vraiment].
Adolescent, Thomas se découvre plusieurs passions : la science-fiction d’abord. Il dévore les space opera des années 50, (Isaac Asimov&Co)... et la poésie. L’opéra et la musique classique, ensuite.

Il s’inscrit d’ailleurs à 15 ans dans une formation de danse classique. Il en parlera plus tard comme deux années marquantes pour lui, très formatrices du point de vue de l’auto-discipline et de l’indépendance d’esprit.

L’été 1957, après la High-school [l’équivalent du lycée], il travaille et se paye le voyage vers New York, où il partage un appartement avec d’autres étudiants. Les petits boulots s’enchaînent : serveur au Metropolitan Opera, libraire, employé de nuit au Daily Mirror... puis l’enrôlement volontaire dans l’armée à 18 ans. Mais l’armée n’est pas son fort, il se fait remarquer par sa [mauvaise] conduite, passe même quelques jours en hôpital sous surveillance psychiatrique avant d’être réformé.

Rentré à NewYork, il travaille à nouveau dans les théâtres de Broadway, puis se paie des cours du soir à l’Université où il découvre l’écriture, et s’essaie à de petits textes de SF.
Il persévère et en 1962 vend la nouvelle The Double Timer à Cele Goldsmith, éditeur des magazines Fantastic et Amazing. Thomas Disch sèche alors les cours de fac et vit de petits boulots pour avoir le temps de se consacrer à l’écriture.

Il sera successivement employé d’une assurance, d’une banque, d’un journal et d’une entreprise de pompes funèbres. Il vend de nouveaux textes au même éditeur. Employé d’une agence de publicité en 1963, il travaille la concision et le sens de la formule... qu’il met en application en écrivant de la poésie.

En 1964, à la SF Writers Conference de Milford il rencontre Damon Knight qui achète son premier roman, The Long Harvest. Il sous-loue son appartement du Minessota à un ami [un certain John Sladek, lui aussi auteur de SF], termine The Genocides pendant un séjour en Amérique du Sud et rentre à New-York.

Eté et automne 1965, il travaille toujours en agence de pub, mais a décroché 4 contrats pour des romans. Il s’exile alors plusieurs années en Europe, en compagnie de John Sladek avec lequel il travaille sur plusieurs textes. Leurs pérégrinations les mènent de Casablanca à la Costa del Sol, de Gilbraltar à Londres.

Dans la capitale anglaise, il fait la rencontre de Michael Moorcock, qui lui achète plusieurs textes refusés par les éditeurs américains. Entre Londres et les Alpes, il écrit Camp de concentration, roman qui emportera le Ditmar Award 1969.

Rentré aux Etats-Unis dans les années 60, il se lance dans un nouveau roman, The Pressure of Time puis repart, pour Istanbul puis à nouveau Londres où il écrit The Asian Shore inspiré de son voyage.
En 1972, il publie le recueil 334 dans l’indifférence générale, et le premier volume de ses poésies The Right Way To Figure Plumbing.

De la SF au fantastique-poétique

Dans les années 70, il publie 5 anthologies sur des thèmes SF comme l’écologie, les dystopies, et l’influence d’Edgar A. Poe. En 1975 paraît ce qui sera longtemps son roman le plus populaire, Clara Reeve, roman victorien signé sous le pseudonyme de Leonie Hargreave. Il se lance - en amateur - dans la peinture et en 1980 sort Fundamental Disch, rétrospective préfacée par l’auteur et critique Samuel R. Delany. Il écrit le livret de Frankenstein, opéra de Greg Sandow, donné en 1982.

Entre 1992 et 1985, il collabore au magazine Twilight Zone Magazine. Avec le temps, sa plume cynique et pessimiste se fait moins virulente, moins radicale. Cela ne l’empêche pas de moquer le puritanisme, les fausses valeurs sociales, et de défendre l’homosexualité ou l’usage des drogues douces, en particulier dans les nouvelles de L’homme sans idée (The Man who had no Ideas, 1982). En 1984, paraît The Businessman, son dernier roman franchement SF.

