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Publié le 01/07/2006

"En route pour la gloire" de Robert HEINLEIN

[« Glory Road », 1963]

REED. FOLIO SF, MAI 2006

Par Naroungas

Le héros et narrateur du roman, Evelyn-cyril « Flash » Gordon - dit Essaie en référence à ses initiales - nous offre une version subjective de l’héroïsme. Une vision qui s’apparente davantage à nos comportements quotidien que celle de la plupart des héros ; après tout, il est terrien, il vient de se taper la guerre du Vietnam, il doit magouiller pour s’en sortir et se retrouve très vite fauché. Ah, une autre chose, importante : il rêve d’aventure.


Robert HEINLEIN fait partie des grands auteurs américains, génération Âge d’or, aux côtés d’ASIMOV et de BRADBURY. Primé à plusieurs reprises au prestigieux prix Hugo, cet auteur reconnu remarquable [« Etoiles, garde à vous ! » pour ne citer que celui là] nous livre ici une bizarrerie : « En route pour la gloire ».

Une grande Aventure.

« Ce n’était pas vraiment le moment ressusciter Flash [..] »

Après avoir trouvé une combine pour se la couler douce sur les plages niçoises, l’élément perturbateur se pointe : une femme, qui l’embarque grâce à ces charmes sur une nouvelle planète. Pour quoi faire ? Pour trouver un œuf, détenu par Celui-qui-dévore-les-âmes. Il devra pour réussir se marier et... combattre des dragons.

Jouissif et Hilarant mais qu’est ce que c’est ?

« Je disais que je refusais de commettre des crimes sexuels pendant le Carême ! »

Sans trop épiloguer sur la définition du genre [Fantasy ? SF ? Les deux ?], Robert HEINLEIN rend l’histoire jouissive et hilarante en détournant les codes habituels avec un sens de la dérision irrésistible. Toutefois, il ne s’agit pas d’une parodie, ni même d’un pastiche : la démarche ne bascule pas dans le burlesque, elle s’arrête juste avant.

HEINLEIN évite les habituels passages obligatoires [Allez casser du dragon, rapporter l’anneau magique], il se moque de ces obligations, en y attachant un sérieux à démolir les zygomatiques tellement on les use. C’est du travail d’équilibriste : le récit ne sombre jamais dans le grand n’importe quoi et demeure drôle en gardant sa cohésion. Mettons cela sur le compte d’une volonté de décoincer le roman d’aventure.

HEINLEIN déverse dès lors quelques piques et anachronismes [qui n’en sont pas], clairement le lecteur se marre et observe les traits d’esprit qui pullulent dans le roman. « En route pour la gloire » surprend et peut se permettre ce décoinçage, HEINLEIN a su correctement reprendre le genre à sa façon, marier la science-fiction à la fantaisie et virer la chasteté, en humanisant le tout.

Lire entre les lignes.

« Même les édits de l’Empire sont le plus souvent exprimés sous la forme de négation : Tu Ne Feras Pas Sauter La Planète Des Gens D’A Côté (Fais sauter la tienne si ça te chante). »

Ce qu’il y’a de marrant chez HEINLEIN c’est autant cette façon d’éviter de se prendre trop au sérieux que sa capacité à remettre de temps à autre les choses à leur place.

Au détour d’une phrase, d’un dénouement, il glisse sans en avoir l’air, une critique, un coup de gueule. Il se dégage de tout cela un récit épicé, qui n’est pas là pour faire passer un message, mais se permet de saupoudrer quelques pertinentes observations. Le roman véhicule une langue libre et une tendance certaine au sarcasme.


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Prendre la « route pour la gloire » n’est pas vraiment indispensable, mais c’est quand même mieux que de se taper de la BCF. [NDCC : Big Commercial Fantasy]

Enfin c’est mon avis, en plus c’est drôle et intelligent.

Et puis, au moins là, il y’a de la science-fiction dedans.