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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Donnons le contexte : Le Cycle des Inhibiteurs est une vaste saga de space-opera-cyber-gothique à la fois dense, ambitieuse, décoiffante et parfaitement efficace qui a commencé avec « L’espace de la révélation » et s’est conclu par « Le Gouffre de l’absolution »... les quatre épais romans de Alastair REYNOLDS, publiés au Presse de la Cité, sont aujourd’hui considérés comme l’une des pièces maîtresses du renouveau du space-op british, ce fameux « New Space Op » [dans les dîners, dites NSO, ça fait mec grave-au-courant], qui a débarrassé le space-op’ à papa de son décorum kitsch [méchants Empereurs galactiques, Princesses demi-nues, E.-T. aux Yeux pédonculés, Epidémie de Majuscules] et enrichi en contemporaines ténèbres. Les leader du NSO sont Iain M. BANKS, M.J. HARRISON, Paul J. MacAULEY, Charles STROSS et... Alastair REYNOLDS.
« Diamond Dogs » et « Turquoise Days » ne sont pas indispensables à la continuité du Cycle des Inhibiteurs ; ils l’enrichissent, le prolongent [les amateurs y trouveront des repères connus, des allusions à Résurgam et au clan SYLVESTE] et permettent à Alastair REYNOLDS un double exercice de style superbement maîtrisé, sans aucun des petits défauts que l’on a pu, parfois, lui reprocher sur des formats plus longs.
Des « chiens de diamants », voilà ce qui se profile au bout de l’expédition masochiste montée par Roland Childe sur la lointaine et totalement ignorée planète Golgotha. Car à la surface de cette boule de pierre désertique se tient une immense Flèche de métal. La décrire reviendrait à tenter une chimère du genre Tour Eiffel + Dame d’Echec. Mais ce serait un bien piètre compte-rendu de la réalité de cette construction extra-terrestre, tant ce qui compte et fascine se trouve à l’intérieur.
Pour affronter la chose, Childe réunit un ami d’enfance, une mercenaire tenace, un Ultra [un des ces navigateurs spatiaux cyberpunkisés jusqu’à la moelle], une sorte de Dr.Mengele spécialiste en bio-ingienierie et un génie des mathématiques - chacun aura son utilité plus tard, on serait tenté de dire "hélas !".... Mission Impossible : pénétrer dans la Flèche et la comprendre.
En dire davantage serait dommageable au plaisir de la lecture. Car la mécanique de l’exploration de la Flèche est redoutable, et les motivations des explorateurs moins évidentes qu’il ne semble de prime abord. REYNOLDS a construit un petit bijou de suspens et d’angoisse et son savoir-faire d’artisan littéraire est admirable. Sa Flèche aura sa place au musée des horreurs mécaniques de la sf aux côtés du Gritche de Dan SIMMONS.
Sur Turquoise, la construction du Mur se poursuit. Naqi et sa soeur Mina, comme la quasi totalité de la population de cette planète océan, ont centré leur vie sur l’observation scientifique des Mystifs, ces étonnantes cellules, d’origine inconnue, qui font de Turquoise un vaste système naturel d’archivage. C’est l’arrivée d’un vaisseau Ultra aux intentions imprécises qui va bouleverser la vie de la communauté et sa relation à l’océan intelligent qu’elle habite.
REYNOLDS sait faire exister, dès les premières pages, cette communauté de scientifique d’origine thaï et inuit, aux cités suspendues. Il sait rendre tous les contrastes de la co-existence trouble de ces hommes avec les incompréhensibles Mystifs qui peuplent les flots, un plancton communiquant, qui garde en lui toutes les informations qui passe à sa portée. En quelques détails, l’auteur construit un univers à la culture cohérente et fascinante. Naqi et Mina sont des personnages attachants, et leur destin, qui est aussi celui de Turquoise, est à la fois beau et dramatique.
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Une équipe de mercenaires à l’assaut d’un artefact E.-T. aux réactions saignantes et la confrontation d’une jeune femme avec un mystérieux océan de souvenirs pas toujours innocents... "Diamond Dogs, Turquoise Days" sont deux voyages somptueux que je vous défie de ne pas adorer. Ces deux novellae possèdent la beauté, le suspens, et le tragique des meilleurs textes de REYNOLDS. Si seulement Pocket SF pouvait se lancer dans la traduction des 4 autres nouvelles du Cycle des Inhibiteurs encore inédites en français... |
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