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Publié le 15/10/2007
« Délires d’Orphée » de Catherine DUFOUR
ED. BALEINE / CLUB VAN HELSING, SEPTEMBRE 2007
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Par Ubik
Une aventure, un chasseur, un monstre.
Tel est le fil conducteur qui préside à la destinée du Club Van Helsing. A l’instar de la série Le Poulpe, éditée chez La Baleine également, l’objectif avoué est une collection de courts romans de gare visant à distraire sans arrière-pensée le lecteur au moyen des jouets fictifs d’autres sales gosses.
A charge pour les différents auteurs mobilisés dans cette entreprise, d’habiller avec leur imaginaire et leur prose le squelette proposé par Xavier MAUMEJEAN et Guillaume LEBEAU, les deux directeurs de collection.
Le résultat de tout cela est - pour l’instant - une collection à l’identité visuelle assez classieuse mais aux titres très inégaux. A l’occasion de la deuxième fournée du CVH, le Cafard Cosmique s’est penché sur deux titres, « Délires d’Orphée » de Catherine DUFOUR et [« Mickey Monster » de BRETIN & BONZON-886>]
« Délires d’Orphée » remplit le contrat "CVH" d’une manière presque satisfaisante. En effet, on ne peut pas vraiment dire que l’on ressort déçu de cette lecture. Mais en même temps, on - enfin surtout moi ici - ne peut s’empêcher de trouver que sur ce coup Catherine DUFOUR est restée trop sage.
L’auteure puise son inspiration essentiellement dans la littérature : le personnage de chasseur qu’elle convoque pour son récit, acquitte son tribut de manière transparente à l’auteur de « Moby Dick ». Senoufo Amchis est Hermann MELVILLE, devenu ici par la volonté de l’auteure, un personnage de fiction très attachant.
C’est également un chasseur convainquant, à la fois défenseur de la tradition [de la pêche à la baleine] et féru de nouvelles technologies.
Contraint de rester à terre, le temps de faire réparer son navire, Sénoufo se met en chasse, à la demande de Hugo Van Helsing car une mystérieuse carapace de tortue a été dérobée dans la bibliothèque du Bedlam Asylum.
Pour le laconique et pas très sympathique patron du Club, il n’y a pas un instant à perdre car la carapace en question est porteuse d’une malédiction antéludivienne : elle provoque le désespoir. Il convient de désamorcer le sortilège en pulvérisant l’objet d’un coup de harpon bien ajusté.
Rapidement Sénoufo doute du bien fondé de sa mission. Il ne peut s’empêcher de manifester de l’empathie pour sa proie. Et lorsque le marin atterrit c’est l’amer qui prend l’homme.
« Délires d’Orphée » se lit avec intérêt surtout grâce à la personnalité du chasseur Sénoufo, à sa mélancolie contagieuse et à sa fragile humanité. Pour le reste, le rythme est poussif même si la prose est limpide et impeccable. Le monstre qui puise ses origines dans la mythologie gréco-romaine, est ectoplasmique. Evidemment, on me rétorquera que vu sa nature, c’est un peu normal. Finalement, l’ensemble manque de cette fantaisie nécessaire au plaisir régressif qu’on est en droit d’attendre pour un "CVH".

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Au final, on ne peut s’empêcher d’être un brin déçu par cet épisode du "CVH". C’est bien écrit, les jeux de mots sont rigolos mais tout ceci n’emporte pas totalement l’adhésion.
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