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Publié le 06/10/2006

"Des parasites comme nous" de Adam JOHNSON

["Parasites like us", 2003]

ED. DENOËL / LUNES D’ENCRE, SEPT.2006

Par PAT

Attendu comme le messie par ceux et celles qui ne se sont jamais vraiment remis de "Emporium", "Des parasites comme nous" débarque enfin en Lunes d’encre. Hélas, trois fois hélas, et malgré des qualités évidentes, le roman ne tient ni la route, ni ses promesses...


Petite musique libératrice, douce nostalgie un peu frappée quand même, l’oeuvre d’Adam JOHNSON est de celles qu’on n’oublie pas. Avec ce premier roman enfin traduit sous nos longitudes, on se disait qu’Adam JOHNSON allait s’imposer comme l’un des auteurs les plus prometteurs de ces dernières années. On continue d’ailleurs à se le dire, mais ce n’est pas avec "Des parasites comme nous" que le ciel va nous tomber sur la tête.

Présenté sous une couverture bien partie pour rafler le razzy 2007 [une sorte de photo à la Manchu sous acid...] de la catégorie en question, ce nouveau Johnson ne manque pourtant pas d’élégance. On y retrouve pêle-mêle tout ce qui faisait le charme de "Emporium" : du drôle, du tragique, du drôlement tragique, du tragiquement drôle, du grotesque, de l’absurde et du très sérieux. Mais là où la concision de la nouvelle avait plutôt tendance à canaliser l’exhubérance de l’auteur et à lui donner à la fois cohérence et ampleur, le roman traîne en longueur et peine à intéresser les lecteurs jusqu’au bout.

Tout est là, certes, mais en bordel, en vrac, asséné pages après pages sans qu’un tout se dessine enfin. Sur les presque 500 pages que compte le roman, il faut attendre la 350ème avant de démarrer réellement ce que nous évoque la quatrième de couverture. Les 150 dernières pages sont, par contre, absolument splendides dans le genre post-apocalyptique et laissent espérer le meilleur pour les prochaines oeuvres. En attendant, il faut bien se coltiner un début long et pénible.

Aujourd’hui, dans le Dakota du sud noyé sous la neige en hiver, on suit les aventures d’un presque jeune prof d’anthropologie désabusé par ses étudiants, sa vie sexuelle, son père, sa mère disparue, sa corvette de vieux-beau et sa belle-mère adorée morte. Pour résumer très vite, on se contentera de préciser que l’un de ses étudiants psychorigides [qui tente une expérience inédite en vivant comme les hommes de cro-magnons] fait une découverte archéologique rarissime [à côté d’un casino, quand même] : des restes humains, enterrés bien comme il faut, qui pourraient bien être le squelette le plus vieux jamais trouvé sur le sol américain. Et à ses côtés, deux urnes. Et dans ces urnes, du maïs. Enfin, ce qui ressemble à du maïs. Maïs que les chercheurs vont se taper en pop-corn, histoire de fêter ça. Ce qui va certes les sauver eux, mais pas les autres...

On n’en dira pas plus, si ce n’est que "Des parasites comme nous" n’est absolument pas un roman de mauvais goût, mais plutôt une étude ratée sur des personnages attachants et des situations aussi ridicules que mortellement sérieuses.


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La dernière page tournée, force est de constater qu’Adam JOHNSON ne quitte pas son costume d’auteur prometteur. Le chemin vers le roman magnifique ne sera sans doute pas long et on pourra considérer "Des parasites comme nous" comme un galop d’essai. Un galop rempli de trucs qui tiennent la route, plein de bonnes choses, de bonnes idées et de franches rigolades [les vrais, celles qui foutent les boules et donnent envie de pleurer], mais tellement foutraque qu’on a du mal à tout digérer.

Pas pour cette fois, donc, même si on a bien fait de cliquer sur l’onglet "Suivre cet artiste".