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Publié le 01/11/2009

Dungeon Quest de Joe Daly

L’ASSOCIATION, COLL. « ESPÔLETTE », OCT. 2009

Par PAT

Premier volume d’une trilogie dont les prochains tomes ne devraient pas forcément tarder à paraître, Dungeon Quest fait partie des bandes dessinées capables de jeter un pont entre littérature et graphisme, d’où sa présence ici. Dessiné à l’ancienne par Joe Daly avec un trait noir évoquant aussi bien Burns que Trondheim, Dungeon Quest intrigue, étonne... et convainc.


Décalée d’entrée de jeu, axée sur un réel aussi fantastique que banal, l’intrigue de Dungeon Quest se résume en un mot, l’aventure. Mais l’aventure rôliste, plantée dans un désespérant décor de banlieue, avec des personnages un peu crétins, souvent malins, toujours touchants. Mélange, donc, accumulation et glissement vers le n’importe quoi, le tout parfaitement maîtrisé, tant d’un point de vue narratif que graphique.

On suit le grand départ de Millenium Boy (sorte d’humain à grosse tête) qui décide de quitter sa vie de merde et de se confronter au monde. Il embarque son ami Steve — vautré devant la télé — dans sa quête, massacre quelques nuisibles (voyous, hommes-taupes, squelettes) et forme un véritable groupe d’aventuriers en récupérant au passage le costaud du lycée (décérébré, mais poète) et une chouette fille-qui-dit-rien.
Pris comme ça, on retrouve évidemment les clichés du jeu de rôle, mais Daly y associe des dialogues à la fois pertinents et légers, le tout dans un décor qui n’a décidément rien de médiéval fantastique. On est dans la quête, certes, mais on ne sait pas bien laquelle. On est dans le sérieux, d’accord, mais le ton pince-sans-rire de l’ensemble nous rappelle que tout ceci reste avant tout une vaste déconnade. Dans cette déviance permanente, Daly distille une certaine forme de poésie tour à tour lucide et jolie, d’autant que les fiches-perso (récapitulant équipement et caractéristiques des héros) émaillent le récit comme autant de preuves de leur évolution.

Bref, du bizarre, mais du bizarre beau. Du bizarre drôle. Du bizarre presque tragique. Si ce tome 1 se contente de mettre le décor en place, on peut espérer des tomes 2 et 3 parfaitement jubilatoires. De quoi nous rassurer quant à la bonne santé de la bande-dessinée, décidément inventive et souvent incorrecte.


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Avec un dessin faussement minimaliste qui rappelle les belles heures de l’underground anglo-saxon, le sud-africain Joe Daly embarque ses lecteurs dans un jeu de rôle aussi sérieux que grotesque, aussi bien fichu qu’épatant. Plutôt lent, contemplatif et critique, Dungeon Quest cache une certaine forme de tristesse derrière la farce. De quoi attendre les tomes suivants de pied ferme.