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Publié le 03/11/2007

« Deepsix » de Jack McDevitt

[« Deepsix », 2001]

[ L’ATALANTE, 2003 - REED. LE LIVRE DE POCHE, OCT. 2007]

Par Vince

Après avoir réédité Les Machines de Dieu, premier tome d’une sorte d’histoire du futur, Le Livre de Poche réédite sa suite Deepsix. C’est l’occasion, pour ceux qui avaient apprécié les aventures de Priscilla Hutchinson [alias Hutch] de retrouver l’héroïne aux prises avec une planète promise à une disparition brutale.


Si l’on peut lire Deepsix indépendamment des Machines de Dieu [l’auteur glisse avec habileté au début du second opus les rappels nécessaires pour ceux qui auraient zappé le premier épisode], ce serait cependant dommage. D’abord, parce que le premier tome est plus réussi que le deuxième [je vais m’en expliquer], ensuite, parce que Les Machines de Dieu permet de cerner ce qui fait l’originalité de l’histoire du futur qu’a écrit McDEVITT - à savoir l’énigme de l’archéologie extra-terrestre.

Petit flash back.
Depuis que les hommes ont découvert le voyage supra luminique et qu’ils peuvent se promener partout dans la galaxie, ils ont découvert quantité de vestiges archéologiques. Seulement voilà, leurs bâtisseurs semblent avoir disparus - ce qui n’est pas sans angoisser l’humanité du futur : où sont passées les espèces extra terrestres créatrices de ces vestiges ? L’humanité ne risque-t-elle pas de disparaître à son tour ?
Les Machines de Dieu, premier tome de la saga, apportait des éléments de réponse à cette question - ce qui en faisait un roman fort sympathique et très agréable à lire.

Deepsix, contrairement à ce qu’indique la quatrième de couverture, n’est pas vraiment un space opera mais plus précisément un planet opera. Deepsix est le nom d’une planète rebaptisée ainsi [Maleiva III étant son nom original] car elle va être percutée ["deepsix" en anglais = éjecté, viré, chamboulé] par une géante gazeuse du nom de Morgan.
On s’en moque un peu au départ car c’est sur cette planète qu’une expédition scientifique a été atrocement décimée. L’Académie scientifique, après avoir durement sanctionné son responsable, n’a pas daigné approfondir sa connaissance de la planète. Elle a donc envoyé un vaisseau pour observer le choc gigantesque de la planète et la géante gazeuse, vaisseau dans lequel se trouvent des scientifiques mais également des touristes VIP comme le célèbre MacAllister [qui jouera un rôle dans la suite mais n’en dévoilons pas trop].
Evidemment, la mission scientifique observe ... des vestiges archéologiques. Le plus proche vaisseau dans les parages [au bord duquel se trouve notre héroïne Huch] est dévié pour aller recueillir un maximum de données avant que la planète disparaisse. L’impensable se produit : une équipe se retrouve coincée sur Deepsix et commence un contre la montre haletant pour réussir à décamper de la planète avant le grand crash.

Deepsix est dans l’ensemble bien écrit [reconnaissons sans réserve cette qualité à McDEVITT] ; cependant, arrivé à la fin du livre, on ne peut s’empêcher d’être déçu. Tout d’abord, parce que l’énigme archéologique qui faisait l’intérêt des Machines de Dieu n’est ici qu’un prétexte : on ne découvrira rien de nouveau et c’est dommage car l’auteur aurait pu davantage combiner le sauvetage de l’équipe avec ses recherches archéologiques.
Le livre est le récit d’un contre la montre un peu ennuyeux où les détails techniques de "l’évasion" priment sur la description de la planète [sa faune, sa flore, ses habitants]. Si c’était un film à grand spectacle, on aurait été peut-être conquis, mais là c’est un livre et il faut sans cesse se représenter tel problème technique puis tel autre ... On se lasse et on ne cherche plus à réellement comprendre en fait.

Les personnages, rapidement brossés à la base, n’acquièrent pas de réelle épaisseur psychologique au cours de l’aventure et comme de nouveaux personnages apparaissent [ceux qui sont en orbite et vont tout mettre en oeuvre pour sauver l’équipe au sol], cela n’aide pas le lecteur à s’y retrouver. Là aussi, c’est dommage, on a raté un huis clos intéressant sur fond de planète agonisante.


Pour info, le cycle de Jack McDEVITT consacré à l’héroïne Priscilla "Hutch" Hutchins se compose des romans suivants :

  • Les machines de Dieu [The engines of God, 1995]
  • Deepsix [Deepsix, 2001]
  • Chindi [Chindi, 2002]
  • Omega [Omega, 2003]
  • Odyssey, 2006 - pas de traduction française

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En bref, Deepsix n’est pas complètement raté [dans le style, on trouve bien pire] mais ce n’est pas le meilleur tome de l’histoire du futur qu’a écrit Jack McDEVITT. Reportez-vous plutôt sur Les Machines de Dieu ou Chindi.


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