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Publié le 03/07/2010

Discount, par Bretin & Bonzon

ED. LE MASQUE, AVR. 2010

Par PAT

Misère quotidienne, aliénation marchande, horreur banale et vacuité culturelle... Discount ferait presque figure de roman post-apocalyptique, si la minable société qu’il décrit ne ressemblait pas autant à la nôtre. Sous couvert de polar saignant et déjanté, Bretin et Bonzon se font plaisir. Dézinguent dans les rayons. Bouffent de la conserve et du directeur. Le tout sous le haut patronage d’un mauvais film d’horreur. Réjouissant.


Déroulé selon le bon vieux truc du huis-clos qui dégénère doucement vers les larmes et la sang, Discount ne fait pas dans l’original. Mais l’original, c’est comme les fraises et les chipolatas. Un grand classique du barbecue. Sauf que si on les mange ensemble, ça fait bizarre. Et Bretin et Bonzon aiment le bizarre. Ça tombe bien.

Alors dans l’ordre, il y a Robert. Jeune homme qui vit chez sa mère et qui — par surdose télévisuelle — tombe raide dingue de Leïla, la finaliste malheureuse de la dernière télé-réalité où l’on chante. Et Robert devient Robby, Robert se transforme en dur, en griffé casquette et survêt’ de luxe, Robert part au supermarché du coin pour rencontrer enfin sa (future) femme qui vient justement faire une promo quelconque au milieu des asperges, chaperonnée par son manager en costard fatigué, guidée par le directeur qui se tape la jeune cadre, observée par un vigile qui ouvre la barrière, marchandise triste d’un monde mort, à l’image de tous ces aliments qui pourrissent lentement sous la lumière maladive des néons. Et tout ceci ne serait que pathétique sans Tatoo et son frère.
Tatoo, qui vient justement de sortir de prison et qui compte bien récupérer son amour presque perdu, la jeune cadre que se tape le directeur du supermarché et qui rêve d’autre chose. Tatoo et son frère qui braquent avec succès une banque, récupèrent le fric, mais se retrouvent coincés dans le supermarché avec les autres, alors que le GIGN prend rapidement place dans tout ce bordel pour éliminer les preneurs d’otages fanatiques. L’ennemi extérieur et l’ennemi intérieur. Robby, qui veut sauver Leïla et qui met en place ses techniques de ninja. Tatoo qui voudrait bien garder son pognon, voire en obtenir plus. Et les lâches au milieu. Les minables, vous, moi.
Tout ça ne peut décemment pas bien se terminer.


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Lire Discount après avoir vu Pour cent briques t’as plus rien (chef d’oeuvre méconnu du 7e art) provoque une vague sensation de déjà-vu. Certes, Bretin et Bonzon n’inventent rien. Ils récupèrent, recyclent, mais avec un vrai talent, un rythme millimétré, des dialogues à hurler et un sens de l’humour rigoureux. Et ça marche. Discount est drôle, Discount est triste. Discount donne envie d’incendier le Super U le plus proche en hurlant des insanités sous la lune. À inscrire au programme de l’éducation nationale.