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Publié le 08/11/2008

Elyseum de Leland E. Modesitt

[The Elysium commission, 2007]

ED. ROBERT LAFFONT/ AILLEURS & DEMAIN, SEPT.2008

Par Soleil vert

Essentiellement connu en France pour la saga fantasy Le Monde de Recluce, l’écrivain américain Leland Exton MODESITT a publié également des ouvrages de science-fiction, dont Elyseum un de ses plus récents opus traduit aujourd’hui par Laffont.
C’est donc une découverte et l’occasion de vérifier si dans ce nouveau registre le lecteur retrouve les qualités romanesques constatées précédemment.
Autant le dire, avec ce Space Opéra autant NSO que Revival, Ailleurs et Demain a réalisé une bonne pioche.


Dans un futur indéterminé, l’humanité a quitté la Terre et peuplé des mondes réunis en une sorte de confédération dénommée l’Assemblée.
Sur l’un d’entre eux, Blaine Donne exerce la profession de détective. Cet ancien membre des Opérations Spéciales, sorte de corps militaire d’élite, joue également les justiciers nocturnes dans la cité de Thurène.
Il est contacté par une cliente mystérieuse Elisabetta Reynarda qui lui demande de s’intéresser aux activités de Eloi Entreprise, une corpentité spécialisée dans le divertissement dont la collaboration récente avec un physicien en rupture de ban, l’inquiète au plus haut point.

Ainsi démarre Elyseum, dont l’intrigue est d’ailleurs un peu « spoilée » par le quatrième de couverture. A quoi bon en effet évoquer un « mystérieux projet » et en révéler le contenu dans le paragraphe précédent ?
Ceci ne gâche en rien le plaisir éprouvé à la lecture de ce roman. Elyseum est un space opéra, vocable d’ailleurs qui s’apparente à un fourre tout. Pour simplifier, disons qu’on trouve dans ce genre des récits gravitant classiquement autour de Big Dump Object, de la hard science, plus récemment du cyberpunk et des inclassables commeCordwainer SMITH.
Le space opera de MODESITT intègre à la fois les nouvelles technologies de l’information, une trame narrative policière à l’image des romans SF des années 40-50, des poncifs attendus [l’Ordre contre le Chaos, une petite bagarre spatiale rondement menée] et des clichés surprenants, romantiques, façon Un américain à Paris.

Le lecteur est charmé dès les premiers chapitres. Trouvaille, que ce jardin de la propriété de Leggar Eloi ou des nymphes androïdes loin de se contenter de recracher inlassablement de l’eau comme dans les bassins de Versailles, entraînent le visiteur imprudent dans une grotte pour s’y livrer à des joutes érotiques. Trouvaille, que cette soirée à l’opéra ou des musiciens interprètent des partitions sur des livrets inspirés d’Hypérion ou de l’œuvre deGene WOLFE.

De fait les allusions romanesques ne manquent pas dans Elyseum. Ainsi pour les besoins de son enquête Blaine Donne interroge inlassablement les banques de données du monde de Devanta. Il s’entretient parfois directement avec ses énigmatiques et extravagants clients dans leurs riches propriétés. MODESITT nous plonge alors dans un remake de Minuit dans le jardin du Bien et du Mal .
Cette richesse textuelle vire parfois à la préciosité : aphorismes et apophtegmes débutent chacun des chapitres. Gageons que ceci n’a pas du échapper à l’œil de Gérard KLEIN, grand amateur en la matière.


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Quelle surprise ce space opéra ! Certes MODESITT ne renouvelle pas le genre comme SIMMONS ou ne le porte pas à l’incandescence à l’égal d’un BANKS. Mais il se livre à un brillant exercice de style qui se lit d’une traite, ou l’on retrouve à la fois les brises du cyberpunk et les virées d’autrefois, vous vous souvenez, quand on allait rendre visite à son voisin, en jet atomique.