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Publié le 10/04/2006

"Dragons, entre sciences et fictions" sous la direction de Jean-Marie PRIVAT

ED. DU CNRS, AVRIL 2006

Par Ubik

A l’occasion du bourgeonnement printanier d’ouvrages et d’une exposition sur le thème du dragon, les éditions du CNRS tente une expérience : s’ouvrir sur un sujet qui lorgne fortement vers l’imaginaire. Ce coup d’essai intitulé « Dragons. Entre sciences et fictions » mérite que l’on s’y arrête un instant.


D’entrée, ce qui frappe le lecteur qui feuillette l’ouvrage, c’est la qualité et le sérieux de la composition de celui-ci. Certes, les éditions du CNRS ne sont pas une maison à la réputation légère. Quand on publie des ouvrages pointus conçus par des experts en sciences humaines, sociales, physiques et mathématiques sans oublier les sciences de la Vie et de la Terre, on n’est pas du genre à négliger les crédits photographiques, les notes et les bibliographies détaillées.

Sur ces sujets, « Dragons entre sciences et fictions » est une mine capable de satisfaire à la fois le désir d’approfondissement du néophyte et le plaisir de vérification, voire l’esprit de controverse de l’érudit. Néanmoins après une prise de connaissance active, il ne faut pas se voiler la face. Même si la volonté de vulgarisation ressort nettement à la lecture de cet ouvrage, celui-ci s’adresse à un public très averti et n’est pas d’une lecture toujours aisée car le contenu est marqué par un vocabulaire parfois ardu et une coloration textuelle très universitaire.

En conséquence, les amateurs de visions très romantiques du dragon doivent s’abstenir. Ici, il s’agit d’examiner très rigoureusement la naissance et la pérennisation d’un mythe qui a résisté à sa réfutation scientifique. Ici, il s’agit d’analyser les manifestations de celui-ci dans plusieurs champs du savoir et de l’art humain avec pour seuls guides quelques spécialistes en sciences, religions, littérature, art et anthropologie. Ici, il s’agit de répondre à des questions aussi essentielles que "existe-t-il un dragon asiatique ?" Ou "les dragons aquatiques, maléfiques ou bénéfiques" ?

Découpé en cinq parties, « Dragons. Entre sciences et fictions » est un livre polyphonique qui se fixe comme objectif prioritaire l’étude de l’hybridité, en général, mais en particulier au travers de la figure du dragon. Les divers auteurs nous proposent ainsi une promenade au cœur d’une des plus célèbres et fascinantes - au regard du nombre de ses multiples occurrences - créations fictives de l’Homme. Il est aussi un exposé savant qui cherche à démontrer d’une manière très universitaire - avec introduction, démonstration argumentée, conclusions et références - que les diverses manifestations du dragon peuvent s’étudier très sérieusement à la lumière d’une grille de lecture adaptée.


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Un bémol tout de même.

Je suis resté sur ma faim en ce qui concerne l’approche littéraire du dragon. Nous avons droit à une forte intéressante étude [attention aux nombreux spoilers à l’intérieur] du « Serpent à collerette » par Francis BERTHELOT lui-même, à une analyse des filiations du tueur en série par le biais du roman de Thomas HARRIS / « Dragon rouge » et à un florilège argumenté de textes destinés aux enfants.

Mais, tout ceci me paraît un peu anecdotique quand on se remémore la somme considérable des ouvrages mettant en scène des dragons dans le domaine de l’imaginaire.

« Dragons. Entre sciences et fictions » est un ouvrage qui avec les qualités et malgré les inconvénients d’une approche démonstrative, montre que l’imaginaire n’est pas que vaine occupation adolescente.