Romancier, poète et esayiste, Thomas Disch a touché aussi à la novellisation puiqu’il a adapté deux épisodes du feuilleton TV britannique loufdingue The Prisoner (réalisé et interprété par Patrick McGoohan) qui rejoint un des thèmes récurrents de son œuvre : les univers carcéraux.

Disch a également publié deux livres pour enfants, Le vaillant petit grille-pain (The Brave Little Toaster, paru notamment dans Le livre d’or de la SF : Thomas Disch, Pocket 5103) et The Tale of Dan De Lion en 1986.
Il avait peu avant sa mort repris la plume activement avec une novella, The Voyage of the Proteus publié en décembre 2007, un court roman The Word of God, paru en juillet 2008 [Tachyon Publications] et un recueil, The Wall of America, prévu pour octobre 2008.


« Because of his intellectual audacity, the chillingly distanced mannerism of his narrative art, the austerity of the pleasures he affords, and the fine cruelty of his wit, (Disch) has been perhaps the most respected, least trusted, most envied and least read of all modern first-rank sf writers. »
Encyclopedia of Science Fiction, 1993.


BIBLIOGRAPHIE CHOISIE


  • Génocides [The Genocides, 1965] Les grattes-ciels se sont effondrés dans des tourbillons de flammes, des villes ils ne restent que des cendres après l’attaque massive et implacable de machines extra-terrestres. Les Hommes survivants vivent à la campagne, et luttent pied à pied contre la Plante, monstrueux envahisseur dont les ramifications recouvrent peu à peu la surface du globe.

    Buddy fait partie de ses derniers résistants qui, abrités dans une vieille ferme en ruine, tente de garder l’espoir en la race humaine. Mais y-a-t-il un espoir quand l’ennemi, invisible, ne semble même pas vous apercevoir ?

    Comme dans Ravage de Barjavel, la civilisation moderne s’est effondrée, contraignant les Hommes a retourner aux champs. Mais la où l’auteur français souhaitait disserter sur les méfaits du progrès techniques, Thomas Disch lui n’a pas de propos philosophiques : il ne fait que décrire la fin de l’Humanité, abattue sans états d’âme, sans presque y prêter attention, comme un enfant écrase une fourmi, par des extra-terrestres concentrés sur la culture de leur Plante potagère mangeuse de monde.

    La densité des personnages, la dure réalité de leur bêtise et de leurs peurs, l’espoir qui jusqu’au bout survit, tout cela fait de Génocides une étude touchante, pessimiste et intense, de ce que l’Homme devient lorsque le dénuement complet l’expose au risque de perdre toute noblesse.

  • Camp de concentration [Camp Concentration, 1968] Le camp archimède n’est pas une prison comme les autres. Dans cette forteresse souterraine, les prisonniers sont parfois d’une intelligence extra-ordinaire, une intelligence qui atteint au génie.

    Louie Sacchetti, poète objecteur de conscience se retrouve dans le camp sans savoir pourquoi.
    Serait-ce la pallidine, substance injectée à certains détenus, qui décuple leur capacité de réflexion ? Pourquoi dans ce cas dépérissent-ils aussi rapidement qu’ils deviennent intelligents ?
    Que va ressentir Louie après les premières piqûres de pallidine ?

    Avec un sens du suspense maîtrisé, Thomas Disch impose à son personnage une énigme insoluble dont il devient finalement la solution...
    Une belle énigme qui, à la façon du Frankenstein, fait réfléchir sur les risques liés à l’expérimentation sur l’humain...

  • 334 [334, 1974] Au 334 East 11th Street de New-York, en 2021, s’élève un immeuble surpeuplé comme les autres.Ses habitants, comme les autres, connaissent le mariage entre femme, les "hommes-mères", et l’autorisation d’enfanter après un test de Quotient Intelectuel...

    Prenez notre monde réel, déterminez en les lignes de conduite, les tendances lourdes, et poussez les à l’extrême pour imaginer le monde futur. Comme le fit John Brunner avec Tous à Zanzibar, Thomas Disch réfléchit sur l’avenir des relations humaines dans un contexte où la surpopulation bouleverse les codes sociaux. Un roman qui choqua à son époque, notamment à cause de ses sympathies pour les pratiques homosexuelles.

  • Sur les ailes du chant [On Wings Of Song, 1979]

Mr.C